bcmine

Du potentiel à la production

BC Mine 2025

Les minéraux critiques sont devenus des atouts stratégiques, et la concurrence mondiale s’intensifie. Pour la Colombie-Britannique, la question n’est plus de savoir s’il faut se développer, mais si la province peut transformer cette dynamique en une exécution durable.

La Colombie-Britannique et le Yukon entrent dans une nouvelle phase de développement du secteur minier caractérisée par la capacité à mener à bien des projets rapidement et à grande échelle.

Un changement structurel est en cours. La demande de minéraux critiques n’est plus uniquement dictée par les cycles des matières premières, mais par un réalignement géopolitique des chaînes d’approvisionnement mondiales. Les gouvernements prennent des mesures pour garantir l’accès aux matériaux qui sont essentiels aux systèmes énergétiques, à la défense et à la fabrication de pointe. Dans ce contexte, les projets miniers sont de plus en plus considérés non seulement comme des opportunités économiques, mais aussi comme des atouts stratégiques.

Les politiques publiques deviennent plus favorables, les gouvernements jouant un rôle plus actif en multipliant les financements, les investissements dans les infrastructures et les efforts visant à améliorer l’efficacité des processus d’octroi de permis. La participation des communautés autochtones évolue vers des partenariats plus structurés et économiquement intégrés. Parallèlement, un ensemble de projets, en particulier dans les régions nordiques, progresse vers la phase de mise en valeur, soutenue par un regain d’intérêt des investisseurs et, dans certains cas, par une participation directe du gouvernement.

La Colombie-Britannique est en bonne position, mais elle doit faire face à la concurrence. D’autres pays ou territoires, notamment les États-Unis et l’Australie, mènent une politique énergique pour attirer les capitaux et accélérer la mise en œuvre des projets. Les investissements iront vers les régions capables de démontrer à la fois la qualité de leurs ressources et leur capacité d’exécution.

Le temps dont dispose la Colombie-Britannique pour s’imposer comme un fournisseur fiable de minéraux critiques se compte en années, et non en décennies.

Des contraintes importantes subsistent, notamment en ce qui concerne les délais d’octroi des permis, le développement des infrastructures et la coordination des processus d’approbation gouvernementaux entre les différentes compétences. Bien que des réformes soient en cours et que les premiers signes de progrès apparaissent, le système doit démontrer qu’il est capable de faire avancer plusieurs projets de manière prévisible et en temps opportun.

Certains indicateurs sont encourageants. Au Yukon, la convergence des politiques gouvernementales, le partenariat avec les Autochtones et la dynamique au niveau des projets commencent à se traduire par des voies de développement concrètes. La planification des infrastructures s’oriente vers des approches par corridors susceptibles de valoriser de multiples actifs. De nouveaux modèles de financement, notamment des capitaux soutenus par le gouvernement et des accords d’enlèvement stratégiques, contribuent à réduire les risques liés aux investissements en phase de démarrage.

La Colombie-Britannique et le Yukon disposent des ressources, des politiques harmonisées et des partenariats nécessaires pour réussir. Le défi à venir consiste à déterminer si cette harmonisation peut se traduire par une mise en œuvre concertée à l’échelle du système avant que les territoires et pays concurrents ne prennent de l’avance.

Un changement structurel

Du potentiel des ressources au défi de la mise en œuvre

Le principal enjeu minier en Colombie-Britannique et au Yukon ne concerne plus la découverte de ressources, mais la capacité à les mettre en production.

Pendant la majeure partie des deux dernières décennies, le secteur a évolué sous l’influence de forces cycliques : des périodes de prix élevés des matières premières suivies de replis. Cette dynamique est désormais rattrapée, voire dans certains cas dépassée, par un changement plus structurel. Les minéraux critiques sont passés de la périphérie de la politique industrielle à son centre, entraînés par la nécessité de sécuriser les chaînes d’approvisionnement pour les technologies de transition énergétique, les systèmes de défense et les infrastructures numériques.

La demande pour certaines matières premières n’est plus uniquement influencée par les prix. Elle repose de plus en plus sur des considérations stratégiques à long terme, notamment l’émergence de mécanismes de soutien des prix et une demande appuyée par les gouvernements. En vertu de la Loi sur la production de défense des États-Unis, par exemple, certains minéraux tels que le graphite et le scandium ont été désignés comme priorités en matière de sécurité nationale, et le gouvernement américain a négocié des accords avec des producteurs américains afin de soutenir le marché.

Il en résulte un environnement d’investissement plus durable, qui pourrait être moins exposé aux cycles traditionnels d’expansion et de ralentissement. En effet, la production minière de la Colombie-Britannique a considérablement évolué au cours des deux dernières années seulement. Le charbon métallurgique, qui représentait plus de 60 % des recettes tirées des matières premières en 2023, en représentait moins de la moitié (41 %) en 2025. Au cours de la même période, la part du cuivre dans les recettes totales est passée de 19 % à 24 %.  

« L’économie minière est en pleine mutation. Pour les minéraux critiques en particulier, la demande n’est plus uniquement influencée par les prix. Elle est désormais façonnée par la sécurité de l’approvisionnement et la politique industrielle. »

—Mark Patterson, leader, Services au secteur minier – C.-B., PwC Canada

Les chaînes d’approvisionnement, autrefois optimisées pour l’efficacité, sont désormais reconfigurées pour gagner en résilience. Les tensions commerciales, les restrictions à l’exportation et la concentration des capacités de transformation dans un petit nombre de pays et territoires ont contraint les gouvernements à réexaminer leur exposition. Par exemple, le gouvernement américain envisage de financer de nouvelles méthodes de traitement des minéraux, notamment l’antimoine et le tungstène, tout en remplaçant l’approvisionnement en provenance de Chine et de Russie par des sources alliées ou américaines. Dans ce nouveau contexte, l’exploitation des ressources nationales est devenue une question de sécurité nationale et économique, plutôt qu’un simple objectif économique.

« Nous assistons à un changement fondamental : les chaînes d’approvisionnement optimisées pour l’efficacité cèdent la place à des chaînes conçues pour la résilience, ce qui oblige les gouvernements à réfléchir beaucoup plus sérieusement à leur exposition. »

—Gemma Stanton-Hagan, directrice principale, Analyse économique et politique, PwC Canada

Ces tendances commencent à se traduire par un soutien concret au secteur. Partout au Canada, les gouvernements mettent en place des politiques visant à accélérer le développement des projets, allant de programmes de financement ciblés à des efforts précoces pour améliorer la rapidité et la régularité des autorisations. Parmi celles-ci figurent le Fonds souverain pour les minéraux critiques de 2 G$, le Fonds du premier et du dernier kilomètre de 1,5 G$ et le Fonds pour l’infrastructure des minéraux critiques. Si les délais d’octroi des permis restent une source de préoccupation, les gouvernements agissent pour améliorer la prévisibilité et la coordination sur un marché mondial de plus en plus concurrentiel.

Parallèlement, les fondements du développement se renforcent. Les communautés autochtones sont de plus en plus économiquement intégrées à l’élaboration des projets. Après des années de progrès limités, un certain nombre de projets en Colombie-Britannique et au Yukon se rapprochent de la phase de construction, signe d’une filière en voie de maturation.

Dans l’ensemble, ces développements indiquent que le secteur se trouve à un tournant. L’opportunité est désormais bien établie. La question déterminante pour la prochaine phase est de savoir si cet alignement des marchés, des politiques et des partenariats pourra se traduire par une mise en œuvre cohérente et opportune. 

Revue de l’année

16,4 G$

16,4 milliards de dollars de revenus nets pour les participants au sondage en 2025, en hausse de 14 % par rapport à 2024.

La croissance a été portée par la solide performance des projets aurifères et cuprifères, soutenue par une hausse marquée du prix de l’or en 2025 et un net raffermissement des prix du cuivre au second semestre. Cette progression a plus que compensé la baisse des revenus du charbon, qui représentent désormais moins de 50 % des revenus totaux (contre 51 % en 2024).

Les revenus aurifères des participants au sondage ont progressé de 1,7 milliard de dollars de 2024 à 2025. Les revenus aurifères des mines de la Colombie-Britannique ont nettement progressé en 2025, sous l’effet de la hausse des prix de l’or, qui a soutenu les revenus malgré une production stable. La montée en régime de la mine Blackwater a également contribué à cette croissance, entraînant une hausse plus globale des revenus aurifères dans la province.

Les revenus du cuivre des participants au sondage ont augmenté de 20 % de 2024 à 2025, en raison d’une hausse de 14 % des prix réalisés et d’une augmentation de 6 % des volumes vendus. La hausse des prix du cuivre en 2025 par rapport à 2024 (environ 12 578$ CA la tonne contre 11 061 $ CA la tonne) s’est traduite par une augmentation directe des revenus pour les producteurs de la Colombie-Britannique, malgré des volumes de production relativement stables dans les exploitations en activité. Les prix ont suivi une tendance à la hausse en 2025, soutenue par des perturbations de l’offre à l’échelle mondiale et une forte demande (notamment liée à l’électrification et à la transition énergétique).

Les sociétés d’exploration de la Colombie-Britannique ont engagé 104 millions de dollars en dépenses d’exploration et d’évaluation en 2025. Selon les résultats du sondage, l’activité d’exploration en Colombie-Britannique s’est accélérée, les dépenses atteignant 104 millions de dollars en 2025 (+2 % sur un an), ce qui témoigne d’investissements continus en début de cycle.

Les minéraux critiques ont généré 5 milliards de dollars de revenus en 2025, soit 32 % des revenus totaux de la Colombie-Britannique. Les revenus des minéraux critiques des participants au sondage ont progressé de 13 % en 2025 comparativement à 2024. Ces minéraux (cuivre, zinc et molybdène) s’inscrivent dans la Stratégie canadienne sur les minéraux critiques de Ressources naturelles Canada.

Les investissements en immobilisations des mines en exploitation ont augmenté de 3 % d’une année à l’autre, passant de 3,7 milliards de dollars en 2024 à 3.8 milliards de dollars en 2025. Les mines en exploitation de la Colombie-Britannique continuent d’investir massivement pour soutenir et développer davantage leurs activités minières.

654 millions de dollars investis dans des projets de développement et d’évaluation à un stade avancé en 2025. Trois projets miniers en Colombie-Britannique progressent de façon constante à travers les phases de développement et se rapprochent de la production.

Les revenus du charbon métallurgique ont reculé, passant de 7,4 milliards de dollars en 2024 à 6,7 milliards de dollars en 2025. Les prix réalisés du charbon ont reculé de 14%, ce qui a été partiellement compensé par une hausse de 6 % des volumes vendus.

Revenus par matière première, en % 

Emplois directs : nombre d’employés de l’industrie minière

14 549 employés travaillent directement sur des sites miniers, selon les données des exploitants de la Colombie-Britannique.

Prix moyens du marché et prévisions

 

Unit

2026(1)

2025

2024

Charbon ($ US/tonne)

Tonne

217

189

243

Or ($ US/oz) oz. 4 836 3 445 2 390

Cuivre ($ US/lb)

lb.

5,68

4,51

4,15

Argent ($ US/oz)

oz.

76

40

28

Molybdène ($ US/lb)  lb. 24,4 22,1 21,3

Zinc ($ US/lb)

lb. 1,4

1,3

1,26

¹  Prévisions consensuelles 2026 de Bloomberg et Consensus Economics, Inc., au 30 avril 2026, en $ US

Moyenne annuelle nominale.

Sommaire financier sur 5 ans

Type

2025

2024

2023

2022

2021

Revenus miniers nets (1)

16 411

14 374

14 494

16 551

12 351

Bénéfice net (avant impôt)

4 597

3 331

3 004

5 466

4 203
Bénéfice net en % des revenus (après impôt) 27 % 23 % 21 % 33 % 34 %

Flux de trésorerie d’exploitation

5 564

5 796

5 738

8 195

5 165

1 Les revenus miniers nets sont comptabilisés après déduction des coûts de fusion et de raffinage et des frais de transport et de commercialisation.

Sous les projecteurs : Michael Goehring, PDG de la Mining Association of BC

Des obstacles à l’efficacité

Transformer un système complexe en avantage concurrentiel

Depuis des années, le secteur minier de la Colombie-Britannique et du Yukon est confronté au défi de faire avancer ses projets au sein d’un système d’octroi de permis, de coordination et de surveillance réglementaire historiquement complexe et chronophage.

L’urgence accrue de maîtriser l’approvisionnement en minéraux critiques, conjuguée à une forte demande mondiale en métaux précieux, exerce une pression renouvelée sur toutes les parties pour qu’elles améliorent l’exécution des projets. L’efficacité des procédures d’autorisation figure désormais parmi les priorités nationales. Cette évolution s’explique par la prise de conscience croissante que la compétitivité du Canada ne repose pas seulement sur ses ressources naturelles, mais aussi sur sa capacité à les exploiter de manière efficace et prévisible. Les gouvernements subissent une pression croissante pour démontrer que les projets peuvent passer de l’autorisation à la construction sans retards inutiles.

Tant au niveau fédéral que provincial, des efforts sont en cours pour améliorer la coordination entre les agences et réduire les chevauchements dans le processus d’examen. Cette année, par exemple, Ressources naturelles Canada a lancé le Navigateur de permis miniers, un outil en ligne destiné à rationaliser le processus réglementaire fédéral.

En janvier, Ottawa a donné son feu vert à une mine d’or et d’argent à ciel ouvert proposée par Skeena Resources Limited, en s’appuyant sur une évaluation d’impact de substitution réalisée par le gouvernement de la Colombie-Britannique en collaboration avec la nation Tahltan. Le gouvernement fédéral a qualifié cette décision de « jalon majeur » dans son accord de 2019 avec la province visant à coordonner l’octroi des permis pour les projets liés aux minéraux critiques.

La désignation de certains projets comme étant prioritaires commence également à clarifier les parcours au sein du système. Le nouveau Bureau des grands projets du gouvernement fédéral, par exemple, contribue à accélérer les projets d’intérêt national en Colombie-Britannique. Ceux-ci comprennent l’expansion de la mine Red Chris, de la phase 2 de LNG Canada, du terminal de GNL Ksi et de la ligne de transport d’électricité de la côte nord. Par ailleurs, au Yukon, des réformes du régime d’évaluation environnementale sont activement envisagées, l’accent étant mis sur les délais, la clarté du processus et une utilisation plus efficace de l’information. Ces mesures représentent une amélioration significative pour les exploitants.  

« Il ne s’agit pas seulement de la durée, mais aussi de l’absence de certitude. Si l’on sait dès le départ combien de temps prendra l’obtention d’un permis, on peut planifier en conséquence. »

—Jonas Smith, directeur général, Yukon Chamber of Mines

Au Yukon, on s’intéresse de plus en plus à la capacité du système à faire avancer plusieurs projets de manière concertée, plutôt qu’un à la fois. Ce changement reflète une prise de conscience plus large selon laquelle des améliorations progressives ne suffisent plus. Sur un marché mondial caractérisé par la mobilité des capitaux, les pays sont de plus en plus jugés sur leur capacité à livrer à grande échelle. Des initiatives telles que le Bureau des grands projets du gouvernement fédéral visent à signaler aux investisseurs internationaux que l’industrie nationale bénéficie du soutien nécessaire à sa réussite.

Les attentes augmentent, mais les progrès restent inégaux. Pour la première fois depuis des années, le système d’octroi de permis et d’autorisations fait non seulement l’objet d’un examen minutieux, mais est aussi activement rationalisé et amélioré. Le résultat déterminera si la Colombie-Britannique et le Yukon pourront transformer ces conditions favorables en un développement durable. 

De la consultation au co-développement

Pourquoi les partenariats avec les Autochtones deviennent le fondement du succès minier en Colombie-Britannique

Au cours de la dernière décennie, le rôle des communautés autochtones dans le secteur minier de la Colombie-Britannique a connu une transformation profonde. Ce qui n’était autrefois que des relations essentiellement transactionnelles, axées sur la consultation et l’atténuation des impacts, évolue aujourd’hui vers des partenariats économiques à long terme fondés sur des valeurs communes et des intérêts mutuels.

Ce changement va au-delà d’une simple question de politique. Il reflète une transformation structurelle plus profonde de la manière dont les projets sont élaborés et des conditions nécessaires à leur mise en œuvre.

Cette évolution repose sur la reconnaissance du fait que les communautés autochtones sont des titulaires de droits, dotés d’une autorité protégée par la Constitution sur leurs territoires traditionnels. Cette réalité a été renforcée par des décennies de décisions judiciaires et, plus récemment, par un changement plus large dans la mentalité des entreprises. Les sociétés minières comprennent de plus en plus que les approches conflictuelles entraînent des risques, des retards et des coûts, tandis que les partenariats réduisent l’incertitude et améliorent les résultats tout au long du cycle de vie d’un projet.

Les accords antérieurs étaient souvent axés sur l’emploi et offraient des opportunités limitées en matière d’approvisionnement. Dans le nouveau modèle opérationnel d’aujourd’hui, les accords prévoient fréquemment un partage significatif des revenus, une participation élargie aux marchés publics et une prise de participation au capital. Un exemple récent en est l’accord conclu entre Skeena Gold + Silver et la nation Tahltan concernant le projet aurifère et argentifère d’Eskay Creek. Un meilleur accès au financement – grâce à des garanties de prêt, à l’inclusion d’institutions financières autochtones et à des partenariats avec de grandes banques – a facilité la participation au capital, accélérant ainsi cette tendance.

Pour réussir à long terme, ces accords doivent générer des avantages mutuels durables. Dans la pratique, cela signifie que les projets doivent produire des résultats économiques tangibles pour les communautés autochtones tout en offrant aux entreprises la certitude nécessaire pour investir. Lorsque cet équilibre est atteint, la confiance s’installe et les projets ont plus de chances d’avancer de façon efficiente.

Les avantages s’étendent au-delà de la mine elle-même. Les opportunités en matière d’approvisionnement peuvent soutenir la croissance des entreprises détenues par des Autochtones. Les investissements dans les infrastructures, telles que la production d’électricité et les transports, peuvent créer des actifs économiques à long terme. Dans certains cas, les groupes autochtones deviennent propriétaires d’infrastructures de soutien, se positionnant non seulement comme partenaires du projet, mais aussi comme acteurs de l’économie régionale au sens large.

On peut citer, à titre d’exemple, la récente demande de propositions de la Colombie-Britannique, dans le cadre de laquelle tous les grands projets de production d’énergie approuvés prévoient une participation des communautés autochtones. Un autre exemple est la coentreprise constituée par la nation Nisga’a, la nation Tahltan et Arrow Transportation Systems Inc. afin de détenir et d’exploiter le terminal de vrac du port de Stewart, un terminal maritime en eau profonde utilisé pour l’acheminement des minéraux de la Colombie-Britannique vers les marchés.

Pour les sociétés minières, la réussite dépend de plus en plus de la capacité à nouer des relations dès le début et à investir dans les moyens nécessaires pour les gérer efficacement. Pour ce faire, il faut développer une compréhension culturelle, consacrer du temps et des ressources à la mobilisation et intégrer une approche axée sur le partenariat dans la stratégie d’affaires fondamentale.

Pour les communautés autochtones, une participation accrue s’accompagne de nouvelles exigences en matière de gouvernance. La négociation et la gestion de grands projets nécessitent des capacités techniques, financières et administratives. Le renforcement de ces capacités est essentiel pour pérenniser les partenariats.

La dynamique entre les sociétés minières et les titulaires de droits est souvent citée comme un facteur contribuant à l’allongement des délais de réalisation des projets. La complexité réglementaire, défi de longue date, est en cause, mais des partenariats solides peuvent accélérer les progrès en réduisant les conflits et en favorisant l’alignement. Là où la confiance existe, les décisions peuvent être prises rapidement.

À l’avenir, la direction à suivre est claire. Les partenariats avec les communautés autochtones ne sont plus une composante du développement des projets, mais en constituent le fondement même. Au cours des cinq à dix prochaines années, la croissance du secteur minier de la Colombie-Britannique dépendra de la solidité de ces relations. Les projets qui concilient opportunités économiques et priorités autochtones iront de l’avant. Ceux qui ne le feront pas auront du mal à prendre de l’ampleur.  

Transformer les infrastructures en catalyseur

D’un frein au projet à un accélérateur à l’échelle du système

Depuis des décennies, l’absence de routes, de réseaux électriques et d’accès aux transports constitue l’un des principaux freins au développement minier dans le nord de la Colombie-Britannique et au Yukon. Les projets ont souvent fait l’objet d’évaluations, mais dans de nombreux cas bloqués en raison du coût de construction d’infrastructures autonomes destinées à desservir un seul site. Mais la situation commence à changer.

Les gouvernements considèrent de plus en plus les infrastructures comme un investissement stratégique plutôt que comme un coût spécifique à un projet. L’accent est désormais mis sur le renforcement des capacités préalablement au développement, grâce à des corridors partagés, des réseaux de transport d’électricité et des liaisons de transport capables de soutenir plusieurs projets au fil du temps.

Cette nouvelle façon de penser est particulièrement perceptible au Yukon. Des propositions telles qu’un raccordement au réseau de la Colombie-Britannique ne sont plus présentées comme une mesure prise au profit d’une seule mine, mais comme un moyen de débloquer le potentiel de toute une région. Les implications sont importantes au niveau des projets. Les sociétés minières planifient leur développement de manière à s’adapter aux ressources disponibles aujourd’hui tout en se positionnant pour une expansion future. Dans la pratique, cela revient souvent à commencer par des opérations à plus petite échelle pouvant fonctionner de manière autonome, tout en concevant leur intégration dans un système régional plus vaste.  

« Il faut planifier en fonction des infrastructures dont on dispose aujourd’hui et concevoir les projets de manière à ce qu’ils puissent évoluer à mesure que ces infrastructures s’améliorent. »

—Ian Gibbs, membre du conseil d’administration et PDG, Fireweed Metals

Cette approche reflète un modèle de développement plus coordonné. Plutôt que de s’attendre à ce que chaque projet supporte l’intégralité des coûts liés aux infrastructures de base, les gouvernements, le secteur et, de plus en plus, les partenaires autochtones se partagent les risques et planifient à l’échelle régionale. Il en résulte une transition – d’investissements isolés vers des systèmes interconnectés – qui devrait rendre un plus grand nombre de projets économiquement viables.

Dans ce contexte, l’infrastructure n’est plus seulement une contrainte. Elle devient le levier essentiel qui détermine si le potentiel des ressources peut se traduire par une production durable et si le développement peut se faire à grande échelle. 

Revoir la structure du capital

Comment les gouvernements redéfinissent le financement minier

Si l’exécution est le principal défi, le capital fait de plus en plus partie de la solution.

Le modèle de financement des projets miniers subit une transformation structurelle, sous l’impulsion des mêmes forces géopolitiques qui redéfinissent la demande. Les gouvernements ne se contentent plus de simplement réglementer le secteur. Ils sont désormais des participants actifs, fournissant des capitaux, réduisant les risques et, dans certains cas, contribuant à façonner l’évolution des marchés.

Il s’agit là d’un changement plus large dans la manière dont les États envisagent le développement des ressources. Les minéraux critiques sont désormais directement rattachés à la sécurité économique et à la stratégie industrielle. Dans ce contexte, les capitaux publics sont mobilisés non seulement pour soutenir des projets individuels, mais aussi pour garantir que les chaînes d’approvisionnement se développent de manière géographiquement coordonnée.

Cette nouvelle approche commence à modifier la dynamique économique dans les premières étapes de développement. Le financement minier traditionnel a souvent peiné à soutenir les projets lors des phases les plus risquées, en particulier lorsque des délais longs et des prix incertains découragent les investissements privés. Mais aujourd’hui, les gouvernements comblent de plus en plus cette lacune grâce à des programmes de financement ciblés, des garanties de prêt et des investissements dans les infrastructures, conçus pour réduire les risques liés aux projets avant que les décisions d’investissement finales ne soient prises.

Cette évolution va au-delà du financement pour toucher la structure même du marché. Les capitaux stratégiques sont appariés à des mécanismes tels que des accords d’enlèvement à long terme et, dans certains cas, à un soutien implicite des prix. Cela offre une plus grande sécurité aux investisseurs et contribue à stabiliser les rendements dans des secteurs de matières premières historiquement volatils. Il en résulte une structure de financement plus complexe mais, potentiellement, plus résiliente.

Les capitaux privés restent essentiels, mais ils sont désormais complétés par une participation de l’État susceptible d’accélérer le développement. Le compromis réside dans le fait que les capitaux deviennent plus sélectifs, car ils sont orientés vers des projets qui s’alignent sur des objectifs politiques plus larges en matière de sécurité, de durabilité et d’approvisionnement national.

Dans un contexte mondial de plus en plus concurrentiel, l’accès au capital ne dépend plus uniquement des conditions du marché. Il est de plus en plus déterminé par l’alignement sur les priorités nationales et par la capacité à mener à bien des projets qui y répondent. 

Pleins feux sur le Yukon

Montée en puissance du Yukon – de l’alignement à l’exécution

Combler le déficit de productivité grâce à la technologie

Un levier de soutien à l’exécution

La technologie influence de plus en plus l’efficacité avec laquelle les projets miniers sont bâtis et exploités. Dans l’ensemble du secteur, des outils numériques et l’intelligence artificielle (IA) sont déployés pour améliorer la productivité, réduire les coûts et optimiser la prise de décision.

Les gains les plus immédiats se manifestent dans les domaines où l’amélioration des données peut se traduire par des gains d’efficacité. Il s’agit notamment de tâches telles que l’utilisation des équipements, la maintenance prédictive et la planification opérationnelle. Par exemple, un agent IA peut surveiller en continu la consommation de carburant et détecter des anomalies susceptibles d’indiquer un problème mécanique. Il peut recouper ces informations avec les registres de maintenance et de planification, puis déclencher des mesures correctives, comme la programmation d’une intervention de maintenance. Le processus ne nécessite pas de nouveaux capteurs ni d’investissements importants. Il s’agit simplement d’orchestrer les données existantes pour fournir rapidement des informations exploitables.  

« Là où nous constatons une réelle avancée, c’est dans l’application des données pour améliorer l’efficacité opérationnelle dans des domaines tels que la maintenance, l’utilisation et la planification. »

—Ashish Agnihotri, associé, Données et IA, PwC Canada

Ces applications ne sont pas nécessairement transformatrices en elles-mêmes, mais elles constituent un apport supplémentaire. Pour un secteur confronté à des pressions sur les coûts, des contraintes de main-d’œuvre et des environnements d’exploitation complexes, des gains de performance progressifs peuvent avoir un impact significatif sur la rentabilité des projets. Des utilisations plus avancées de l’IA émergent également, notamment dans la modélisation de scénarios et l’aide à la décision, où les entreprises utilisent les données pour mieux gérer les risques tout au long du cycle de vie d’un projet.

L’adoption reste toutefois inégale. Les grands exploitants, qui jouissent d’une plus grande envergure et d’un meilleur accès au capital, continuent de montrer la voie dans le déploiement des technologies de pointe. Pour de nombreuses petites entreprises, le défi réside moins dans l’accès aux outils que dans leur intégration, autrement dit dans la mise en place de nouveaux systèmes au sein des activités existantes et dans la garantie de la fiabilité des données sous-jacentes.

Les entreprises peuvent notamment envisager les nouvelles technologies comme un multiplicateur de force. Leur valeur réside dans le fait qu’elles aident les projets déjà viables à progresser plus efficacement, de la planification à la production.  

Le test pour la Colombie-Britannique

De l’alignement à l’accélération

Après des années de faux départs et de potentiel inexploité, la Colombie-Britannique et le Yukon entrent dans une période où les conditions pour le développement minier sont plus favorables qu’elles ne l’ont jamais été au cours des dernières décennies.

Les marchés sont alignés, la demande soutenue en minéraux critiques étant portée par des forces structurelles plutôt que par des cycles à court terme. Les gouvernements s’impliquent davantage, en mobilisant des politiques, des capitaux et des efforts de coordination pour accélérer le développement. Les partenariats avec les communautés autochtones sont mieux établis, offrant ainsi une base plus solide pour la poursuite des projets. Et un nombre croissant d’actifs, en particulier dans les régions nordiques, approche du point de décision.

Le véritable test à venir consistera à déterminer si cet alignement se traduira par des résultats concrets. Malgré tous les progrès accomplis, le défi principal reste le même : la capacité du système à faire avancer les projets de manière cohérente, rapide et évolutive. Il ne suffit plus de faire progresser individuellement les projets à grand renfort de moyens exceptionnels ou en leur accordant un statut prioritaire. La réussite se mesurera à la capacité de mener de front plusieurs projets simultanément, en s’appuyant sur des systèmes d’octroi de permis fiables, des infrastructures favorisant le développement régional et des partenariats durables.

La Colombie-Britannique offre une combinaison de ressources de qualité, de stabilité politique et de proximité avec des marchés alliés que peu de régions peuvent égaler. Mais elle n’a pas l’exclusivité de ces avantages. La concurrence mondiale est forte. Les régions concurrentes agissent rapidement pour attirer les investissements, simplifier les procédures d’autorisation et construire les infrastructures nécessaires pour soutenir le développement.

Le temps dont dispose la Colombie-Britannique pour s’imposer comme un fournisseur fiable de minéraux critiques est limité. Les années à venir détermineront si la province sera capable de transformer ces conditions favorables en une production durable à l’échelle du système. Le résultat façonnera non seulement la trajectoire du secteur minier, mais aussi le rôle du Canada dans la chaîne d’approvisionnement mondiale émergente pour les minéraux critiques.  

Suivre PwC Canada

Contactez-nous

Mark Patterson

Mark Patterson

CPA, CA, leader, Services au secteur minier, C.-B., PwC Canada

Ashish Agnihotri

Ashish Agnihotri

Associé, Données et IA, PwC Canada

Tél. : 604-309-5882

Monica Banting

Monica Banting

Leader nationale, Services au secteur minier, PwC Canada

Tél. : +1 416 941-8233

Melanie Matthews

Melanie Matthews

Associée, Certification, PwC Canada

Gemma Stanton-Hagan

Gemma Stanton-Hagan

Directrice principale, Analyse économique et politique, PwC Canada

Khoi Mai

Khoi Mai

Leader, Marchés autochtones, PwC Canada

Masquer