S’adapter aux nouveaux tarifs mondiaux :

15 questions fréquentes

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  • 31 mars 2025

Les déclarations du président américain Donald Trump sur les politiques commerciales et les tarifs ont suscité de nombreuses questions chez les dirigeants d’entreprises. Nous avons recueilli quelques-unes des questions les plus fréquentes, ainsi que les points de vue de nos experts en fiscalité, en commerce international, en structure d’entreprise, en transactions et en économie, pour aider les entreprises à composer avec ces enjeux complexes.

La situation actuelle est complexe et elle évolue rapidement. L’analyse ci-dessous vise à en esquisser les grandes lignes. Elle ne peut remplacer la consultation de conseillers professionnels pour la gestion des activités propres à votre entreprise.

Comment les entreprises canadiennes seront-elles touchées?

On peut regrouper les nouveaux tarifs et mesures commerciales touchant les entreprises canadiennes en quatre catégories.

Premièrement, on trouve les tarifs que l’administration américaine dit vouloir imposer au Canada, au Mexique et à la Chine pour les pousser à renforcer les mesures de lutte contre le trafic de drogue et l’immigration illégale, et qui s’inscrivent dans une stratégie élargie de protection des industries américaines. Les 4 et 6 mars 2025, la Maison-Blanche a fait plusieurs annonces, dont les suivantes :

  • imposition de tarifs de 25 % sur les produits qui ne respectent pas les règles d’origine de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM);
  • imposition d’un tarif réduit de 10 % sur les produits énergétiques canadiens qui ne sont pas admissibles à l’ACEUM;
  • imposition d’un tarif réduit de 10 % sur la potasse canadienne qui n’est pas admissible à l’ACEUM;
  • exemption de tarif, jusqu’au 2 avril 2025, pour les produits canadiens admissibles à l’ACEUM.

Deuxièmement, le 4 mars 2025, le gouvernement du Canada a annoncé des contremesures ciblées. Dans le cadre d’une première phase, des tarifs sont imposés sur des produits américains d’une valeur de 30 milliards de dollars, notamment divers produits agricoles, boissons et produits de papier. De plus, à compter du 2 avril 2025, les tarifs seront étendus à une liste élargie de produits américains, dont les machines, le matériel électronique et les biens manufacturés. Le gouvernement du Canada a indiqué que ces contremesures demeureraient en vigueur jusqu’à ce que les États-Unis retirent l’ensemble de leurs tarifs.

Troisièmement, dans le cadre de sa politique commerciale America First, l’administration Trump a lancé un examen des déséquilibres commerciaux et des pratiques commerciales des pays étrangers. En outre, le 12 mars 2025, les États-Unis ont imposé un tarif de 25 % sur les importations de produits d’acier et d’aluminium en provenance de tous les pays, y compris le Canada. Des représentants américains ont aussi désigné le cuivre, le bois d’œuvre, les semiconducteurs et les produits pharmaceutiques comme devant faire l’objet d’examens plus approfondis. Le 26 mars 2025, le président Trump a annoncé son intention d’imposer des tarifs sur les automobiles et certaines pièces automobiles importées aux États-Unis.

Enfin, la Chine a imposé des tarifs aux produits agricoles et alimentaires canadiens. En vigueur depuis le 20 mars, ces tarifs ont été adoptés en réponse aux surtaxes imposées par le Canada sur les importations d’acier et d’aluminium en provenance de la Chine.

Nous estimons que des tarifs douaniers de 25 % sur les produits canadiens représenteraient environ 73 milliards de dollars par an. De plus, une imposition à hauteur de 10 % sur les produits énergétiques se traduirait par des tarifs annuels de 13 milliards de dollars. Les produits canadiens les plus touchés comprennent les véhicules motorisés et les produits et les pièces du secteur de l’aérospatiale, les matériaux servant à la fabrication de produits métalliques, la machinerie et l’équipement, les produits chimiques, les aliments et les produits agricoles. L’incidence exacte des tarifs varierait selon les secteurs et les entreprises, en fonction de votre chaîne d’approvisionnement en amont et des conditions du marché américain pour vos produits.

Les tarifs américains et la surtaxe canadienne devraient faire augmenter les coûts pour les entreprises canadiennes, perturber les chaînes d’approvisionnement et réduire les marges bénéficiaires. Toutes les entreprises canadiennes – même celles qui ne font pas affaire directement avec les États-Unis – pourraient être touchées. De nombreuses entreprises canadiennes font partie intégrante des chaînes de valeur des entreprises qui seraient directement touchées par les mesures commerciales. De plus, nous nous attendons à ce que toute mesure commerciale, quelle qu’elle soit, se répercute négativement sur la croissance économique du Canada, la valeur du dollar canadien et les investissements des entreprises au Canada.

Non. Les services, y compris les logiciels-services et les logiciels livrés numériquement, ne sont pas des biens tangibles. Ils ne sont donc pas visés par les tarifs envisagés actuellement.

Les mesures commerciales américaines pourraient avoir une incidence importante sur les entreprises qui importent des produits visés de la Chine et du Mexique.

L’alinéa H du décret présidentiel américain visant le Canada indiquait initialement que le traitement en franchise de droits de minimis, que prévoit
l’article 321 et dont bénéficient les biens importés aux États-Unis d’une valeur inférieure à un certain seuil, ne serait plus applicable. Le 7 février, 2025, le gouvernement américain a annoncé que l’article 321 resterait en vigueur jusqu’à ce que les systèmes requis soient en place pour gérer le traitement et la collecte des droits de douane. Lorsque le président jugera que des systèmes adéquats sont en place pour traiter et percevoir les recettes tarifaires applicables,
l’article 321 ne s’appliquera plus pour les biens d’origine chinoise. Cette mesure est lourde de conséquences en raison du grand nombre d’entreprises de commerce électronique canadiennes qui distribuent aux États-Unis des biens en provenance de Chine. Ces biens n’entreront plus aux États-Unis en franchise de droits. Ils seront plutôt assujettis aux droits de douane de la nation la plus favorisée, ainsi qu’à tout autre tarif déjà imposé à la Chine en vertu des articles 201 ou 301 de la Trade Act des États-Unis et/ou de l’article 232 de la Trade Expansion Act des États-Unis. Les biens expédiés seront également assujettis aux frais de traitement des marchandises et aux autres droits d’importation pertinents prévus par la IEEPA. Une fois que les mesures américaines seront en vigueur, des entreprises qui n’avaient auparavant aucun droit de douane à payer sur les biens entrant aux États-Unis devront assumer des frais pouvant atteindre 40 % de la valeur de ces biens.

Depuis avril 2024, le gouvernement du Mexique a pris plusieurs mesures commerciales et douanières pour encourager la production intérieure et les exportations, ainsi que pour s’aligner sur la stratégie américaine visant à réduire l’approvisionnement en biens et matériaux d’origine chinoise. Les entreprises canadiennes qui fabriquent des produits au Mexique en vue de les exporter au Canada ou aux États-Unis devraient réévaluer leurs chaînes d’approvisionnement et envisager le recours à des fournisseurs de pays qui sont des partenaires commerciaux du Mexique. Elles devraient également reconsidérer leur modèle opérationnel et leur structure ainsi que leur recours aux maquiladoras (usines exploitées dans des zones exemptes de droits et de tarifs douaniers) et aux fabricants sous-traitants.

Les États-Unis n’appliqueront pas de tarifs sur les biens mexicains transitant du Mexique vers le Canada s’ils sont placés en régime de transit. Les tarifs s’appliqueront si les biens sont dédouanés à des fins d’entrée pour consommation sur le marché des États-Unis.

Le libellé du décret présidentiel américain laisse entendre que les biens seront assujettis à des tarifs chaque fois qu’ils traverseront la frontière. Cette situation sera particulièrement préoccupante pour le secteur manufacturier, puisque de nombreuses pièces et composants traversent la frontière plusieurs fois avant d’être assemblés en un produit fini.

L’alinéa G du décret présidentiel américain précise qu’aucun remboursement des droits de douane ne sera possible pour les tarifs imposés par le décret, éliminant ainsi toute possibilité d’allègement pour les entreprises touchées.  Cette précision est importante puisque les entreprises américaines ont historiquement pu bénéficier de cette mesure pour récupérer les droits de douane payés sur les intrants des produits finis lorsque des biens sont importés aux États-Unis et par la suite exportés ou utilisés dans la fabrication d’un produit fini destiné à l’exportation.

Les lois sur les douanes du Canada et des États-Unis prévoient des mesures d’atténuation dans les cas où le pays d’origine d’un bien reste le même. Ces mesures s’appliquent, par exemple, lorsque des composants sont exportés des États-Unis vers le Canada pour être assemblés en produits finis, à condition que leur valeur reste la même ou qu’ils ne soient ni transformés ni améliorés de façon substantielle. Nos équipes étudient actuellement ces questions en détail.

Le Canada a publié un cadre permettant aux entreprises canadiennes de demander une remise de surtaxe sur certains biens utilisés comme intrants importés des États-Unis lorsqu’il leur est impossible de se les procurer au Canada ou, moyennant des efforts raisonnables, dans d’autres pays.

La remise de surtaxe n’est pas nouvelle, puisqu’elle a déjà été utilisée pour d’autres droits de douane (dans le cas des importations de Chine, par exemple)[1]. Pour demander une remise, une entreprise doit soumettre une demande dans laquelle elle fournit une description complète de ses activités, une description détaillée des produits et leur classement tarifaire et la preuve qu’il est impossible de se procurer ces produits auprès de fournisseurs canadiens ou non américains. De plus, l’entreprise doit fournir des données sur les coûts de fabrication et l’incidence qu’aura la remise sur divers aspects de ses activités, ainsi qu’une description détaillée des raisons pour lesquelles elle demande une remise, y compris tous les documents justificatifs nécessaires.  Nos équipes peuvent vous aider dans le processus de demande de remise.

Le gouvernement fédéral et plusieurs provinces ont aussi adopté de nouvelles mesures d’allègement de l’incidence des tarifs. Dans certains cas, les entreprises peuvent combiner les aides des gouvernements fédéral et provinciaux, ce qui leur permet d’avancer plus rapidement en rendant les investissements essentiels plus viables financièrement.

 

L’importateur officiel est la personne ou l’entité responsable du paiement des droits et taxes dans le ressort territorial où les biens sont importés. Les tarifs douaniers américains sont imposés à l’importateur officiel américain, tandis que la surtaxe canadienne est payée par l’importateur officiel canadien.

L’identification de l’importateur officiel permet de déterminer si les droits de douane américains sont payés par votre client américain ou par votre entreprise elle-même, si vous avez recours à un importateur non-résident (INR). Elle permet aussi de déterminer qui doit payer les surtaxes canadiennes, à savoir le client canadien ou le vendeur américain.

Aperçu des mesures d’atténuation pour les entreprises

Mesures à court terme

  • Adopter des tactiques de réduction des coûts, se renseigner sur le programme de remboursement des droits de douane et envisager les mesures publiques de soutien.
  • Acquérir une compréhension approfondie des risques et des opportunités des chaînes d'approvisionnement en amont et en aval.
  • Évaluer la capacité de négocier des réductions de prix avec les fournisseurs et de répercuter les hausses de coûts sur vos clients.
  • Faire des analyses de scénarios et modéliser des solutions de rechange.
  • Envisager la modification des stratégies fiscales (p. ex., prix de transfert) et des méthodes de gestion des risques.

Mesures à moyen et à long terme

  • Diversifier les chaînes d'approvisionnement et modifier les stratégies fiscales.
  • Renforcer les mécanismes de conformité pour éviter les trop-payés et les pénalités.
  • Accélérer les efforts de réinvention, comme l'expansion dans de nouveaux marchés.
  • Intégrer de nouveaux risques et opportunités dans les stratégies d'acquisition.

 

 

Les entreprises doivent acquérir une compréhension approfondie des incidences des tarifs douaniers sur leurs activités, ces incidences pouvant varier considérablement. L’analyse des incidences, surtout pour une courte période, est un exercice complexe. Il faut d’abord évaluer l’exposition aux risques de votre entreprise, puis les différents scénarios auxquels elle est confrontée, pour ensuite négocier, dans la mesure du possible, avec les fournisseurs et les clients.

À court terme, il faut :

  • Réaliser une analyse à l’aide d’une technologie telle que l’outil exclusif d’évaluation de PwC relatif à l’incidence des tarifs.

  • Acquérir une compréhension approfondie de votre chaîne d’approvisionnement, en amont et en aval, et déterminer qui est votre consommateur ultime. Une fois ces informations en main, vous pourrez évaluer les incidences des tarifs douaniers et des contremesures visant des biens d’origine chinoise, mexicaine, américaine ou canadienne produits par les principaux maillons de vos chaînes d’approvisionnement. Cette étape est essentielle pour déterminer le coût des tarifs appliqués à vos intrants et aux extrants.
  • Déterminer quels sont les maillons faibles de la chaîne d’approvisionnement, soit ceux qui peuvent être à l’origine de goulots d’étranglement ou de perturbations.
  • Il est important de savoir qui est le consommateur ultime, car on peut ainsi obtenir des informations sur la dynamique de marché, notamment sur la question de savoir si les clients disposent de solutions de rechange. Cette étape est essentielle pour déterminer s’il sera possible pour l’entreprise de répercuter les coûts découlant des tarifs douaniers, ainsi que les incidences sur la demande et la rentabilité.
  • Vérifier s’il existe des fournisseurs et des marchés de substitution facilement accessibles, qui aideraient à atténuer l’incidence des tarifs douaniers.
  • Tenir compte de toute autre contrainte à laquelle l’entreprise pourrait être confrontée, comme des problèmes de trésorerie, si la situation se prolongeait.

Dans une perspective plus large, la réalisation d’une analyse de modélisation des affaires vous aide à tester la résistance de votre budget ainsi qu’à établir un plan et des prévisions quant aux incidences des tarifs douaniers sur vos activités. Il peut s’agir d’un bon point de départ pour explorer des options de restructuration ainsi que les conséquences potentielles pour les obligations liées au remboursement continu de la dette.

Les entreprises qui pratiquent une approche basée sur les données pour évaluer leur exposition tarifaire tout au long de leur chaîne de valeur acquièrent des connaissances utiles pour développer des stratégies d’atténuation adaptées.

Notre outil exclusif d’évaluation de l’impact des tarifs permet, dans le cadre d’une analyse de scénarios exhaustive, de quantifier avec exactitude l’exposition en dollars aux éventuels changements tarifaires s’appliquant à votre organisation. Il peut mettre au jour les risques et opportunités cachés, donnant ainsi un aperçu clair des coûts potentiels et des stratégies de gestion des risques.

Quantifiez l’incidence des tarifs sur vos activités

Découvrez comment l’outil d’évaluation de l’impact des tarifs de PwC peut vous aider à calculer votre exposition avec précision.

Le prix de transfert joue un rôle important pour les multinationales qui font des opérations intersociétés transfrontalières. Le Canada et les États-Unis ayant des taux d’imposition sur les sociétés similaires, le prix de transfert constitue un outil de planification important pour atténuer l’incidence des tarifs potentiels. En effet, dans la mesure où elle peut modifier les prix de transfert intersociétés, une multinationale peut réaliser des économies importantes sur les tarifs douaniers et limiter les incidences sur son impôt à payer sur le bénéfice global.

De nombreux autres outils de planification basés sur les prix de transfert peuvent être utilisés, notamment :

  • Modification du profil fonctionnel/juridique des entités effectuant les transactions, ce qui permet une modification potentielle des prix de transfert/de la valeur en douane.
  • Dégroupage des opérations : par exemple, il est possible de facturer séparément l’approvisionnement, la logistique et les autres frais habituellement inclus dans le coût des marchandises vendues.
  • Création de nouvelles entités juridiques : par exemple, les entreprises de commerce électronique du Canada vendent souvent des marchandises directement aux clients finaux américains, qui font alors fonction d’importateur officiel. La création d’une entité juridique aux États-Unis qui agirait comme importateur officiel pourrait permettre de planifier les prix de transfert de manière à réduire la valeur en douane globale et les tarifs connexes.

Ce genre de décisions peut s’accompagner de considérations complexes : respect des accords juridiques existants, clauses de résiliation et frais de sortie potentiels, par exemple. Veuillez contacter notre équipe pour plus d’informations.

Les entreprises peuvent explorer diverses opportunités de renforcement de leur situation financière et d’accroissement de leurs flux de trésorerie. Parmi ces mesures, mentionnons les examens du fonds de roulement et l’emploi d’outils permettant de déceler les erreurs financières, les transactions en double et d’autres opportunités de recouvrement de liquidités. De plus, elles doivent envisager l’adoption de stratégies fiscales visant à accroître les flux de trésorerie, comme l’examen des impôts directs, des impôts indirects et des impôts fonciers, pour réduire les coûts fiscaux et se prévaloir des crédits offerts.

L’accélération des plans de rapatriement de liquidités de filiales étrangères est une autre opportunité qui s’offre à certaines entreprises. Enfin, de nouvelles mesures publiques de soutien, comme les dispositions élargies relatives au travail partagé dans le cadre du régime d’assurance-emploi, peuvent les aider à gérer les pressions financières.

Les entreprises peuvent intégrer de nouveaux risques et opportunités dans leurs stratégies d’acquisition. Certaines entreprises pourraient avoir du mal à résister à l’impact des tarifs douaniers américains, ce qui créerait des opportunités pour d’autres entreprises plus solides financièrement, qui pourraient vouloir réaliser des économies d’échelle et améliorer leur compétitivité à l’international. Par ailleurs, certaines sociétés pourraient vouloir acquérir des entreprises qui fabriquent des biens aux États-Unis ou qui sont exploitées dans des pays non visés par les tarifs américains. L’acquisition d’entreprises détenant des actifs intellectuels permettant d’améliorer la compétitivité, de réduire les coûts ou d’augmenter la productivité, pourrait aussi présenter une opportunité. Opérer une intégration verticale pour sécuriser la chaîne d’approvisionnement peut également constituer une stratégie attrayante.

De l’avis général, l’incertitude qui pèse sur le commerce avec les États-Unis persistera pendant un certain temps, en raison non seulement de la situation actuelle, mais aussi d’autres enjeux à l’horizon, comme la révision imminente de l’ACEUM. Du point de vue des politiques publiques, il devient donc impératif d’envisager des mesures visant à augmenter l’investissement au Canada, à diversifier les marchés d’exportation et à réduire les barrières commerciales interprovinciales. Si l’on peut se réjouir du fait qu’il existe probablement de nouveaux marchés d’exportation pour certaines matières premières, on sait que d’autres secteurs feront face à des défis importants.

Les entreprises peuvent s’attendre à ce que la volatilité persiste, ce qui leur rappelle la nécessité de devenir plus résilientes aux chocs et de gérer sans tarder une crise avant qu’il ne soit trop tard. Selon nous, la meilleure réponse aux tarifs douaniers consiste à prendre les mesures nécessaires pour augmenter la productivité et la compétitivité, ce qui renforce l’importance d’investir davantage dans la technologie et la numérisation. Le moment est également propice pour réfléchir aux opportunités que présente la réinvention du modèle d’affaires. Pour un fabricant industriel, il pourrait s’agir d’explorer les opportunités présentant une valeur adjacente en réorientant, par exemple, ses activités pour répondre à la demande croissante dans certains secteurs. Pensons notamment à l’élan renouvelé en faveur de l’augmentation des dépenses de défense du Canada et aux débouchés qui pourraient alors se présenter pour certains fabricants, notamment les producteurs d’acier et d’aluminium, subissant les contrecoups des tarifs américains. D’autres décisions stratégiques pourraient être considérées, comme la relocalisation ou le recentrage des activités, ce qui nécessiterait une planification sérieuse des immobilisations et la prise en compte de facteurs comme les mouvements de taux d’intérêt et de change.

Fait encourageant, les entreprises canadiennes ont récemment montré qu’elles sont résilientes et capables de s’adapter, notamment en modifiant leurs chaînes d’approvisionnement pendant la pandémie; on sait donc qu’elles ont le potentiel de s’ajuster à nouveau.

Les tarifs américains ne sont qu’un reflet des tendances mondiales qui continueront d’affecter les entreprises dans les années à venir. La crise actuelle donne l’occasion aux entreprises de s’informer et d’éviter d’être prises au dépourvu par les nombreuses autres tendances mondiales qui pourraient se transformer en crises. Nos équipes peuvent combiner notre base de données interne sur les tendances géopolitiques et socio-économiques mondiales avec l’intelligence artificielle et l’analyse économique pour vous aider à comprendre l’incidence potentielle de ces tendances sur votre entreprise. Vous serez ainsi en mesure d’adapter votre stratégie afin d’aborder les risques et opportunités que ces tendances apporteront à votre entreprise.

Comment les tendances mondiales redéfiniront-elles votre entreprise?

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La suite

15. Que doivent surveiller les entreprises dans la période à venir?

Comme nous l’avons mentionné plus tôt, on s’attend à ce que l’incertitude persiste, même si les tarifs ne sont pas imposés. Les entreprises doivent se tenir au fait de l’évolution de la situation afin de pouvoir continuer à se préparer à différents scénarios et à établir des plans de contingence. Il faut retenir la date du 1er avril 2025, puisque c’est à cette date que le président Trump recevra les conclusions de la vaste étude sur le commerce qu’il a commandée le jour de son assermentation. Le lendemain, les États-Unis prévoient imposer de nouveaux tarifs ciblés visant à pousser certains pays à réduire leurs propres tarifs et barrières non tarifaires.

La révision conjointe de l’ACEUM doit quant à elle commencer en juillet 2026.

Questions pour les dirigeants d’entreprises et les administrateurs

À l’heure où nous composons, ensemble, avec ces incertitudes, il est utile de réfléchir à plusieurs questions fondamentales. Lors de l’examen de vos mesures d’atténuation à court terme, posez-vous les questions suivantes :

  • Quelle planification de scénario avez-vous réalisée en matière d’impact des tarifs douaniers?
  • Comment évaluez-vous et quantifiez-vous l’incidence financière des tarifs douaniers sur vos coûts, vos marges et votre rentabilité globale?
  • Avez-vous évalué les incidences financières liées aux fluctuations des taux de change, des taux d’intérêt et de l’inflation?
  • Comment utilisez-vous la technologie ou l’analyse des données pour surveiller les changements liés aux tarifs douaniers et s’adapter en temps réel?
  • Qui est l’importateur officiel pour les biens tangibles importés aux États-Unis à partir du Canada?
  • Quelles stratégies mettez-vous en œuvre pour communiquer et gérer les changements de prix ou les perturbations potentielles vis-à-vis des clients et des parties prenantes?
  • Avez-vous une bonne vue d’ensemble de votre chaîne d’approvisionnement, au-delà des fournisseurs de première ligne? Connaissez-vous tous les risques et opportunités que présente votre chaîne d’approvisionnement?
  • Qui est le consommateur final dans votre chaîne d’approvisionnement? Quelles sont les solutions de rechange et quel est le degré d’élasticité des prix?
En pensant à vos mesures à long terme, réfléchissez aux questions suivantes :
  • Quelles sont les autres causes possibles, au-delà des tarifs douaniers, qui pourraient avoir une incidence sur votre entreprise, comme le changement climatique, le découplage d’avec la Chine, l’augmentation des budgets de défense, la hausse de l’inflation et la vigueur du dollar américain?
  • Quelles mesures prenez-vous pour diversifier ou adapter votre chaîne d’approvisionnement afin d’atténuer les risques liés aux tarifs douaniers?
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