Des progrès sont réalisés dans le secteur minier de la Colombie-Britannique.

Maintenir ou renforcer le momentum?

  • 26 mai 2026

Par Michael Goehring, président et chef de la direction, Mining Association of British Columbia

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Au cours des dernières années, les minéraux critiques ont quitté la sphère de la politique générale pour occuper le devant de la scène de l’économie mondiale et de la sécurité nationale. Ils sont désormais reconnus comme essentiels à notre souveraineté et à notre prospérité à long terme. La question qui se pose à la Colombie-Britannique est de savoir comment nous allons garantir que les projets sont menés à bien de manière prévisible et transparente, et dans les délais.

Des signes encourageants sont visibles. Le gouvernement de la Colombie-Britannique a commencé à accélérer l’avancement des projets dans le processus d’octroi de permis. Cinq projets miniers ont été approuvés au cours des 12 derniers mois, dont trois sont actuellement en construction. L’inertie qui régnait autrefois a fait place au momentum.

Ce changement de politique est le bienvenu, car il envoie un signal positif aux investisseurs internationaux, leur indiquant que la Colombie-Britannique cherche à devenir plus concurrentielle et à attirer des capitaux.

Cependant, le momentum ne suffit pas à lui seul. La prochaine étape déterminera si ces progrès se maintiendront à l’avenir. Il sera essentiel de faire en sorte que les changements apportés au processus d’octroi de permis deviennent systémiques et durables et se traduisent par un avantage concurrentiel pour la Colombie-Britannique. Pour ce faire, le processus doit évoluer de l’attribution ponctuelle de permis à un système capable de fournir régulièrement des résultats rapides et prévisibles pour tous les projets, et pas seulement pour ceux désignés comme prioritaires.

L’octroi des permis devrait servir de levier pour faire de la Colombie-Britannique une destination de choix pour les investissements. La mobilité des capitaux et la concurrence entre les projets dans différentes régions amènent les investisseurs à placer leurs capitaux là où ils peuvent obtenir les rendements les plus sûrs et les plus rapides. Si la Colombie-Britannique peut offrir à la fois une certitude réglementaire et de la rapidité, elle attirera les investissements nécessaires pour développer et soutenir le secteur à long terme.

Les gouvernements semblent l’avoir compris si l’on en croit les premières indications. Au niveau fédéral, de nouvelles initiatives commencent à harmoniser les processus d’évaluation environnementale et à réduire les chevauchements. Les accords de substitution, qui coordonnent les examens fédéraux et provinciaux, montrent comment les autorisations peuvent être délivrées de façon plus efficiente. Au niveau provincial, les engagements visant à accélérer l’octroi des permis et à donner la priorité au développement des minéraux critiques commencent à porter leurs fruits.

Au-delà de l’octroi de permis, les décisions en matière d’infrastructures commencent également à s’aligner sur les besoins du secteur minier. Des investissements stratégiques tels que la ligne de transport d’électricité de la côte nord ont le potentiel de débloquer des régions entières, permettant ainsi à de multiples projets d’avancer simultanément plutôt qu’à une cadence d’un à la fois. Ce type d’investissement dans les infrastructures est essentiel si la Colombie-Britannique veut tirer pleinement parti de son importante base minérale.

La politique budgétaire doit aussi aller dans le même sens. Dans la course aux investissements miniers, les coûts sont essentiels, en particulier aux premières étapes du développement d’un projet, lorsque les entreprises consacrent des sommes importantes à des travaux techniques et à des études de faisabilité sans générer de flux de trésorerie. Appliquer la taxe de vente provinciale à ces intrants augmente les coûts précisément au moment où les projets sont les plus vulnérables. D’autres provinces, dont l’Ontario, accordent des remboursements ou des exonérations pour ces activités. Si la Colombie-Britannique souhaite attirer davantage d’investissements et faire passer les projets à la phase de construction, sa politique fiscale doit soutenir cet objectif. Imposer des coûts supplémentaires à un secteur de croissance est contre-productif. 

Le gouvernement doit également se pencher sur les implications de la décision Gitxaala rendue par la Cour d’appel de la Colombie-Britannique. La réconciliation économique est une valeur fondamentale de l’industrie minière de la Colombie-Britannique. Le secteur minier de la province travaille en partenariat avec les Premières Nations depuis des décennies et continuera de le faire. Le gouvernement provincial doit rétablir la certitude et la clarté afin de soutenir le développement et l’investissement dans l’industrie minière de la Colombie-Britannique et dans d’autres secteurs liés aux ressources.

On ne saurait trop insister sur l’urgence de la situation. La concurrence mondiale pour les capitaux d’investissement est féroce. Les États-Unis, par exemple, prennent des mesures énergiques pour dynamiser leur propre industrie minière grâce à des réformes politiques et réglementaires. D’autres régions minières, y compris au Canada, cherchent également à développer leurs secteurs des minéraux critiques. Les capitaux réagissent rapidement à ces changements.

Les opportunités en Colombie-Britannique sont considérables. Mais la province ne peut pas partir du principe que les investissements afflueront simplement parce qu’elle dispose d’importantes ressources minérales.

L’industrie minière et le secteur des minéraux critiques de la province représentent des dizaines de milliards de dollars d’investissements potentiels, ainsi que des retombées économiques et des avantages en matière d’emploi considérables. Dans de nombreuses régions, en particulier dans le nord, l’exploitation minière joue un rôle clé dans le soutien aux communautés et peut contribuer à compenser les fermetures continues d’usines de transformation dans le secteur forestier de la Colombie-Britannique. Vingt-deux pour cent de tous les emplois liés à l’exploitation minière dans la province se concentrent dans la région métropolitaine de Vancouver et sur l’île de Vancouver – où il n’y a pourtant pas de mines –, car c’est là où les entreprises ont établi leur siège social et leurs fonctions administratives, et où se trouve une chaîne d’approvisionnement minière importante.

Cependant, cette opportunité est soumise à des contraintes de temps. Les investisseurs internationaux accordent autant d’importance aux actes qu’aux paroles des gouvernements. Nous sommes à un tournant, et il est essentiel de continuer à progresser en matière d’octroi de permis, d’infrastructures et d’autres domaines politiques importants pour renforcer la confiance. La poursuite de ces efforts démontrera que la Colombie-Britannique est déterminée à maintenir le momentum dans le secteur minier.

Bien qu’il reste encore du travail à faire, l’année écoulée a montré que le changement est en marche. La tâche consiste maintenant à intégrer les changements et à les appliquer de manière cohérente à chaque projet. Si la Colombie-Britannique y parvient, cela contribuera à consolider le rôle du Canada en tant que fournisseur fiable et responsable des minéraux critiques, des métaux précieux et du charbon sidérurgique dont le Canada et ses alliés ont besoin.

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