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Avantages du tourisme communautaire

G Adventures redéfinit le secteur du voyage et du tourisme et change le lien entre le client et sa destination

Balado Shift

« On se demande constamment, dans toute l’industrie et pas seulement chez G Adventures, à quel point on veut que les voyages rapportent à la population locale. Et à quel point on veut transformer le secteur du voyage. Pour y arriver, il faut apporter de gros changements à nos façons de faire. »

Bruce Poon Tip, fondateur, G Adventures

(En anglais seulement)

Avantages du tourisme communautaire

Entretien avec le fondateur de G Adventures, Bruce Poon Tip, sur le tourisme communautaire et ce que signifie être un touriste responsable.

Jon Finkelstein : Bonjour et bienvenue sur Shift, la série de balados de PwC Canada dans laquelle nous décortiquons des enjeux et des tendances numériques clés qui peuvent vous aider à réaliser la transformation de votre entreprise. Je m’appelle Jon Finkelstein, je suis votre hôte et également le directeur de la création chez PwC Canada.

Nous vous proposons aujourd’hui un sujet formidable, qui arrive à point nommé. Nous discutons avec Bruce Poon Tip, fondateur G Adventures. Bonjour Bruce. Bienvenue à Shift.

Bruce Poon Tip : Merci de m’accueillir.

Jon Finkelstein : Je suis convaincu que nos auditeurs connaissent G Adventures, mais pour les besoins de la cause, et en tant qu’entrepreneur remarquable à la tête d’une réussite canadienne, pourrais-tu nous résumer ton parcours et ce que tu fais?

Bruce Poon Tip : Bien sûr. J’ai fondé G Adventures en 1990. Nous sommes la plus grande entreprise de voyages d’aventure en petits groupes. Je suppose que c’est ainsi qu’on te parlerait de nous aujourd’hui. Mais nous avons évolué en 31 ans.

Bruce Poon Tip : Notre travail repose sur deux éléments : être responsables lorsque nous voyageons et créer une distribution de la richesse. En somme, il s’agit de proposer des voyages qui ont une force positive. 

Jon Finkelstein : Dis-moi, selon ton expérience et ce que tu constates au sujet des voyages et de ce que les gens voient, quels sont les changements? À quoi pensent les gens? Qu’est-ce qui préoccupe les voyageurs en ce moment?

Bruce Poon Tip : Ils sont davantage motivés par des objectifs et plus préoccupés par les destinations. Avant la COVID-19, les gens ne se préoccupaient pas des destinations. La destination ne comptait pas, car ils achetaient des commodités. Il y avait une pression énorme sur la capacité. Les gens voulaient de plus grands centres de villégiature, de plus grands bateaux de croisière. Ils réduisaient l’expérience à l’état des commodités. C’est ce qui nous guettait.

Bruce Poon Tip : Aujourd’hui, il faut que ce soit important pour eux. Les gens vont être beaucoup plus motivés par des objectifs. S’ils veulent aller dans un pays, ils savent pourquoi ils choisissent ce pays plutôt qu’un autre. Je ne crois pas qu’on voyait cela avant la COVID-19.

Jon Finkelstein : Les gens ont-ils plus ou moins d’appétit pour le risque en matière de choix de destinations et d’expériences dans le cadre de leurs voyages? Y a-t-il des changements à cet égard depuis la COVID-19?

Bruce Poon Tip : Il n’y a pas qu’une seule façon de composer avec la COVID-19. Certaines personnes sont des acheteurs précoces. Ce sont elles que l’on voit faire la file devant un magasin pendant une semaine pour avoir le nouvel iPhone. Or, les acheteurs précoces se sont empressés de voyager plus tôt pour saisir l’occasion de visiter certaines destinations les plus emblématiques du monde pendant que les autres touristes étaient absents.

Bruce Poon Tip : D’un autre côté, nous connaissons tous des gens qui étaient à la limite de la germophobie avant la COVID-19. D’un point de vue de santé mentale, la pandémie a vraiment affecté beaucoup de gens. Je pense que nous aurons affaire à divers types de personnes. Chacune aura sa propre expérience et ses propres limites. Notre objectif, c’est de faire voyager les gens dès maintenant, mais je sais que plusieurs personnes se disent : « je ne voyagerai pas avant cinq ans ».

Jon Finkelstein : Je suis un voyageur qui recherche la sécurité la plupart du temps. Je n’ai pas trop exploré de régions sauvages ni visité de pays jugés plus dangereux que d’autres. Mais maintenant, je pourrais peut-être. Est-ce que tu as observé ce genre de constat?

Bruce Poon Tip : Nous constatons une énorme croissance de l’activité et du plein air. Je ne sais pas si c’est parce que les gens ont été confinés pendant si longtemps qu’ils veulent maintenant être actifs et en plein air. Nous offrons de nombreux voyages différents et certains sont plus actifs que d’autres, mais nous constatons que les gens effectuent des recherches. Nos données sur les recherches nous indiquent que les gens cherchent des voyages actifs et des voyages de plein air. De plus, nous avons remarqué dans les données que les gens recherchent des expériences très précises.

Jon Finkelstein : Que dirais-tu aux gens qui commencent à penser à voyager de nouveau et à évaluer sérieusement leurs options? 

Bruce Poon Tip : Je crois que le plus grand changement qui doit se produire, et il est en cours, c’est que les gens doivent comprendre que c’est un privilège de voyager. Il y a tellement peu de gens sur la planète qui ont la possibilité de voyager, de faire des voyages internationaux.

Bruce Poon Tip : Voyager est un privilège, et il ne vient avec aucun droit. Nous devons faire comprendre cela aux consommateurs et aux voyageurs. Et je crois que de plus en plus de gens pensent de cette façon.

Jon Finkelstein : Tu as évoqué brièvement la formation et le recyclage professionnel. J’aimerais parler un peu de ton équipe, de tes employés et de la culture de responsabilité, de durabilité et de communauté. Comment est-il possible de faire bouger une entreprise et de l’aligner sur le type de vision que tu as?

Bruce Poon Tip : L’élément le plus important, c’est le processus de recrutement. Pour obtenir un emploi chez nous, vous devez passer le test de l’affinité culturelle, qui est assuré par un échantillon représentatif d’employés qui vont faire le choix de vous intégrer ou non dans l’entreprise. Le recrutement est donc le premier élément. Mais il faut embaucher les meilleurs employés, et ensuite les maintenir en poste. La rétention est primordiale. On parle donc de la façon dont vous gérez votre entreprise. Une gestion qui repose sur la transparence et l’inclusion.

Bruce Poon Tip : Il s’agit aussi d’être à l’avant-garde de ce qui est juste. De nombreuses personnes changent aujourd’hui, que ce soit en raison du mouvement #MoiAussi ou du mouvement LGBTQ, mais en réalité, les entreprises devraient simplement faire ce qui est juste. Lorsque vous faites cela, vous obtenez l’adhésion de tous. Ainsi, la façon dont vous recrutez les gens devient vraiment importante, mais aussi la façon dont vous les retenez dans l’entreprise en créant quelque chose de spécial à partir des raisons pour lesquelles ils ont choisi de venir travailler dans votre entreprise. Ça, c’est réellement l’un des éléments les plus importants de la gestion d’une entreprise, en particulier dans les entreprises axées sur les gens.
Bruce Poon Tip : Nous adhérons à cette philosophie, tirée du film Field of Dreams : « si vous le construisez, ils viendront ».

Jon Finkelstein : Exact.

Bruce Poon Tip : Nous n’avons pas les mêmes problèmes parce que les gens aiment travailler pour G Adventures, mais attirer et retenir les meilleures personnes fait partie de notre philosophie, de notre culture et de notre stratégie d’affaires.

Jon Finkelstein : Le maintien de tout cela doit demander beaucoup d’attention, pour ne pas perdre ce qui vous définit fondamentalement alors que le monde change et connaît des hauts et des bas à ces égards. Sentez-vous beaucoup de pression?
Bruce Poon Tip : Nous avons fait preuve de beaucoup de courage au fil des ans en investissant vraiment dans nos employés, dans les programmes qui leur sont destinés. Et nous faisons des choses formidables pour nos employés, que personne d’autre ne fait.

Jon Finkelstein : Pouvez-vous nous donner un exemple ou deux?

Bruce Poon Tip : Bien sûr. Nous organisons par exemple des camps de leadership partout sur la planète.

Bruce Poon Tip : Et tout le monde dans l’entreprise peut faire une demande pour y participer. Or, nous n’aurions jamais connu certains de nos leaders dans le monde s’ils n’avaient pas participé à nos camps de leaderships. Nous les avons ciblés quand nous avons vu les diplômés de nos camps de leadership. Nous en faisons deux ou trois par année. Nous en organisons également pour les femmes, qui sont conçus spécialement pour elles et pour lesquels elles peuvent simplement soumettre une demande. C’est une dépense énorme parce que nous envoyons les gens partout en avion. Il y a des mentors et du contenu, et ça dure une semaine. Ils se tiennent partout à travers le globe. Ce n’est pas quelque chose que tout le monde fait, apprendre aux gens à devenir de bons leaders.

Bruce Poon Tip : Et le contenu n’est pas pertinent seulement pour G Adventures. Les gens y vont en pensant qu’ils vont participer à un camp de leadership, et la première chose qu’ils nous disent en revenant, c’est qu’il n’a jamais été question de G Adventures pendant le camp. En fait, G Adventures forme des gens à devenir de grands leaders. Nous nous assurons aussi que les gens de notre entreprise font des voyages. Ainsi, chaque employé a droit à un voyage gratuit par année, ainsi qu’à une indemnité pour le transport aérien. Et si vous faites un voyage, vous obtenez une semaine additionnelle de vacances. Ce sont des choses comme ça que nous offrons.

Jon Finkelstein : Une minute, je voudrais répéter au cas où quelqu’un n’aurait pas bien compris. Si vous faites un voyage, vous obtenez une semaine additionnelle de vacances.

Bruce Poon Tip : Oui, parce que nous voulons encourager les gens à faire des voyages. Donc si vous ne voyagez pas, vous avez vos semaines de vacances habituelles. Mais si vous faites l’un de nos voyages, vous nous rendez service, parce que vous apprenez à connaître l’un de nos produits et que nos employés sont les meilleurs ambassadeurs de notre marque. 

Bruce Poon Tip : Je pourrais vous donner tellement d’exemples de choses que nous faisons sur une base régulière. Vendredi, par exemple, nous tenions à Toronto un événement que nous appelons Noël dans la communauté. Nous l’organisons depuis 15 ans et j’étais présent pour emballer des cadeaux pour les enfants. Nous avons découvert que la Ville de Toronto organisait une fête de Noël pour les enfants de 0 à 5 ans qui vivent dans des familles sous le seuil de la pauvreté. C’était seulement pour les enfants de 0 à 5 ans. 

Bruce Poon Tip : Avec la COVID-19, la formule a un peu changé, mais je considère cet événement comme un bonus et nos employés adorent ça. C’est tellement agréable de se préparer pour les enfants le vendredi. J’étais chargé de découper la dinde. Il y avait environ 40 dindes sur la table, et j’ai découpé de la dinde toute la soirée, mais tout le monde a contribué. Le jour J, chaque service de l’entreprise doit gérer une station quand les enfants arrivent. Tous ces enfants sont identifiés par la Ville comme vivant sous le seuil de la pauvreté.

Jon Finkelstein : Incroyable. Félicitations pour cet événement. C’est fantastique!

Jon Finkelstein : Donc, Bruce, pour que tout le monde comprenne bien, j’adore cette notion de tourisme communautaire, c’est un terme vraiment génial, mais pourrais-tu nous le décrire? Peux-tu nous donner ta définition du tourisme communautaire et nous expliquer comment ça fonctionne?

Bruce Poon Tip : Il y a deux voies pour le tourisme communautaire. La première, c’est que tout le monde en profite lorsque vous décidez de voyager. Il ne s’agit pas d’une expérience à sens unique. Il ne s’agit pas de prendre, mais plutôt de donner. Donc, tout le monde devrait en bénéficier. Quand vous faites l’un de nos voyages, de nombreuses personnes contribuent à faire en sorte que votre expérience soit extraordinaire, alors tous ces gens doivent en profiter et créer une communauté. Quant à l’autre voie, elle consiste à emmener des gens dans des régions qui ne bénéficient normalement pas du tourisme. 

Bruce Poon Tip : Nous avons tout un éventail de voyages axés sur la vie locale. Par exemple, vous pouvez séjourner sur un ranch en Islande, une ferme en Italie, un vignoble au Chili, ou au sein d’une tribu mongole, d’une tribu nomade ou d’une tribu de la forêt amazonienne, et tout simplement vivre avec la population locale. Il ne s’agit pas de vous divertir. Parfois, les voyages peuvent n’être qu’une immersion et un partage culturel, par lesquels les gens bénéficient autant à apprendre sur votre vie que vous à apprendre de la leur. Et c’est la création d’une telle communauté qui rend le voyage si particulier. Cela nous permet de nous transformer. Et pas seulement nous-mêmes. En voyageant, vous allez transformer des gens sur le terrain. Vous allez transformer des communautés. Pour les 40 pays les plus pauvres dans le monde, le tourisme arrive en première ou en deuxième place en matière de génération de revenus.

Jon Finkelstein : Il y a divers facteurs et différentes personnes impliqués dans les voyages. Et l’une des choses que j’ai trouvées alarmantes en préparant l’entrevue pour ce balado, c’est la notion de fuite. Je la connais dans le contexte du commerce de détail, alors qu’on parle de vol, mais la fuite dans un contexte de voyage est une chose très différente. Peux-tu prendre un instant pour nous expliquer de quoi il s’agit et comment ce que vous proposez, votre vision du tourisme communautaire, change la donne?

Bruce Poon Tip : En fait, il s’agit de l’argent que vous dépensez pendant vos vacances et qui reste dans le pays que vous visitez. Car il y en a énormément qui sort du pays. Certains des plus grands voyagistes au monde sont des entreprises cotées en bourse, ce qui engendre un certain processus décisionnel, mais cet argent ne reste pas dans le pays. Quand vous partez en vacances, une portion minime de l’argent que vous dépensez reste dans le pays pour que la population locale en profite. Et tout le monde sait cela. En tant qu’industrie, nous nous demandons donc constamment, et pas seulement chez G Adventures, à quel point nous voulons que les voyages profitent aux populations locales. À quel point voulons-nous que le voyage soit une véritable industrie transformationnelle. Parce que pour y arriver, nous devrons apporter des changements importants à nos façons de faire. Tout le monde veut faire quelque chose, et cela peut se traduire par des dons ou la mise en place de petites fondations, mais nous devons vraiment examiner où nous dépensons.

Jon Finkelstein : Penses-tu que les gens se disent qu’ils ne peuvent rien faire?

Bruce Poon Tip : Oui. Et c’est le problème, parce que les gens sont fatigués. Surtout avec les définitions que je t’ai données tout à l’heure. L’écotourisme, le tourisme responsable, le tourisme durable, le tourisme éthique, le tourisme vert, peu importe le terme, tout cela porte à confusion. Les gens ne peuvent faire plus parce qu’ils veulent simplement aller en vacances, et nous devons leur faciliter la tâche. Nous devons faciliter leur choix et simplifier la définition. Et c’est complexe parce que tous les acteurs de l’industrie se battent pour le faire à leur façon. Ils l’intègrent à leur marque, alors ils crient sur les toits ce qu’ils font, mais c’est pour servir leur marque. Ce n’est pas pour servir des intérêts supérieurs.

Jon Finkelstein : Dis-moi, quand tu penses à tes voyages et que tu les planifies, alors qu’il y a tellement de gens et d’opérateurs différents en cause, comment t’assures-tu que les gens avec lesquels vous faites des affaires respectent vos valeurs et font ce que vous voulez? 

Bruce Poon Tip : En fait, on ne peut pas tout faire. C’est pourquoi nous avons créé le Ripple Score, une évaluation de l’effet d’entraînement, ce qui est vraiment unique. Ça nous a pris cinq ans de travail acharné, et les gens me traitaient de fou d’essayer de créer ça. Le Ripple Score contribue à changer les comportements de nos acheteurs parce que nous donnons une note à chaque voyage. Et nous sommes la seule entreprise dans le monde qui fait cela, c’est-à-dire que pour chaque voyage, nous évaluons le pourcentage de l’argent que vous dépenserez qui restera dans l’économie locale. 

Ainsi, pour chaque voyage, on parle de 90 %, 80 %, 100 %, 60 %. Nous sommes donc motivés à travailler avec des opérateurs et des fournisseurs locaux qui embauchent des gens à l’intérieur d’un certain rayon de leur entreprise et dont la direction n’est pas établie à l’extérieur.

Jon Finkelstein : Est-ce qu’une chose comme le Ripple Score pourrait devenir plus courante et abondante?

Bruce Poon Tip : De nombreuses grandes entreprises grand public nous ont contactés au sujet du Ripple Score et de son fonctionnement. Et nous partageons ouvertement cette information, car tout a été fait par un groupe de consultants de l’externe, puisque nous ne pouvions pas créer de norme à cet égard. Il fallait que ce soit vérifiable à l’externe. Notre objectif est de le rendre accessible. Parce que, comme le dit notre devise, si vous ne pouvez pas voyager avec nous, voyagez comme nous. Voilà pourquoi c’est accessible à tous.

Jon Finkelstein : J’imagine donc que pour une entreprise ou une destination qui aimerait faire partie de la famille G Adventures, mais dont le Ripple Score ne serait pas exactement ce qu’il devrait être, cela devient une motivation à apporter des changements? Certains de vos partenaires se disent-ils : « Que pourrions-nous faire de mieux afin de travailler davantage avec eux et devenir un partenaire plus engagé? »

Bruce Poon Tip : En fait, cela se traduit surtout par les comportements sur le terrain. Tout le monde sait ce qu’il faut pour travailler avec G Adventures, et que si vous voulez le faire, c’est un élément très important parce que tout relève de nos achats. G Adventures est une entreprise immense et je ne peux pas contrôler tous les comportements, mais le Ripple Score a vraiment généré des comportements au sein de l’entreprise. Et de la bonne façon. Il s’agit d’acheter d’une façon qui profite aux populations locales et qui respecte notre marque. C’est la promesse de notre marque. C’est ce que nous promettons à nos clients.

Jon Finkelstein : Quels conseils as-tu déjà donnés ou donnerais-tu aux PDG qui doivent prendre des décisions difficiles et qui savent, dans leur for intérieur, que les choses difficiles en valent la peine? Comment commence-t-on à redéfinir une activité, une industrie, une entreprise? Quelle est la première chose à laquelle il faut réfléchir?

 Bruce Poon Tip : Je ne crois pas que beaucoup d’entreprises cherchent à se lancer dans un exercice de redéfinition. Il s’agit de bien faire les choses et de son mieux en toutes circonstances, parce qu’il y a des moments où on ne peut tout simplement prendre ces décisions. Ce qui importe, c’est de pouvoir se présenter devant ses collaborateurs et de pouvoir affirmer : « On a fait de notre mieux ».

Bruce Poon Tip : Quand la COVID-19 a frappé et que la situation s’est aggravée si rapidement, nous avons dû faire beaucoup de mises à pied et de cessations d’emploi parce que nous n’avions pas besoin de tous ces gens. Plus d’un millier de personnes ont été touchées. Et pour la première fois, de nombreuses personnes ont critiqué l’entreprise, m’ont critiqué pour les décisions que nous prenions.

Bruce Poon Tip : Et nous avons fait de notre mieux. Et nous avons commis des erreurs. Nous avons fait une tonne d’erreurs parce que personne ne savait que le monde pouvait s’arrêter.

Jon Finkelstein : En effet.

Bruce Poon Tip : Je peux affirmer sans me tromper que chaque fois que nous avons pris une décision, nous l’avons fait en fonction de l’information dont nous disposions à ce moment, et nous avons fait de notre mieux pour prendre les meilleures décisions possibles pour nos employés et pour l’entreprise.

Jon Finkelstein : Vous avez également remis vos clés de PDG? De quoi s’agit-il? Qu’est-ce que ça signifie?

Bruce Poon Tip : Je devais transmettre un message au sujet des personnes les plus importantes au sein de notre industrie et changer la façon dont celle-ci voit nos employés. Le titre le plus important dans une entreprise, c’est celui de PDG, ou de CEO en anglais. Or, selon moi, les personnes les plus importantes dans notre industrie, ce sont celles qui traitent avec les clients. Ce n’est pas moi. Je rencontre rarement les clients. Je ne suis pas important.

Bruce Poon Tip : Je veux changer la façon de penser dans toute l’entreprise, à savoir que les personnes les plus importantes sont celles qui s’occupent des gens. C’est pourquoi nous avons changé la définition de CEO pour Chief Experience Officer, ou responsable de l’expérience. Et les personnes les mieux placées pour occuper la fonction étaient nos accompagnateurs. Ces gens organisent les voyages et ont accès à tous nos clients chaque jour. Ils sont aux premières loges. Ils nous représentent. Ils sont le visage de l’entreprise. Je voulais donc leur donner le titre le plus important de l’entreprise.

Bruce Poon Tip : Et cela nous a permis de nous différencier de façon incroyable. Ce titre de CEO a connu une popularité inespérée. Tous nos accompagnateurs et, à l’origine, toutes les personnes qui répondaient au téléphone pour traiter avec nos clients étaient des Chief Experience Officers, des responsables de l’expérience. Ils avaient le titre de CEO parce que je devais changer la façon dont nous percevions nos clients ainsi que la façon dont nous percevions, à l’interne, les personnes les plus importantes de notre entreprise.

Bruce Poon Tip : Aujourd’hui, tout le monde utilise fièrement le titre de CEO à travers le monde. Et nous sommes un employeur de choix, le meilleur de notre catégorie. Et tout le monde veut être un CEO, personne ne veut être un accompagnateur. Chaque fois que nous allons dans un pays et que nous commençons à embaucher des gens pour nos postes de CEO, ce sont les meilleurs qui se présentent parce qu’ils veulent ce titre. Nous avons créé une véritable marque avec les Chief Experience Officers (CEO).

Jon Finkelstein : C’est vraiment incroyable.

Jon Finkelstein : Maintenant, c’est le temps de la ronde éclair dans laquelle nous avons la chance de poser à nos invités quelques questions qui n’ont aucun lien avec le sujet du jour, voire avec quoi que ce soit. Par exemple, Bruce, quelle est la pire chose que tu aies jamais mangée?

Bruce Poon Tip : Un thé au beurre de yak au Tibet.

Bruce Poon Tip : Le thé ne devrait pas être salé ou moelleux. C’est ce que je dis aux gens. Le thé au beurre de yak ou le yogourt de chameau en Mongolie. Ce sont les deux pires choses. Et tout le monde vous les sert quand vous entrez chez eux, alors il est impoli de ne pas les manger. C’est affreux.

Jon Finkelstein : Ouf, OK.

Jon Finkelstein : Quel est le moyen de transport le plus effrayant que tu as jamais utilisé?

Bruce Poon Tip : Probablement le métro de New York.

Jon Finkelstein : Le métro de New York, d’accord.

Bruce Poon Tip : Mm-hmm (affirmatif)

Jon Finkelstein : Je suis curieux, quel est ton plat réconfortant?

Bruce Poon Tip : Je suis originaire de Trinidad, dans les Caraïbes, donc ma nourriture réconfortante est constituée de plats caribéens. Le rôti caribéen.

Jon Finkelstein : J’adore le rôti!

Bruce Poon Tip : Le poisson volant. En fait, toute la nourriture caribéenne est réconfortante pour moi.

Jon Finkelstein : Très bien. Et serais-tu prêt à nous dire quelle a été la plus grande leçon de vie pour toi jusqu’à présent?

Bruce Poon Tip : Ma plus grande leçon de vie a été de faire face à la pandémie au cours des deux dernières années. On m’a appris, lorsque j’étais enfant, que les affaires étaient dénuées d’émotion. Que les décisions sont neutres. Et je me suis battu contre cette idée. Si vous lisez mon livre, vous verrez que je me suis battu contre l’idée que les affaires ne peuvent pas avoir de compassion. Dans l’introduction de mon livre, Looptail, je raconte comment un voyage au Tibet m’a changé quand je suis revenu chez moi et à mes affaires. Parce que les écoles de commerce nous enseignent que les affaires n’ont pas d’émotion.

Jon Finkelstein : En effet.

Bruce Poon Tip : Mais me voici dans cette pandémie. Et j’ai dû prendre une foule de décisions qui n’ont rien à voir avec les émotions. Je ne sais pas quelle leçon je dois en tirer, mais pour la première fois, quand il a fallu décider qui nous allions garder ou non, j’ai dû examiner les postes et la préservation de la culture de l’entreprise pour sauver celle-ci, plutôt que les personnes. C’est la pire situation que nous ayons jamais connue.

Jon Finkelstein : Peut-être juste pour moi-même, j’aimerais te demander en terminant s’il y a un endroit où tu n’es jamais allé et que tu aimerais visiter? Parce que j’imagine que tu es allé à peu près partout.

Bruce Poon Tip : La Russie.

Jon Finkelstein : Ah oui?

Bruce Poon Tip : Je n’ai pas visité la Russie ni emprunté le Transmongolie, ce train qui parcourt la Sibérie et le nord de la Russie entre Pékin et Moscou.

Jon Finkelstein : Fantastique.

Bruce Poon Tip : J’aimerais aussi prendre le train transsibérien, mais cela prend beaucoup de temps. C’est un long voyage. Je pense que je le ferai quand je serai plus vieux et que j’aurai du temps.

Jon Finkelstein : Excellent. Voilà qui conclut un autre épisode de Shift. Le temps passe rapidement quand on parle de choses aussi intéressantes que le voyage, le tourisme et ce que signifie être responsable. Bruce, merci beaucoup d’avoir participé à Shift, de nous avoir fait part de ton parcours et de nous avoir donné plusieurs idées géniales auxquelles réfléchir quand la pandémie sera terminée.

Bruce Poon Tip : Tout le plaisir était pour moi. Tu m’as posé d’excellentes questions. Merci de m’avoir invité.

Jon Finkelstein : Merci d’avoir écouté cet épisode de Shift. Vous pouvez obtenir plus de détails sur pwc.com/ca/shift. Si vous avez apprécié cet épisode et souhaitez en écouter d’autres, abonnez-vous à notre série de balados. Vous pouvez nous trouver sur iTunes, Google Play, ou sur votre plateforme de balados préférée. À titre informatif, ce balado a été préparé par PricewaterhouseCoopers LLP/s.r.l./s.e.n.c.r.l., une société à responsabilité limitée constituée en Ontario, exclusivement à des fins d’information générale et ne constitue nullement un conseil professionnel. À la prochaine.

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Jon Finkelstein

Directeur créatif exécutif, Services numériques de PwC, PwC Canada

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