« J’ai retrouvé ma communauté » – Mel nous explique comment elle a découvert sa culture et en quoi cela l’a motivée à s’engager dans les communautés autochtones

27 septembre, 2022

Je me considère comme une « survivante intergénérationnelle » des pensionnats autochtones, et je souffre donc d’un traumatisme intergénérationnel. Si vous n’êtes pas familier avec le terme, cela signifie que le traumatisme est passé d’une génération à l’autre. Je crois que mes parents en ont également souffert. De nombreux Autochtones sont des survivants de première, deuxième et troisième génération du système de pensionnats autochtones. Ma mère biologique était toxicomane et a subi toutes sortes d’abus, et mon père biologique a quitté ma mère avant ma naissance.

Lorsque j’avais quatre ans, ma petite sœur et moi avons été placées dans une famille d’accueil, où nous avons subi des abus. Nous sommes passées de famille en famille, prises dans un système qui était censé nous protéger. Voici une statistique étonnante : plus de 50 % des enfants en famille d’accueil sont autochtones. Un jour, ma sœur et moi avons enfin trouvé nos anges gardiens, qui ont fini par nous adopter. Je suis infiniment reconnaissante envers mes parents adoptifs : je crois sincèrement qu’ils nous ont sauvé la vie.

Mel, Consulting Project Manager

Je n’ai toutefois été initiée à la culture autochtone qu’après mon déménagement à Toronto, durant un pow-wow, un rassemblement sacré de plusieurs générations d’Autochtones qui se retrouvent pour danser, chanter et honorer les traditions de nos ancêtres. J’ai tout de suite ressenti un immense sentiment d’appartenance. J’avais retrouvé ma communauté.

À partir de ce moment, j’ai fait tout mon possible pour m’engager dans la communauté et en apprendre plus sur la culture et les traditions autochtones. Par exemple, j’ai fait du bénévolat pour l’Initiative sur le diabète chez les Autochtones du sud de l’Ontario, qui rend visite à des communautés autochtones pour leur parler de diabète et faire bouger les gens grâce au break dancing. Chez PwC Canada, je suis membre du réseau d’inclusion des Autochtones. Ça m’a donné la formidable occasion de rencontrer d’autres Autochtones et des alliés. C’est avec passion que je participe au parcours de PwC Canada vers la réconciliation et que je contribue aux initiatives du cabinet en faisant partie du réseau d’inclusion des Autochtones. Que ce soient les activités du Mois de l’histoire autochtone ou le lancement de la formation obligatoire pour tous « Les 4 Saisons de la réconciliation », je suis fière d’avoir participé à ces moments déterminants pour le cabinet et de contribuer à favoriser une culture d’appartenance et de confiance. En plus, cela me permet de surmonter mon traumatisme intergénérationnel, et c’est une façon pour moi d’être en phase avec ma culture.

Je suis chez PwC Canada depuis 14 ans. J’adore ce que je fais, et je me suis toujours sentie soutenue lorsque je voulais relever de nouveaux défis. Mais ce que j’aime par-dessus tout, ce sont les gens. Ils m’inspirent au quotidien et me poussent à toujours faire mieux et à être une meilleure personne. C’est fou tout ce qu’on peut accomplir lorsqu’on vise le même objectif, celui de faire en sorte que tout le monde se sente en sécurité et valorisé!

Dans le cadre de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation de cette année, je vous encourage à poursuivre votre cheminement vers la vérité et la réconciliation. Apprenez-en plus sur les communautés autochtones qui vous entourent, ou appuyez les entreprises autochtones de votre région. Informez-vous sur les atrocités dont ont été victimes les peuples autochtones au Canada et les problèmes auxquels ils font encore face aujourd’hui. C’est important de réfléchir aux actions passées et de ne pas oublier pour un avenir meilleur.

Mel est gestionnaire de projet au sein du groupe Conseils et membre du réseau d’inclusion des Autochtones. Elle habite en Colombie-Britannique, sur le territoire ancestral non cédé des Peuples Salish de la Côte, notamment les territoires des nations kʷikʷəƛ̓əm (Kwikwetlem), xʷməθkʷəy̓əm (Musqueam), Skwxwú7mesh (Squamish), et səl̓ílwətaʔɬ/Selilwitulh (Tsleil-Waututh).