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La perspective des organismes gouvernementaux et du secteur public

Donner de la valeur aux valeurs ESG

Autrice: 
Shelley Gilberg, Leader, Marchés et conseils ESG, PwC Canada

La plupart des entreprises canadiennes connaissent les enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) qui préoccupent de plus en plus les investisseurs et les clients, mais elles ne savent pas qu’elles ont peut-être une longueur d’avance.

Parce que le Canada – notamment la Colombie-Britannique – a établi, dans certains domaines, des normes et des exigences d’information réglementaire qui n’existent pas ailleurs, particulièrement dans le secteur des ressources naturelles. Par conséquent, elles n’en sont peut-être pas conscientes, mais de nombreuses entreprises canadiennes ont déjà fait quelques pas sur le chemin de la conformité aux principes ESG. Ce qui a été ressenti comme un fardeau réglementaire et des exigences élevées concernant l’environnement, la gestion des ressources humaines, la santé et la sécurité et les relations avec les communautés autochtones représente aujourd’hui un avantage concurrentiel. Les entreprises canadiennes doivent à présent intégrer ces principes, les mesurer et s’en servir pour saisir cet avantage.

Voici comment elles peuvent améliorer leurs processus et leur performance ESG et pourquoi une collaboration entre les secteurs public et privé est essentielle.

Voir les principes ESG différemment

On peut en général classer les entreprises en quatre groupes selon leur ambition et leur maturité à l’égard des principes ESG :

Number one

Celles qui commencent à les appliquer traitent les principes ESG du point de vue de l’information réglementaire. Elles mesurent leur performance pour assurer leur conformité et concentrent leurs efforts sur les enjeux environnementaux comme la transition énergétique et le zéro émission nette.

Number two

Les pragmatiques veulent réaliser des gains rapides et cherchent généralement davantage à gérer les risques qu’à trouver des opportunités. Elles font parfois des déclarations publiques sur leurs objectifs et les mesures qu’elles comptent prendre, mais ces objectifs et mesures sont généralement éparpillés dans l’organisation.

Number three

Celles qui voient les opportunités stratégiques confient la responsabilité des critères ESG à la haute direction et en font un élément de la rémunération des cadres supérieurs. Elles élaborent des produits et services qui se distinguent sur le plan des ESG et l’information qu’elles publient est plus mûre et contient des objectifs fondés sur la science.

 

Number four

Celles qui en font un objectif intègrent les principes ESG dans toutes leurs activités et les mettent au centre de leur mission, de leur stratégie et de leurs produits ou services. Elles publient de l’information financière et extra-financière fondée sur des indicateurs ESG et améliorent les normes et cadres réglementaires par leur participation et la promotion publique qu’elles en font.

Le troisième et le quatrième groupe sont à notre avis ceux qui enregistreront les progrès et la croissance les plus durables, car les mesures que ces entreprises prendront auront une valeur sociale et commerciale à la fois. Pourtant, les données collectées récemment par PwC Canada montrent que les chefs d’entreprises canadiens accordent une moins grande importance aux principes ESG que leurs homologues des autres pays.

Les entreprises de l’Union européenne, par exemple, sont plus avancées sur ce plan. Comme le Canada, l’Union européenne a une réglementation plus stricte, mais les principes ESG ont été intégrés dans la culture des entreprises avec le temps, si bien que celles-ci ont vite cessé de les considérer comme une obligation pour en faire une opportunité. Mais pour qu’une telle transformation se produise au Canada, plusieurs obstacles devront être levés.

Obstacle n° 1 : Des normes nombreuses et une réglementation complexe

Les normes et la réglementation ne sont pas les mêmes d’un secteur à l’autre, ni les processus et exigences d’audit et d’information. Les industries bien établies ont souvent trop de normes et de cadres réglementaires à appliquer. Inversement, les industries émergentes n’en ont parfois pas assez. Cela peut être un avantage dans la mesure où ces industries peuvent concevoir leurs propres normes et fixer les comportements attendus, mais étant donné le niveau de confiance actuel, il est peu probable que la situation perdure.

Qui plus est, alors que la plupart des secteurs d’activité sont effectivement soumis à une supervision réglementaire, on attend d’autres secteurs qu’ils s’autoréglementent. Un tel environnement fragmenté n’est pas propice à une adoption des principes ESG; c’est pourquoi il est nécessaire que le secteur public, le secteur privé et les organismes de réglementation travaillent ensemble à l’harmonisation des règles dans toute la mesure du possible. Une fois cela établi, les entreprises canadiennes pourront faire valoir ce qu’elles accomplissent déjà et se distinguer sur la scène mondiale parce qu’elles seront sur un pied d’égalité.

Des cabinets de conseils comme le nôtre ont commencé à établir un rapprochement de certaines normes internationales avec les réglementations canadiennes. Ces travaux permettent aux entreprises de se concentrer sur leur performance et leurs résultats au lieu d’investir du temps et des ressources à interpréter les normes et à évaluer leur situation. Ils permettent également aux organismes de réglementation de comprendre les ambiguïtés et d’aider les entreprises à redresser la barre, se conformer aux normes et assurer leur compétitivité.

 


Obstacle n° 2 : Il n’y a pas que le « E » dans ESG

Certaines entreprises confondent les principes ESG et les objectifs de zéro émission nette. Cela est compréhensible étant donné l’omniprésence de la crise climatique et surtout parce que l’empreinte carbone est mesurable. Mais si l’environnement est une part importante des enjeux ESG, il n’en constitue qu’une partie, justement. 

Dans le secteur minier, par exemple, les investisseurs disent vouloir s’assurer que les entreprises ont intégré les principes ESG dans leur culture, dans leur stratégie et dans leur fonctionnement opérationnel. Cela concerne le risque climatique et la décarbonation à long terme, certes, mais aussi les relations avec les communautés autochtones – qui constituent un élément important du cheminement ESG pour de nombreuses entreprises.

En fin de compte, chaque élément d’une stratégie ESG consiste à gagner la confiance des actionnaires et des parties prenantes par la transparence, la reddition de comptes et la responsabilité. Toutes les entreprises, qu’elles fournissent d’autres entreprises ou le consommateur, sont soumises aux mêmes pressions de la part des clients et partenaires, de leurs employés et investisseurs, des régulateurs et du grand public, et doivent montrer leurs résultats.

Les sources de ces pressions et opportunités varient selon le secteur d’activité, de même que les enjeux ESG particuliers, mais quoi qu’il en soit, la confiance ne se limite pas à la zéro émission nette. Cela dit, les entreprises tiennent bien cette pression puisque les études montrent qu’elles bénéficient d’un niveau de confiance plus élevé que les gouvernements – mais cette confiance doit être méritée et préservée.


Obstacle n° 3 : Faire le mauvais calcul

Les entreprises peuvent se nuire à elles-mêmes si elles considèrent les projets ESG comme des initiatives non financières et les évaluent comme telles. Car à ce moment-là, ces projets représentent des coûts en capitaux et en ressources humaines sans donner de résultats quantifiables pour les actionnaires et parties prenantes. Et si les mesures à prendre ne font pas l’objet d’un processus discipliné, les chances de soutenir une action et des résultats à long terme sont minces. 

Mais nous savons que ce point de vue est erroné. Les projets ESG peuvent accroître l’efficience opérationnelle et améliorer le profil de l’entreprise, lui permettre d’attirer des capitaux, des clients et des talents de façon quantifiable, avec des indicateurs et un rendement sur investissement. Soulignons également que de nouvelles opportunités économiques apparaissent avec la demande pour des produits éthiques, renouvelables et durables. Par exemple, le cuivre est une composante clé des nombreuses technologies qui soutiennent la transition énergétique. Et ces solutions nouvelles peuvent être encore plus propres si la production des matières premières comme le cuivre est à faible émission de carbone. Cela incite les acheteurs de la chaîne d’approvisionnement à payer plus cher pour du cuivre à faible émission de carbone et permet ainsi aux producteurs concernés d’établir leurs prix en conséquence.

Les entreprises canadiennes doivent donc s’assurer de bien comprendre et mesurer ce qu’il faut, et d’adopter une approche holistique à l’égard des principes ESG. Les avantages sont bien réels lorsque les valeurs et la philosophie de votre entreprise trouvent un écho dans le public et vous permettent d’attirer les meilleurs talents. Et les économies de coûts le sont aussi lorsque vous réduisez les déchets et investissez dans des produits et processus réutilisables ou renouvelables. Intégrer les critères ESG dans la gestion, c’est conjuguer nos principes et nos bilans et résultats et générer ainsi de la valeur pour tous les actionnaires et parties prenantes.

Évaluer les opportunités et les risques

Comme nous l’avons dit plus haut, certaines entreprises de l’Union européenne ont pris de l’avance. Elles ont commencé par respecter les exigences de conformité et d’information, mais elles ont rapidement vu les opportunités, tout en reconnaissant les risques de non-conformité. Cela signifie que les principes ESG sont là pour rester et qu’ils constituent un élément essentiel pour l’avenir des entreprises de la Colombie-Britannique et du Canada.

Nous sommes heureux que des cabinets comme le nôtre aient évalué la totalité des risques et des opportunités, et non une partie seulement, afin de donner à nos clients une perspective d’ensemble. Comment intégrer les principes ESG dans l’information réglementaire? Quel est l’impact de ces principes sur la planification fiscale au Canada et ailleurs? Quel effet ont-ils sur les coûts et modèles d’exploitation? En quoi changent-ils la donne lorsqu’il s’agit d’attirer et de retenir clients et talents?

Personne ne peut prétendre tout savoir et les principes ESG continueront d’évoluer. Mais les bons conseillers, qui ont une perspective holistique et connaissent leurs clients, peuvent être d’une aide précieuse. Ils peuvent notamment vous aider à identifier les aspects de votre entreprise qui présentent le plus grand potentiel d’optimisation et de croissance – ainsi que les principaux obstacles :

  • Les entreprises déjà engagées dans leur processus peuvent bénéficier de conseils pour définir, mesurer et quantifier la valeur globale qu’elles apportent à leurs actionnaires et parties prenantes. Leur conseiller peut les aider à prévoir l’évolution des principes ESG.

  • Celles qui commencent pourraient avoir besoin de conseils pour déterminer quels leviers actionner pour obtenir le meilleur impact et quelles mesures seront bénéfiques à la trésorerie, à l’exploitation et au bilan et permettront d’obtenir des emprunts ou des capitaux à moindre coût.

La plupart se trouvent quelque part entre les deux et l’une de leurs plus grandes difficultés est d’établir des mesures concrètes pour des objectifs abstraits. Déclarer des intentions ou publier des indicateurs n’est pas prendre des mesures concrètes. Or ce sont les mesures concrètes et leurs résultats qui importent en fin de compte. Les mesures décisives, spécifiques au secteur et à l’entreprise et qui établissent un climat de confiance à long terme sont celles qui distingueront les meilleurs.

Établir un objectif de zéro émission nette pour 2050, par exemple, a l’air très bien sur papier et peut entraîner un gain substantiel dans l’image de marque et le cours de l’action – mais 2050 est à 114 trimestres de l’été 2021. Il sera donc essentiel de comprendre cette valeur, de la réaliser et d’en démontrer les résultats régulièrement d’ici là.

Vignette client

Le secteur des ressources naturelles en Colombie-Britannique est un exemple parfait de la difficulté à calculer et publier les résultats en matière d’ESG. Étant donné les politiques environnementales progressistes de la province, de nombreuses entreprises ont déjà un historique de résultats concernant les principaux critères ESG – sauf que cette information est difficile à transmettre aux acheteurs, investisseurs et consommateurs.

Mais les choses commencent à changer avec le BC Mines Digital Trust Marketplace. Basée sur la technologie des chaînes de blocs, cette nouvelle plateforme permettra aux producteurs de matériaux bruts de mettre leurs résultats ESG vérifiés à la disposition des investisseurs et des clients de la chaîne d’approvisionnement qui en auront besoin. Les minières de la Colombie-Britannique seront les premières à participer et elles pourront commencer avec des documents aussi simples que leur permis d’exploration et le profil relatif aux gaz à effet de serre publié par le gouvernement provincial. Le Digital Trust Marketplace compte ajouter d’autres références et d’autres participants qui pourront confirmer mutuellement la validité – et la valeur – de leurs résultats ESG. Ce système facilitera le processus d’audit des données sources et de la performance des entreprises, ainsi que la publication des résultats audités.

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Réunir les secteurs public et privé

Les entreprises se trouvent à des stades différents de leur cheminement ESG, mais n’oublions pas que nous sommes tous sur le même chemin. Quel que soit le secteur d’activité, les dirigeants doivent être assurés que le gouvernement et le secteur sont unis dans la réalisation d’un but commun. Il revient aux décideurs politiques et à ceux du secteur privé d’établir les normes qui donneront au Canada, et particulièrement à la Colombie-Britannique, leur place de leader ESG.

Nous avons déjà fait beaucoup, collectivement, pour créer un avantage concurrentiel sur le plan des principes ESG. Nous devons à présent le faire connaître, nous y conformer et l’utiliser. Les entreprises canadiennes tiennent fermement à leurs valeurs; avec les principes ESG, nous pouvons les mettre de l’avant et créer une valeur durable pour chacun.

Pistes de réflexion :

  1. Si des entreprises plus jeunes et mieux équipées technologiquement peuvent avoir un avantage ESG, comment les entreprises plus anciennes et bien établies peuvent-elles tabler sur les partenariats, la collaboration, les acquisitions et le numérique pour tenir le rythme?

  2. Si les principes ESG consistent à bâtir la responsabilité et la confiance, comment montrer les résultats aux actionnaires et parties prenantes? Comment faire connaître les progrès de façon transparente et comment intégrer cette information aux autres documents réglementaires? Comment les technologies comme la chaîne de blocs peuvent-elles être utiles?

  3. Une approche holistique en matière d’ESG signifie ne pas se limiter à la zéro émission nette, mais penser à d’autres considérations sociales et de gouvernance. Avez-vous réfléchi aux autres dimensions des principes ESG et à leur impact sur votre entreprise dans l’avenir?

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Shelley Gilberg

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Mike Harris

Associé, Risque et conformité, leader ESG et Net zéro, PwC Canada

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