11 septembre, 2026
Numéro 2026-35F
Le 2 septembre 2026, le Service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis (CBP) a publié un avis préalable de projet de réglementation (ANPRM) sur le renforcement des obligations d’information applicables aux importations. Le CBP sollicite des commentaires sur les mesures proposées visant à accroître la transparence de la chaîne d’approvisionnement des marchandises importées et à détecter les infractions douanières, notamment le transbordement illégal et la double facturation.
L’ANPRM examine si les importateurs américains devraient transmettre ou conserver les documents déposés auprès d’autorités étrangères, tels que les déclarations d’exportation, les factures commerciales, les bordereaux d’expédition, les certificats d’origine, les permis d’exportation et les documents de transport. Il envisage également d’élargir l’identification des parties au sein de la chaîne d’approvisionnement au moyen de numéros d’identification d’entreprise internationale (GBI), de numéros d’identification au niveau des produits, de la présentation anticipée des déclarations et de technologies de traçage. Les parties intéressées sont invitées à présenter leurs commentaires au plus tard le 1er décembre 2026 (c.-à-d. 90 jours après la publication dans le Federal Register).
Les propositions présentées dans l’ANPRM indiquent que les importateurs américains pourraient devoir obtenir davantage de documents d’exportation étrangers, identifier d’autres parties à la chaîne d’approvisionnement et utiliser des données de traçabilité accrues. Les entreprises canadiennes qui vendent des marchandises aux États-Unis devraient donc s’attendre à ce que leurs clients et courtiers américains exigent plus tôt des informations plus complètes et plus cohérentes sur les expéditions. Les répercussions éventuelles varieront selon le rôle de l’entreprise dans l’opération, ses incoterms, l’entente relative à l’importateur officiel et les données demandées par son client ou son courtier américain.
Les exigences supplémentaires relatives aux documents d’exportation étrangers fourniront au CBP les informations nécessaires pour comparer les données commerciales et logistiques canadiennes aux données des déclarations en douane américaines, ce qui pourrait révéler des écarts inexpliqués quant à la valeur, au classement tarifaire, à la quantité, à l’origine ou à l’identité des parties. Ces écarts pourraient donner lieu à des demandes d’information du CBP concernant les retards de dédouanement, les ajustements de valeur ou de classement, les droits supplémentaires, les pénalités, les préoccupations liées à la tenue des dossiers et une surveillance accrue des expéditions futures ou du statut de négociant digne de confiance.
Les entreprises canadiennes qui exportent des marchandises aux États-Unis devraient attribuer clairement la responsabilité des documents commerciaux et veiller à ce que les dossiers d’expédition complets puissent être récupérés rapidement auprès des équipes internes, des courtiers et des fournisseurs de services logistiques. Elles devraient rapprocher régulièrement les dossiers canadiens avec les déclarations en douane américaines, consigner les écarts et examiner les valeurs en douane, les factures intersociétés et les ajustements de prix de transfert. Les entreprises devraient établir un protocole de réponse aux demandes d’information du CBP et déterminer si des corrections ou des communications sont requises. Elles devraient également examiner les ententes avec des tiers, les responsabilités des entités et les systèmes qui permettent l’accès aux dossiers, la sécurité des données et le traçage de la chaîne d’approvisionnement.
L’ANPRM répond au décret présidentiel 144111, du président américain Trump, qui avait chargé le CBP d’accroître les obligations d’information concernant les numéros d’identification fiscale et d’entreprise étrangers, la chaîne d’approvisionnement et la production, ainsi que les documents transmis aux administrations douanières étrangères. Le CBP examine si les documents d’exportation étrangers devraient être transmis avec les déclarations en douane ou conservés en vue d’une production ultérieure, pendant combien de temps ils devraient être conservés et comment les importateurs devraient rapprocher les écarts et vérifier l’authenticité.
Le CBP examine également les limites du code d’identification du fabricant et la possibilité d’utiliser des GBI, notamment le Data Universal Numbering System, le Global Location Number, le Legal Entity Identifier et l’Altana ID, pour identifier les fabricants, les expéditeurs ou les vendeurs. D’autres questions distinctes soulevées dans l’ANPRM portent sur les données au niveau des produits, l’intelligence artificielle, le traçage de l’origine des matières premières, l’intégration aux systèmes commerciaux américains et l’élargissement éventuel des critères de cybersécurité et d’intégrité des données du programme Customs Trade Partnership Against Terrorism (CTPAT).
Les documents d’exportation étrangers supplémentaires que les importateurs officiels américains pourraient être tenus de transmettre au CBP ne sont généralement accessibles qu’auprès des exportateurs, fabricants, courtiers, transitaires et transporteurs canadiens. Les entreprises canadiennes pourraient donc faire face à des demandes contractuelles visant à fournir rapidement des dossiers d’exportation complets et à attester l’exactitude et l’authenticité des données transmises au CBP. Le CBP pourra ensuite comparer ces données à celles des déclarations en douane américaines, ce qui pourrait révéler des écarts inexpliqués et donner lieu à des demandes d’information du CBP. Si le CBP adopte des exigences fondées sur le risque ou la technologie, leur mise en œuvre pourrait être plus exigeante pour les entreprises ayant des chaînes d’approvisionnement complexes, des marchandises contrôlées ou à double usage, des canaux de vente en ligne ou des activités liées au CTPAT.
Voici quelques raisons courantes pouvant donner lieu à des demandes d’information du CBP :
Aux fins de l’évaluation en douane, la comparaison des factures commerciales canadiennes et des dossiers connexes relatifs aux opérations avec les données des déclarations en douane américaines pourrait faire ressortir des écarts légitimes entre les montants facturés et la valeur transactionnelle américaine; ces écarts devraient être documentés et faire l’objet d’un rapprochement. Les importateurs liés devraient également confirmer que les prix intersociétés satisfont aux critères distincts d’évaluation en douane des États-Unis – et non seulement aux normes relatives à l’impôt sur le revenu et aux prix de transfert – et que les valeurs en douane, les ajustements postérieurs à l’importation et les coûts fiscaux des stocks aux États-Unis sont coordonnés; cela est particulièrement important si l’article 1059A de l’Internal Revenue Code (IRC) des États-Unis (limitation du coût fiscal ou du coût des stocks d’un contribuable à l’égard de biens importés de personnes liées) s’applique.
Les entreprises canadiennes qui exportent des marchandises aux États-Unis devraient :
Les entreprises canadiennes devraient envisager de présenter des commentaires sur l’ANPRM directement (ou par l’intermédiaire d’une association sectorielle) au plus tard le 1er décembre 2026. Les commentaires devraient porter sur les délais nécessaires pour obtenir les documents d’exportation, les coûts de conformité et les répercussions sur les petites entreprises. Le CBP a indiqué qu’il tiendra compte des commentaires reçus sur l’ANPRM lorsqu’il rédigera ultérieurement un avis de projet de réglementation. Néanmoins, les entreprises canadiennes qui exportent des marchandises aux États-Unis devraient se préparer à passer de la simple conservation des documents à la démonstration de l’intégrité et de la cohérence des données tout au long du cycle de vie de l’expédition. Un examen ciblé de l’état de préparation peut permettre de repérer les lacunes concernant l’accès aux documents, l’harmonisation des données transfrontalières et les contrats avec des tiers avant que les clients américains n’intègrent de nouvelles exigences d’information à leurs chaînes d’approvisionnement.
Nous pouvons aider les entreprises à dresser la liste des données commerciales et logistiques à l’appui des expéditions à destination des États-Unis, à examiner les contrats avec les courtiers et les clients, et à concevoir des processus pratiques de rapprochement de ces données avec les déclarations en douane américaines.
1 Pour de plus amples renseignements sur le décret présidentiel 14411, voir notre Point de vue fiscal « Décret présidentiel américain sur le renforcement de l’application des mesures douanières : incidences pour les entreprises canadiennes ».
Associée, Services fiscaux – Douanes et commerce international, PwC Canada