L’évolution de la nature du travail au sein des entreprises de services publics au Canada

Préparer la main-d’œuvre des entreprises de services publics à participer au monde numérique

Un nouveau monde du travail

Les emplois évoluent rapidement, et chaque secteur d’activité ressent l’impact des technologies et de leur effet sur l’avenir du travail. L’expérience est particulièrement difficile dans le secteur de l’électricité, qui vit une transition majeure causée par la décentralisation, la décarbonisation et la numérisation. Tandis que l’innovation peut offrir des possibilités formidables aux entreprises de services publics canadiennes, elle apporte également son lot de défis relatifs au perfectionnement des effectifs pouvant s’adapter à un environnement en évolution rapide.

Les progrès de la technologie vont modifier la taille et la composition de la main-d’œuvre dans le secteur, et il est donc important de s’assurer d’être bien préparé. En partenariat avec l’organisme Ressources humaines, industrie électrique du Canada (RHIEC), nous avons entrepris une étude visant à comprendre comment le secteur de l’électricité au Canada se prépare à participer au monde numérique. 

Des attentes qui évoluent, des emplois qui se transforment

Le marché et les modèles d’affaires du secteur évoluent à mesure que les prix de l’énergie solaire, du stockage dans des batteries, de l’énergie éolienne, des véhicules électriques, des bâtiments intelligents et d’autres technologies deviennent plus compétitifs. De plus, l’attitude des consommateurs se modifie et accélère le rythme des changements dans le secteur de l’électricité. Les entreprises de services publics qui comprennent bien les besoins de leurs clients et qui offrent une excellente expérience à tous les points de contact sont celles qui se démarqueront sur le marché.

Dans le cadre d’un sondage effectué récemment par l’organisme RHIEC auprès de 140 participants du secteur, les répondants ont évalué la façon dont les rôles vont changer, ce qui a permis d’obtenir des perspectives sur la manière dont les emplois existants pourraient se transformer et de nouveaux emplois pourraient apparaître, ainsi que sur la façon de former le personnel dont les entreprises auront besoin : 

Ingénieurs

on s’attend à des transformations et à de nouveaux types d’emploi. En fait, 87 % des répondants estiment que les emplois en ingénierie seront modifiés par les technologies émergentes, et un grand nombre d’entre eux (44 %) s’attendent à ce que ces emplois subissent des perturbations ou des transformations.

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Énergies renouvelables et TIC

la plupart des intervenants s’entendent pour dire que les nouvelles technologies stimuleront la demande de nouveaux types d’emploi dans le domaine des technologies de l’information et des communications (TIC) (49 %) et des énergies renouvelables (60 %).

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Nouveaux types d’emploi

de nouveaux emplois seront créés, y compris des postes en traitement numérique, en gestion des changements et en conception d’infrastructure. Les deux tiers des répondants estiment que les nouveaux emplois exigeront de solides compétences en traitement numérique, en statistiques et en programmation, plus particulièrement pour des postes d’analystes de données (25 %), de spécialistes de l’intelligence artificielle (16 %), d’experts en cybersécurité et en sécurité des réseaux (13 %) et de spécialistes de la robotique et de l’automatisation (9 %).

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Nouveau monde. Nouvelles compétences.

Le perfectionnement des effectifs est un défi pour les entreprises de services publics, et le rapport indique que la plupart des travailleurs du secteur ont seulement perfectionné leurs compétences numériques « légèrement » ou « quelque peu ». Seulement 18 % des intervenants affirment que les compétences des travailleurs ont été perfectionnées pour des technologies spécifiques du secteur, comme les réseaux électriques intelligents. Même si la spécialisation est importante, les entreprises recherchent aussi des travailleurs offrant la bonne combinaison de compétences.

Les répondants au sondage ont désigné les compétences mixtes comme les plus importantes pour l’avenir du travail dans le secteur. Selon l’analyse des tendances du marché, des attentes des employeurs et des changements technologiques, le rapport a déterminé trois types de compétences dont le secteur a besoin : 

  1. Compétences techniques et numériques spécialisées : tandis que les technologies numériques réduisent le nombre global de travailleurs nécessaires dans certains postes, la demande de compétences spécialisées devrait augmenter. Les capacités techniques et numériques spécialisées comprennent des compétences solides en traitement numérique et analyse des données, ainsi que la capacité « d’identifier, d’analyser, de développer, de soutenir, d’utiliser et de compléter les technologies numériques ».
  2. Compétences d’affaires : les capacités personnelles, interpersonnelles et professionnelles aident les gens à interagir efficacement avec leurs collègues et les clients. Elles comprennent les compétences en communication et en présentation, les compétences interpersonnelles telles que le leadership, la gestion et le travail d’équipe, ainsi que les capacités de réflexion, comme la créativité, la résolution de problèmes et la pensée critique.
  3. Compétences mixtes : les employeurs recherchent de plus en plus des personnes qui possèdent une combinaison de compétences et, en particulier, qui peuvent intégrer des compétences numériques et des connaissances techniques traditionnelles.

Préparer les entreprises de services publics au monde numérique

Le rapport a révélé que très peu d’employeurs (seulement 4 %) ont mis en œuvre un programme de perfectionnement permettant de répondre entièrement aux besoins en compétences liées aux changements technologiques, et près d’un tiers ne possèdent aucun programme de formation. Que leur emploi soit supprimé ou transformé par la technologie, les travailleurs auront besoin d’une mise à niveau de leurs compétences pour répondre aux nouvelles exigences. Les entreprises ne peuvent pas se permettre d’envoyer l’ensemble de leur personnel aux études. Les formations devront donc être offertes par l’entremise de programmes soutenus par des partenariats plus solides avec les écoles postsecondaires, les établissements d’enseignement et les milieux de travail.

Parmi les entreprises qui offrent des programmes de formation à leurs employés, moins d’un tiers (28 %) proposent des programmes ciblant les compétences numériques. Près de la moitié des programmes (47 %) mettent l’accent sur le développement des compétences techniques pour des emplois précis, et un peu moins de la moitié offrent des programmes qui visent à améliorer les compétences d’affaires essentielles. La plupart des entreprises (66 %) offrent des programmes de formation qui sont insuffisants pour répondre aux changements technologiques prévus dans leur milieu de travail.

Qui est responsable? Le secteur est partagé.

Le marché du travail restreint au Canada ne fournira peut-être pas aux entreprises la main-d’œuvre compétente dont elles auront besoin, mais les répondants ne s’entendent pas au sujet des responsabilités de l’entreprise en matière de perfectionnement des effectifs. Ils ont tendance à décrire les conséquences de la transformation du secteur en fonction d’un de deux scénarios potentiels :

  • Transformation rapide : les intervenants s’attendent à ce que les changements se produisent vite. Plutôt que d’offrir une nouvelle formation à leurs employés, ils envisagent la transformation de leur personnel au moyen de nouvelles embauches.  Pour répondre aux changements, il faudra donc remplacer la main-d’œuvre par de nouveaux employés en recherchant des travailleurs possédant les compétences requises pour les nouveaux types d’emploi.
  • Transformation progressive: d’autres intervenants s’attendent à ce que les changements arrivent progressivement et estiment que former leurs employés actuels pour qu’ils acquièrent les compétences de l’avenir est non seulement leur responsabilité, mais également la bonne façon d’agir au point de vue des affaires. Le perfectionnement du personnel existant sera une double responsabilité que partageront les employés et les entreprises.

Nous sommes d’avis qu’une transformation progressive est essentielle, car il est difficile de régler le problème par de nouvelles embauches. Les employeurs, les enseignants, les gouvernements et les syndicats ont tous un rôle à jouer pour s’assurer que les travailleurs possèdent les compétences nécessaires pour réussir. À mesure que les technologies émergentes deviendront monnaie courante, les programmes d’études des institutions d’enseignement et des entreprises devront être modifiés en conséquence. Les intervenants du secteur ont tout intérêt à s’efforcer de créer un écosystème d’apprentissage fondé sur des partenariats solides et des objectifs communs.

Passer à l’action

L’implantation rapide du numérique et l’adoption de nouvelles technologies novatrices offriront au secteur de l’électricité un certain nombre de possibilités lui permettant d’améliorer son efficacité et la productivité de sa main-d’œuvre.

1. Établir un plan de gestion et de perfectionnement des effectifs

Déterminer les types d’emploi nécessaires dans l’avenir et définir une stratégie de recrutement. Créer un programme de formation et de perfectionnement des compétences des employés. Les entreprises qui auront établi un programme seront bien placées pour gérer la transformation numérique du secteur.

 

2. Créer un écosystème de formation à l’échelle du secteur

Enseigner des compétences qui sont pertinentes pour le milieu de travail numérique et qui peuvent répondre aux besoins changeants du secteur. Offrir des possibilités d’apprentissage intégré au travail.

3. Mettre l’accent sur le changement et l’innovation

Adopter une culture du changement et intégrer la formation et l’innovation à la culture d’entreprise. Les répondants au sondage ont indiqué que les milieux de travail doivent transformer leur culture et leurs processus pour adopter des approches plus souples, adaptables et axées sur le changement.

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James Strapp

James Strapp

Associé, Énergie et services publics, PwC Canada

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Kathy Parker

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Associée, chef national de conseil, du secteur de l’énergie et des services publics, PwC Canada

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