Pour commencer

Passage aux IFRS - l'essentiel

Plus d'une centaine de pays exigent des sociétés ouvertes qu'elles adoptent les normes internationales d'information financière (IFRS). Au Canada, le Conseil des Normes comptables ((CNC) a proposé de remplacer graduellement les PCGR du Canada par les IFRS pour les sociétés ouvertes, jusqu'à leur adoption complète à la fin de l'exercice 2011. Plusieurs conseillers recommandent toutefois l'adoption anticipée des IFRS, et les Autorités canadiennes en valeurs mobilières (ACVM) préconisent leur mise en œuvre le 1er janvier 2009. Le passage aux IFRS changera la façon dont les sociétés canadiennes présentent leurs résultats financiers aux analystes, aux investisseurs et aux autres parties prenantes. Les sociétés peuvent contourner les problèmes posés par la taille et la complexité de la mise en œuvre si elles sont bien préparées.

Principaux aspects à prendre en compte

Pour plusieurs organismes, la mise en œuvre des IFRS peut constituer un processus complexe qui va bien au-delà du simple exercice comptable du Service des finances et de la comptabilité. D'autres services de l'entreprise, tels que le Capital humain, les relations avec les investisseurs, la prospection de la clientèle et les TI, participeront probablement au plan de conversion. Les sociétés qui ont déjà mis en œuvre les IFRS savent que les nouvelles normes imposent à la direction une immense responsabilité, soit celle de communiquer efficacement avec le marché au moyen d'un nouveau référentiel. Nous indiquons ci-dessous les principaux aspects à prendre en compte pour la mise en œuvre des IFRS.

top of page

Calendrier de transition vers les IFRS

IFRS Transition Timeline

Transition et calendrier

En février 2008, le CNC du Canada annonce que la transition aux IFRS touchera les états financiers intermédiaires et annuels des exercices ouverts à compter du 1er janvier 2011. Un certain nombre d'aspects pourraient entraîner la confusion des adoptants, y compris les normes transitoires fondées sur des normes IFRS équivalentes qui seront introduites au Canada avant la date d'adoption finale. Dans le cadre de la conversion, les sociétés devront présenter les données comparatives de 2010 et un bilan d'ouverture au début de 2010.

Notre expérience auprès de plusieurs multinationales qui ont déjà adopté les IFRS nous a permis de constater que l'adoption intégrale des IFRS peut prendre entre deux et cinq ans, selon la complexité de l'entreprise. La période de mise en œuvre est habituellement moins longue pour les sociétés de petite taille, peu dispersées sur le plan géographique et dont les systèmes nécessitent un nombre restreint de changements. À l'inverse, la période de mise en œuvre est habituellement plus longue pour les grandes multinationales qui exercent des activités partout dans le monde, dont les systèmes de TI sont anciens et qui disposent de plusieurs plateformes commerciales. De plus, certains secteurs, comme ceux des banques, des assurances, de l'industrie forestière et des services publics, ainsi que les secteurs pétrolier et gazier qui appliquent la comptabilisation du coût entier, sont souvent confrontés à des problèmes de conversion plus importants.

top of page

Incidence technique

L'une des difficultés les plus importantes liées à la conversion aux IFRS consiste à établir quelles différences avec les PCGR du Canada auront une incidence sur l'entreprise, d'après les choix de conventions comptables effectués dans le passé. Le CNC commencera à modifier les normes existantes en fonction des normes IFRS équivalentes pendant la période de transition, afin de subdiviser le processus de conversion en plusieurs étapes. Les entreprises devront faire preuve de souplesse pour tenir compte des modifications dans les plans de leur projet.

Les différences comptables significatives entre les IFRS et les PCGR du Canada se trouvent souvent dans les détails et elles entraînent des écarts de comptabilisation, d'évaluation et de présentation. Il est possible d'éliminer certains de ces écarts avec une planification minutieuse et l'utilisation appropriée de certaines options offertes dans les IFRS.

Les secteurs comptables suivants sont ceux où surviennent les écarts les plus importants :

  • Instruments financiers (décomptabilisation des actifs et passifs);
  • Comptabilisation du coût entier (p. ex., pétrole et gaz);
  • Nouveau modèle de comptabilité pour les assurances;
  • Juste valeur des actifs biologiques (p. ex., foresterie);
  • Comptabilité de couverture;
  • Consolidation des entités ad hoc; et
  • Dépréciation d’actifs non financiers.
top of page

Plus qu'un exercice comptable technique

Les IFRS présenteront des problèmes particuliers liés à la haute direction, au Capital humain, à la trésorerie, aux impôts, aux TI et à plusieurs autres services de l'entreprise, et non pas seulement aux services des finances et de la comptabilité. Les IFRS pourraient avoir une incidence sur les rapports de la direction, y compris les budgets, les prévisions, les mesures de performance, la structure des primes, les indicateurs clés de la performance et les clauses restrictives. Par ailleurs, les entreprises doivent envisager l'adoption d'autres procédés afin d'assurer la prise en compte de l'incidence des IFRS dans le processus d'approbation de tous les nouveaux placements stratégiques.

top of page

Efficacité de la mise en œuvre, de l'organisation et des ressources

Il est facile de sous-estimer l'ampleur et la complexité des travaux requis pour la mise en œuvre des IFRS. Il faudra planifier soigneusement et disposer des compétences requises pour assurer la communication et la mise en œuvre dans l'ensemble de l'entreprise. Nos expériences en Europe et en Asie nous ont démontré que les sociétés qui effectuent la transition ou appliquent les IFRS pour la première fois tentent souvent d'ajuster manuellement les PCGR en fonction des IFRS, à l'aide de feuilles de calcul ou d'outils semblables. Toutefois, ces " solutions rapides " de conversion sont souvent coûteuses et inefficaces à long terme sur le plan de l'exploitation, d'autant plus que ces solutions rapides entraînent souvent des erreurs et de la confusion et que les contrôles internes à leur égard sont souvent insuffisants.

Remarque : Une grande partie de ce qui précède constitue une adaptation des informations contenues dans la publication Putting IFRS in Motion: International Financial Reporting Standards and their impact on Canadian public companies, qui présente notre point de vue sur les enjeux de la conversion aux IFRS. Ces informations se fondent sur la grande expérience que nous avons acquise de la gestion de ce processus auprès des sociétés que nous avons aidées au Canada et ailleurs dans le monde.

top of page