29 ͤ Enquête mondiale auprès des PDG – Perspective canadienne
Les PDG canadiens sont moins confiants que l’année dernière envers l’économie canadienne, mais ils restent relativement confiants dans les perspectives de leur propre entreprise.
La plupart des PDG canadiens sont préoccupés par la politique commerciale et les tarifs américains, un tiers d’entre eux estimant que ces derniers réduiront la marge bénéficiaire de leur entreprise au cours de l’année à venir.
Les PDG canadiens commencent à mettre en œuvre l’IA à l’échelle de leur entreprise, avec un retard à rattraper par rapport à leurs homologues internationaux; pour réussir, ils doivent prendre des mesures tactiques et s’y engager pleinement.
Les PDG canadiens sont plus susceptibles que leurs homologues mondiaux d’avoir commencé à faire concurrence dans un nouveau secteur au cours des cinq dernières années, et ces initiatives commencent à porter leurs fruits.
« Pour la première fois en plus de cinq ans, le sentiment des PDG canadiens évolue à contrecourant de l’optimisme observé à l’échelle mondiale. Les vents contraires auxquels le pays fait face — incertitude commerciale, pressions tarifaires et lenteur dans l’adoption des technologies transformatrices comme l’IA — sont importants. Mais, ils agissent aussi comme un catalyseur. On voit bien des entreprises canadiennes relever le défi en s’ouvrant à de nouveaux secteurs pour renforcer leur résilience et stimuler leur croissance. »
Nicolas Marcoux, président et chef de la direction, PwC CanadaNotre 29e Enquête mondiale auprès des PDG révèle ce que les PDG du monde entier font pour réinventer leur entreprise en s’appuyant sur la technologie et en recherchant des opportunités de croissance dans de nouveaux secteurs, même s’ils anticipent des menaces. Les 133 PDG canadiens qui ont participé à notre enquête sont également focalisés sur la manière de diriger dans un contexte d’incertitude. Cependant, les résultats pour le Canada font état de quelques différences notables, tant sur le plan de la perception de l’exposition aux menaces que sur celui des mesures prises pour se préparer.
Les PDG canadiens sont nettement plus préoccupés que leurs homologues mondiaux par la viabilité à moyen et à long terme de leur entreprise. Au moment où notre enquête a été menée, soit avant la récente intervention militaire américaine au Venezuela, les PDG canadiens se disaient déjà plus inquiets que leurs homologues mondiaux quant à la possibilité d’un événement géopolitique susceptible de provoquer des perturbations majeures. Cela n’est pas surprenant, si l’on en juge par le nombre d’entreprises canadiennes qui ont été fortement exposées à la volatilité des échanges commerciaux au cours de l’année dernière, une situation qui devrait perdurer.
Chaque année, nous interrogeons les PDG sur leur niveau de confiance envers la croissance économique pour l’année à venir. Cette année, si les PDG à l’échelle du monde se montrent généralement optimistes quant à la croissance économique mondiale, ils sont moins confiants dans de nombreux pays quant à la croissance économique locale.
Au Canada, l’opinion des PDG suit une trajectoire similaire. Près de la moitié (47 %) d’entre eux estiment que la croissance économique mondiale s’améliorera au cours de l’année à venir, et seulement 27 % pensent que la croissance économique canadienne s’améliorera au cours de la même période. Il s’agit d’une baisse par rapport à l’année dernière, où 55 % des PDG canadiens prévoyaient une amélioration de la croissance économique mondiale au cours de l’année à venir, et 42 % pensaient que ce serait le cas pour la croissance de l’économie canadienne. Il est toutefois important de noter que l’enquête de l’année dernière a été réalisée avant qu’il ne devienne évident que les mesures commerciales américaines contre le Canada pourraient être imminentes.
De nombreux appels à l’action ont été lancés à la communauté des affaires au Canada l’année dernière. Bien que la situation économique actuelle suscite un certain désarroi justifié, il y a des lueurs d’espoir.
Le Canada a surpassé les attentes depuis le début de 2025. Les PDG canadiens restent aussi confiants que leurs homologues mondiaux dans les perspectives de leur propre entreprise, 49 % des PDG canadiens et mondiaux s’attendant à ce que leur entreprise augmente ses revenus au cours des trois prochaines années. Les PDG canadiens commencent à adopter l’intelligence artificielle (IA) dans l’ensemble de leur entreprise, bien que dans une moindre mesure que leurs homologues mondiaux, et ils se lancent dans de nouveaux secteurs afin de saisir de nouvelles opportunités d’affaires. Cependant, ils devront continuer à agir de manière décisive pour maintenir cette dynamique et faire face aux difficultés économiques à venir.
Tout comme leurs homologues mondiaux, les PDG canadiens reconnaissent le potentiel que représente la mise en œuvre de l’IA dans l’ensemble de l’entreprise. Cette année, tant à l’échelle mondiale qu’au Canada, le même pourcentage (94 %) de PDG affirment avoir utilisé l’IA au moins de façon limitée dans les cinq domaines d’activité sondés : définition des orientations; services de soutien; produits, services et expériences; génération des demandes; exécution des demandes.
Cependant, lorsque nous examinons les organisations qui ont pleinement adopté cette technologie, un écart apparaît. Seuls 29 % des PDG canadiens déclarent que leur organisation a largement appliqué l’IA dans ces cinq domaines, contre 43 % des PDG mondiaux.
En examinant de plus près les données canadiennes de notre enquête, nous pouvons comprendre certaines des raisons de ce retard. La majorité des PDG canadiens dont les organisations ont appliqué l’IA au moins de façon limitée affirment que la culture de leur organisation favorise l’adoption de l’IA et que l’environnement technologique de leur organisation permet l’intégration de l’IA. Cependant, l’adoption de certaines des mesures plus tactiques nécessaires pour mettre en œuvre avec succès l’IA à l’échelle de l’entreprise semble faire défaut. Ces mesures comprennent l’établissement d’une feuille de route clairement définie pour les initiatives en matière d’IA et de processus formalisés en matière d’IA responsable et de gestion des risques.
Qu’est-ce qui empêche les entreprises canadiennes d’adopter pleinement les mesures nécessaires à la mise en œuvre efficace de l’IA? Nous constatons encore un certain scepticisme quant au rendement des investissements. Cela s’explique en partie par le fait que de nombreux PDG canadiens continuent de considérer la mise en œuvre de l’IA comme un simple exercice de réduction des coûts liés à la productivité. Ils voient les coûts liés à la technologie et à la consommation de données, mais ce qui leur manque, c’est une vue d’ensemble de la façon dont l’IA pourrait changer la donne pour leur entreprise et leur secteur.
La plupart des entreprises commencent à percevoir la valeur initiale de l’utilisation de l’IA pour renforcer leur structure et améliorer leur mode de fonctionnement. Cependant, il est essentiel d’examiner également les possibilités d’utiliser l’IA comme un outil permettant de générer de nouveaux revenus pour votre organisation.
Dans le rapport de l’année dernière, nous avons examiné l’écart de productivité entre les organisations canadiennes et mondiales, ainsi que les mesures que les PDG canadiens devraient prendre pour réinventer leurs méthodes et leurs domaines de concurrence.
Les résultats de l’enquête de cette année montrent des progrès. Les PDG canadiens sont plus optimistes que leurs homologues internationaux quant à leur capacité à tirer parti des opportunités découlant de la disruption. Ils sont également beaucoup plus susceptibles que leurs homologues internationaux d’avoir orienté leur entreprise vers de nouveaux secteurs au cours des cinq dernières années.
Le fait d’avoir joué un rôle actif dans la reconfiguration des industries commence à porter ses fruits. Parmi les PDG canadiens dont les organisations se sont lancées dans de nouveaux secteurs, 35 % affirment que leur entreprise a tiré 20 % ou plus de ses revenus au cours des cinq dernières années de cette expansion.
Des gains substantiels peuvent encore être réalisés alors que les pressions tarifaires et les bouleversements liés à l’intelligence artificielle continuent de remodeler les industries et de nouveaux marchés se forment. Interrogés sur leurs perspectives, 64 % des PDG canadiens déclarent s’attendre à ce que leur entreprise se développe dans au moins un secteur autre que le leur au cours des trois prochaines années.
Question : Dans lequel des secteurs suivants (le cas échéant), en dehors du vôtre, envisagez-vous de développer votre activité (y compris en concluant des partenariats avec d’autres entreprises) au cours des trois prochaines années?
Industries et services |
31 % |
Énergie, services publics et ressources |
23 % |
| Marchés de consommation | 21 % |
| Industries de la santé | 20 % |
| Technologies, médias et télécommunications | 16 % |
| Services financiers | 11 % |
| Capital-investissement, actifs immobiliers et fonds souverains | 5 % |
| Aucune des réponses ci-dessus | 36 % |
Les PDG canadiens qui n’envisagent pas encore sérieusement de nouveaux marchés ou des activités de réinvention devraient le faire, ne serait-ce que pour rester dans la course face à leurs concurrents qui, eux, le font. Comment les PDG canadiens peuvent-ils s’assurer de saisir leur part des nouvelles opportunités?
Les interactions entre le secteur privé et les gouvernements évoluent. Pour résoudre bon nombre des problèmes complexes d’aujourd’hui et répondre aux besoins des citoyens, le secteur privé et le monde des affaires devront s’associer de manière innovante.
Les gouvernements partout dans le monde ne se contentent plus d’être une simple autorité de réglementation, mais ils sont aussi une source de capitaux de plus en plus importante. Dans son dernier budget, le gouvernement du Canada a clairement fait part aux entreprises et aux citoyens de son intention de réduire les risques et de débloquer les investissements au Canada. Parallèlement, il a fait savoir qu’il s’attendait à ce que l’industrie apporte des innovations et des investissements pour contribuer à la croissance dans des domaines critiques. Il s’agit entre autres des domaines désignés par des organisations et dans le cadre d’initiatives telles que l’Agence de l’investissement pour la défense, Maisons Canada et le Bureau des grands projets.
Les entreprises canadiennes devraient explorer en profondeur les opportunités qui s’offrent à elles dans, par exemple, l’avenir de la défense, la technologie et les centres de données, l’avenir de la fabrication, la résilience énergétique et la décarbonisation, ainsi que l’avenir de la santé. Si les opportunités ne sont pas évidentes, les dirigeants devraient y regarder de plus près.
Pour tirer parti rapidement et efficacement des nouvelles opportunités intersectorielles, y compris celles identifiées par le gouvernement fédéral, les entreprises canadiennes devront collaborer avec leurs partenaires de l’écosystème. Ces derniers peuvent même inclure des concurrents et des acteurs disruptifs. La première étape pour les PDG consiste à réfléchir à la manière d’éliminer les obstacles à la collaboration, tant en interne au sein de l’organisation qu’en externe sur le marché.
En interne, une collaboration à grande échelle pourrait nécessiter des investissements dans les systèmes de base afin de permettre l’interopérabilité avec les partenaires tout au long de la chaîne de valeur. Il est également possible de tirer parti de l’IA agentique pour réinventer les processus opérationnels internes et faciliter la collaboration. Les systèmes d’IA agentique, dans lesquels des agents interagissent et automatisent les processus, pourraient avoir des effets significatifs sur les tâches de travail actuelles et modifier fondamentalement les opérations.
En externe, les organisations devront établir des partenariats ou conclure des transactions si elles souhaitent reconfigurer leurs systèmes afin de permettre à tous les acteurs de réussir. Pour ajouter de la valeur, il conviendrait de miser davantage sur des capacités complémentaires que sur le renforcement du pouvoir sur le marché ou sur l’acquisition de clients. À titre d’exemple, aucune entreprise technologique canadienne ne sera en mesure de résoudre seule la question de la souveraineté des données. Cependant, une approche coalisée réunissant les ressources des entreprises et du gouvernement pourrait permettre de relever ce défi et de soutenir la sécurité nationale et les intérêts économiques.
Chef de la direction et associé principal, PwC Canada
Tél. : +1 416 687-8263
Associé directeur national, Clients et marchés, PwC Canada
Tél. : +1 514 205 5199
Associée et leader nationale, Réinvention, Marchés, PwC Canada
Tél. : (403) 629 8330
Associée, Analyse économique et politique, PwC Canada
Tél. : +1 647-302-5781