20 septembre, 2023
Des modifications apportées à la Companies Act (Nova Scotia) (NSCA), qui sont entrées en vigueur le 1er avril 2023, exigent que les sociétés de la Nouvelle-Écosse régies par la NSCA tiennent un registre des particuliers qui exercent un « contrôle important » sur la société. Ces modifications, d’abord introduites le 25 février 2020, sont semblables à celles qui ont été adoptées au fédéral dans la Loi canadienne sur les sociétés par actions (LCSA) et dans des lois provinciales de la Colombie‑Britannique, du Manitoba, du Nouveau-Brunswick, de Terre-Neuve-et-Labrador, de l’Ontario, de l’Île-du-Prince-Édouard et de la Saskatchewan. Les nouvelles exigences relatives au registre pourraient poser certains problèmes de conformité aux sociétés de la Nouvelle-Écosse qui font partie de structures multinationales complexes comportant plusieurs niveaux de propriétaires.
À partir du 1er avril 2023, les sociétés de la Nouvelle-Écosse (sans égard au moment où elles ont été constituées) devront tenir un registre de particuliers qui exercent un « contrôle important ». Les particuliers qui exercent un contrôle important incluent généralement :
Pour identifier les particuliers qui exercent un contrôle important sur des sociétés de la Nouvelle-Écosse, il faudra remonter jusqu’aux propriétaires d’actions à travers les structures organisationnelles (dont certaines sont extrêmement complexes) afin de déterminer quels particuliers (qui sont des personnes physiques) détiennent des droits et des intérêts directs ou indirects. Les sociétés de la Nouvelle-Écosse qui sont des émetteurs assujettis en vertu de la Loi sur les valeurs mobilières ou qui sont cotées à une bourse de valeurs désignée sont exemptes des exigences relatives au nouveau registre.
Le registre de particuliers qui exercent un « contrôle important » devra inclure les renseignements ci-après pour les particuliers qui atteignent les seuils de contrôle fixés :
La NSCA exigera des sociétés qu’elles informent (sur demande) du nouveau registre :
Il importe de noter que l’utilisation autorisée des renseignements contenus dans le nouveau registre par les actionnaires et les créanciers est ample; les renseignements peuvent notamment être utilisés en lien avec toute question « [traduction] relative aux affaires de la société ».
Les sociétés de la Nouvelle-Écosse font souvent partie de structures multinationales. Jusqu’à 2005, la NSCA était la seule loi régissant les sociétés qui permettait la constitution d’une société à responsabilité illimitée (SRI). Les SRI de la Nouvelle-Écosse étaient à l’avant-garde de l’organisation hybride canado-américaine pendant plusieurs décennies. De même, la NSCA était une des seules lois sur les entreprises à ne pas imposer d’exigence quant au lieu de résidence des administrateurs. Bien que d’autres juridictions aient depuis aboli l’exigence relative au lieu de résidence des administrateurs, de nombreuses sociétés néo-écossaises de longue date ont à l’origine été constituées en Nouvelle-Écosse dans le but de contourner cette exigence.
Dans le cas de groupes de sociétés multinationales, identifier les particuliers qui exercent un contrôle important pourrait s’avérer difficile. Les structures de sociétés multinationales peuvent comprendre un vaste éventail d’entités et plusieurs juridictions. Il pourrait être compliqué de remonter jusqu’aux propriétaires, et cette complexité sera exacerbée par l’application de lois étrangères aux concepts juridiques qu’il faut prendre en compte pour déterminer quels particuliers exercent un contrôle important. Voici quelques exemples de cas où déterminer qui sont les particuliers qui exercent un contrôle important risque d’être compliqué :
Nous nous attendons à ce que la Nouvelle-Écosse adopte aussi une réglementation qui définira mieux la notion de « contrôle » et fournira de plus amples détails quant à l’application des règles pour les particuliers qui détiennent ou contrôlent des intérêts par l’entremise d’intermédiaires.
À partir du 1er avril 2023, les sociétés de la Nouvelle-Écosse sont tenues de prendre des mesures raisonnables pour identifier tous les ans les particuliers qui exercent un contrôle important. Une société qui ne se conforme pas aux nouvelles règles s’expose à une amende pouvant atteindre 5 000 $, selon la nature de l’infraction. Chaque actionnaire, administrateur et dirigeant d’une société de la Nouvelle-Écosse qui ne satisfait pas ses obligations respectives en vertu des nouvelles règles s’expose à une amende pouvant atteindre 200 000 $ ou à une peine de prison maximale de six mois, selon la nature de l’infraction.
Les sociétés assujetties à la NSCA devraient mettre en place de nouvelles procédures pour se conformer à ces nouvelles exigences de déclaration. Les groupes de sociétés multinationales dont la structure est complexe et qui incluent des SRI néo-écossaises ou des sociétés néo-écossaises qui sont détenues par l’entremise de plusieurs intermédiaires pourraient avoir besoin d’aide pour déterminer qui sont les particuliers qui doivent être inscrits dans le nouveau registre.
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