Transactions dans le secteur du transport et de la logistique

T4 2018

Bien que 2018 ait commencé dans l’incertitude avec la stagnation des négociations de l’Accord de libre-échange nord-américain et les limites des capacités auxquelles le secteur canadien du transport et de la logistique a fait face en 2017, l’année a connu une saine activité transactionnelle.

Des transactions importantes liées à des sociétés comme Aimia Inc. (2,3 G$ CA), Student Transportation Inc. (1,3 G$ CA) et le Pont A25 à Montréal (858 M$ CA) ont contribué à une augmentation de 206,9 % de la valeur des transactions (6,4 G$ CA) en 2018 par rapport à 2017 (2,1 G$ CA), mais le nombre des transactions a chuté de 13,2 $%, passant de 68 en 2017 à 59 en 2018.

Reflet de l’essor du commerce électronique et des importants accords commerciaux négociés par le Canada, bon nombre des transactions conclues en 2018 visaient le transport de biens pour les Canadiens, 47,5 % de ces transactions entrant dans la catégorie des services de messagerie, des services postaux, du transport aérien, terrestre et maritime, de la logistique terrestre ainsi que des activités routières et ferroviaires.

Dans le secteur privé, des investissements ont été faits notamment dans la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada (le « CN »), qui a mobilisé 2,85 G$ CA en 2018 pour accroître la capacité de son réseau ferroviaire. Dans le secteur public, le gouvernement fédéral et le gouvernement provincial ont investi dans les infrastructures et l’amélioration de la capacité de fret, des initiatives comme le Fonds national des corridors commerciaux et Cargo M à Montréal ayant ouvert la voie à des améliorations des ports canadiens.

Autre fait nouveau à souligner, le géant de l’expédition Maersk a annoncé qu’il prévoyait faire de Montréal une porte d’entrée stratégique au Canada. Maersk prévoit que le volume des échanges fera un autre bond de 7 % en 2019, en raison principalement de l’Accord économique et commercial global (l’« AECG ») entre le Canada et l’Union européenne.

Au cours de l’année, le secteur canadien du transport et de la logistique a accordé une attention importante à la technologie. À titre d’exemple, Transport Canada a décidé de financer un projet d’intelligence artificielle conjointement avec le Port de Montréal. Le port travaille également à un projet de chaîne de blocs visant à simplifier le transport maritime.

Une fin d’année calme

Vers la fin de l’année, l’activité transactionnelle dans le secteur a été relativement calme, en l’absence de transactions majeures au quatrième trimestre de 2018. Le nombre de transactions a chuté de 50 % sur une base trimestrielle, passant de 18 transactions au troisième trimestre de 2018 à neuf transactions au quatrième trimestre. Le nombre des transactions du quatrième trimestre de 2018 a diminué de 35,7 % en glissement annuel par rapport aux 14 transactions conclues au quatrième trimestre de 2017. La valeur des transactions a également reculé, passant de 2,8 $ au troisième trimestre de 2018 et de 640,8 G$ au quatrième trimestre de 2017 à 302,5 G$ au quatrième trimestre de 2018 (ce qui s’explique en grande partie par la transaction visant Aimia).

Parmi les investissements importants, notons l’acquisition, par le CN de TransX Group of Companies, une société de transport par camion sur de longues distances établie à Winnipeg. Le CN a également fait une offre visant l’acquisition d’une participation dans la société d’Halifax Halterm, le plus grand terminal de conteneurs dans l’Est canadien.

Avec cette transaction, le CN espère connaître le même succès qu’à Prince Rupert. Comme c’est le cas pour la ville portuaire de la Colombie-Britannique, l’emplacement de Halifax, conjugué au vaste réseau du CN, aidera la société à offrir des délais de transit plus courts vers les destinations aux États-Unis comparativement aux expéditions directes vers des ports plus congestionnés des États-Unis. Le CN a évoqué la possibilité d’envisager un autre port en Nouvelle-Écosse ou au Québec si la transaction visant Halterm échoue.

Perspectives pour 2019

Pour 2019, bien que nous pensons que le secteur canadien du transport et de la logistique connaîtra une autre bonne année, certains enjeux retiennent notre attention :

Puisque le Canada est un importateur net d’acier et d’aluminium, les tarifs américains actuels sur ces produits peuvent avoir une incidence sur les perspectives de croissance du secteur. Les exportations d’acier et d’aluminium vers les États-Unis ne représentent que 2 % du total des exportations canadiennes, mais l’augmentation des prix aura un effet d’entraînement sur de nombreux secteurs, dont celui du transport et de la logistique.

Parallèlement à cela, le nouvel Accord États-Unis-Mexique-Canada a atténué quelques incertitudes entourant les échanges commerciaux. En ce qui concerne les changements prévus dans cet accord, l’augmentation du seuil minimal pour le paiement de taxes et de droits sur les importations de biens de consommation au Canada est l’un des faits nouveaux qui auront une incidence positive sur le secteur du transport et de la logistique.

D’autres accords commerciaux ayant fait leur marque comprennent l’Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne ainsi que l’Accord de Partenariat transpacifique global et progressiste, qui sont entrés en vigueur à la fin de 2018. Comme les plus gros joueurs tentent de solidifier leurs positions, nous anticipons davantage de consolidation dans le secteur.

Ce n’est pas un secret, les économies développées du monde entier font face à de nouvelles dynamiques de la main d’œuvre, notamment en raison d’une cohorte vieillissante de travailleurs approchant le départ à la retraite. Cette tendance aura de nombreuses répercussions, et l’industrie du camionnage, qui est aux prises avec une pénurie chronique de chauffeurs, continue de subir des pressions inflationnistes.

En 2018, le Port de Montréal a investi dans l’intelligence artificielle et participé au développement des chaînes de blocs, et le secteur du transport et de la logistique continuera de faire de tels investissements, en particulier compte tenu des nouveaux accords commerciaux et des efforts visant à tirer parti de la technologie pour accroître l’efficience. Dans cette optique, nous pensons que la technologie aura une influence marquée sur les transactions en transport et logistique réalisées au cours de l’année.

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D. Scott Collinson

Leader national, Conseils en Transport et logistique , PwC Canada

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Rodrigue Gilbert

Managing Director, Transportation & Logistics, PwC Canada

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Leader national, Vente, acquisition et financement d’entreprises, PwC Canada

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