"Le risque de réputation est l’un des plus gros défis à relever" - Anthony Leung Shing

19/07/18

« Le risque de réputation est l’un des plus gros défis à relever. Il y a tout un exercice de promotion, de sensibilisation et de communication à entreprendre pour répondre à nos critiques. »

Anthony Leung Shing, Country Senior Partner & Tax Leader

Entretien accordé à Léon Baya pour Le Mauricien  - Juillet 2018

Préambule à l'entretien

Anthony Leung Shing, 41 ans, expert-comptable et détenteur d’un MBA, a pris, depuis le 1er juillet 2018, les fonctions de Senior Partner chez la firme PwC Maurice, succédant à André Bonieux. Anthony Leung Shing livre, dans l’interview qui suit, ses impressions sur son rôle de leader de l’équipe PwC, prône une politique d’ouverture plus forte quant aux expatriés surtout dans les secteurs émergents de l’économie mauricienne, met en garde, malgré les prévisions de croissance économique prometteuses, contre l’évolution de certains indicateurs dont le déficit commercial et la dette publique.
Dans le sillage de la publication du rapport d’ESAAMLG et de la présence de Maurice sur une liste de « high risk jurisdictions » soumis à la SEBI en Inde, Anthony Leung Shing estime que l’un des plus gros défis à relever par Maurice est le « reputational risk ».

Avant de venir à l’économie et à la fiscalité, une question d’ordre personnel: qu’est-ce que cela représente pour vous de prendre officiellement le relais à André Bonieux en tant que Senior Partner de PwC Maurice?

On me voit aujourd’hui comme Senior Partner de PwC mais le parcours n’a pas été toujours facile. En gravissant les échelons durant ma carrière en Angleterre, j’ai appris les valeurs d’un travail acharné, de la rigueur, de l’importance de la qualité et de se pousser vers l’excellence.

Chez PwC, j’ai eu à faire mes preuves. J’ai rejoint le cabinet en 2009 dans un rôle de directeur responsable du département fiscal et j’ai été promu Partner en 2011. Par la suite, j’ai pris la responsabilité des finances, et maintenant Senior Partner. En progressant, je n’ai jamais rêvé de devenir Senior Partner ou, encore moins ai-je travaillé en ce sens. Cette promotion au titre de Senior Partner est le fruit de toutes ces années de dur labeur et d’investissement dans le développement de soi.

Mais cette promotion a aussi pour moi une tout autre importance: elle donne espoir à nos jeunes. Tous les ans, nous employons environ une soixantaine de jeunes diplômés et perdons à peu près 15% de notre effectif. Mon conseil aux jeunes, c’est qu’il faut s’appliquer, donner le meilleur de soi-même et avoir de la patience. À PwC, on pratique la méritocratie et tout est possible. Aujourd’hui, je suis fier de cet accomplissement mais le travail commence maintenant. Être Senior Partner après André Bonieux est une lourde tâche. Mais ma devise a toujours été de sortir de ma zone de confort et me dépasser.   Je me sens prêt à relever ce nouveau défi.


Au moment de votre désignation à ce poste il y a environ une année, vous aviez dit que vous alliez créer ensemble avec votre équipe et vos clients une nouvelle ère pour PwC Maurice. Quelle est la stratégie que vous comptez mettre en place pour cela?

Attention, ne vous méprenez pas ! La transition d’une génération d’associés à une autre a débuté depuis déjà plusieurs années. Les responsables de nos unités d’audit ou de conseil sont déjà en place depuis un moment, et nous formons ensemble l’équipe dirigeante de PwC, sous ma direction. C’est donc, dans un certain sens, une transition basée sur la continuité. Certains objectifs ne changent pas et notre réputation en termes de qualité restera notre base. Le succès de PwC à ce jour repose sur notre qualité, notre rigueur et notre indépendance. Tout ça va continuer, car ce sont des valeurs ancrées dans notre quotidien et notre culture d’entreprise.

Par contre, j’aimerais surtout mettre l’accent sur nos équipes et nos collaborateurs afin qu’elles soient plus performantes et plus attentives aux besoins de nos clients, et travailler avec eux à la résolution de leurs problèmes. La démarche, ou mission si vous préférez, de PwC est ‘To build trust in society and solve important problems’ (nous l’appelons « Our Purpose »).  Nous devons rendre ces valeurs plus explicites, et pour pouvoir résoudre les gros problèmes de société, nous devons tout d’abord commencer petit à petit par résoudre les problèmes de nos clients. Si chacun d’entre nous peut résoudre un problème chez un client, nous allons faire toute une différence et ensemble faire de PwC une véritable organisation apprenante.

" Mon conseil aux jeunes, c’est qu’il faut s’appliquer, donner le meilleur de soi-même et avoir de la patience. À PwC, on pratique la méritocratie et tout est possible. "


Estimez-vous que les cabinets d’audit et de conseils jouissent aujourd’hui d’une très forte et bonne image au sein de la communauté des affaires et auprès des autorités surtout après les récentes “affaires” qui ont été notées de part et d’autre, notamment dans un pays pas loin de chez nous?

Les cabinets d’audits ont été ébranlés par les scandales financiers, tant dans notre région ou plus loin, en Europe, et on passe par une période de défiance.
Les récents scandales nous rappellent des souvenirs d’Enron, qui avait fait tomber son auditeur, le cabinet Andersen. Depuis, diverses mesures ont été prises afin d’assurer une meilleure transparence des comptes comme la loi Sarbanes Oxley ou les règles comptables IFRS. De plus, dans certains pays, les compagnies sont sujettes à une double certification des comptes par deux cabinets indépendants.

Le rôle des auditeurs est souvent mal compris et on se bat perpétuellement contre un problème de perception. Le public pense que les auditeurs garantissent l’exactitude des états financiers de l’entreprise. D’énormes progrès en termes de la qualité d’audit ont été accomplis depuis Enron. En tant que membre d’un réseau international, nous sommes sujets à des contrôles rigoureux de qualité, annuellement. Même si l’on introduit plus de contrôle ou de règles régissant les cabinets d’audit, la responsabilité ultime reste avec tout un chacun afin d’agir de manière intègre, appropriée et responsable.

Le rôle des auditeurs est souvent mal compris et on se bat perpétuellement contre un problème de perception


Différentes instances à Maurice ont rendu publique ces dernières semaines une série d’indicateurs économiques. Quelle est votre lecture de ces indicateurs?

De manière générale, les indicateurs économiques sont positifs. Le taux de croissance est au plus haut ces dernières années et est estimé à 4.1% pour la période 2018-19. Le taux de chômage est en baisse alors que la politique monétaire adoptée a eu un effet modérateur sur l’inflation. L’indice de confiance des entreprises est en constante progression dans un cadre où les perspectives économiques mondiales sont plus réjouissantes, surtout au niveau de nos principaux marchés et partenaires commerciaux.


Y a-t-il, parmi, des indicateurs qui vous réconfortent le plus et d’autres qui sont, selon vous, très préoccupants?

Comme indiqué plus haut, les prévisions du taux de croissance sont prometteuses pour le pays, mais il y a aussi d’autres enjeux. Le déficit commercial depuis un certain temps est sujet à débat et pèse lourd dans la balance des paiements du pays. Pour l’année écoulée, le déficit commercial était à la hauteur de 21,6% du PIB et a contribué largement à une détérioration du compte courant.

Les coûts de production, la productivité de la main-d’œuvre ainsi que le prix du sucre restent problématiques pour nos exportateurs.

Dans la mesure où l’économie atteint son pic de croissance, nous nous retrouvons à développer d’autres piliers et avec un besoin de monter en valeur ajoutée. Le manque de professionnels d’expérience et qualifiés se fait sentir. Les mesures incitatives introduites ces dernières années ont eu peu d’impact. Dans le long terme, le vieillissement de la population reste une contrainte pour le pays et il nous faut une politique d’ouverture plus forte pour encourager les expatriés, surtout dans les secteurs émergents. Espérons que le nouveau programme aura plus de succès. À présent, les expatriés à Maurice représentent seulement 6% de la population, contrairement à d’autres pays comme Singapour où le taux est de 37%.


Concernant plus particulièrement la dette publique, vous mettez en garde contre la pratique de « off balance sheet financing » utilisée par le gouvernement car certains passifs demeurent inconnus et peuvent masquer, selon vous, la situation réelle quant à la dette totale du pays. Vos explications?

Selon les statistiques officielles, la dette publique est à 63.4% pour l’année 2017-18 et sera à la baisse l’année prochaine. Comme je l’ai dit dans mon analyse du budget 2018-19, il est bien que le gouvernement adopte une discipline fiscale rigoureuse, mais il faut faire attention à l’endettement public. Ces dernières années, le gouvernement a recours au ‘financement hors bilan’ et, là, je me réfère, entre autres, aux emprunts de certaines institutions de l’état auprès de l’Exim Bank de l’Inde ou de la Chine. La dette publique est plus forte que ce qui est rapporté. N’oublions pas que sous le ‘Public Debt Management Act’, nous devrions descendre en dessous de 60% du PIB à la fin de juin 2021. Oui, selon les normes internationales, je suis d’accord que ces prêts ne doivent pas être comptabilisés dans la dette publique mais il ne faut pas non plus se servir de ces normes pour faire une façade.


Êtes-vous d’avis que dans le sillage des réformes annoncées dans le budget l’intégration entre les opérations économiques domestiques et celles de l’offshore est bien enclenchée?

Concernant l’alignement du cadre fiscal du secteur domestique et celui de l’offshore, on le voyait venir depuis l’année dernière. Le budget précédent avait ramené la taxe sur les exportations de produits à 3% et cela nous dirigeait déjà vers une politique fiscale plus cohérente. De plus, avec le besoin des compagnies offshore à mettre plus de substance à Maurice, la distinction entre une compagnie domestique et offshore devenait de plus en plus difficile.
Je pense que nous sommes sur la bonne voie avec l’intégration, mais on attend le ‘Finance Bill’ pour analyser les textes de loi et comprendre, avec plus de détails, les réformes proposées. Pour l’instant, il y a peu d’informations sur certaines mesures annoncées. Aujourd’hui, nous sommes une économie de services, et une intégration complète des différents champs d’activité sera plus complexe. Le gouvernement a la tâche difficile et devra équilibrer le besoin de réforme et d’alignement sans compromettre les recettes fiscales de l’État.


Quel visage le secteur des services financiers dont le Global Business va-t-il présenter dans les années à venir?

Malgré l’incertitude dans le secteur du Global Business, des multinationales financières ont fait tout récemment l’acquisition de diverses ‘management companies’ à Maurice. Cela inspire confiance pour l’avenir de ce secteur. Le modèle d’entreprise sera aussi appelé à évoluer et, vu l’arbitrage transfrontalier des coûts, je pense que les services d’externalisation dans le Global Business prendront forme dans les prochaines années.

La diversification de marchés vers l’Afrique va continuer. Maurice a le potentiel de se transformer en un centre de services partagés, de gestion de trésorerie ou de siège social régional. L’Inde, qui a pour longtemps été notre marché principal, passe par une phase de transition et la période moratoire du 31 mars 2019, sous le nouveau protocole d’accord, arrive à échéance. À ce jour, malgré certains départs, il n’a pas eu d’exode de compagnies offshore mais il faudrait attendre l’année prochaine pour mieux se prononcer.


Un des facteurs à critique est le faible taux de participation de la main-d’œuvre qui se situe à 47% alors que dans un pays comme Singapour que nous voulons émuler il est de 66%. Que doit-on faire pour porter ce taux à un niveau appréciable?

Faisons attention, le taux de participation indiqué reflète le pourcentage de la main-d’œuvre par rapport à la population totale et, si l’on retire les personnes de moins de 16 ans, le taux passe à environ 59% mais, malgré ça, le taux reste faible comparé à d’autres pays comme Singapour. Il y a environ 390 000 personnes qui sont inactives et qui peuvent contribuer à la productivité nationale.
Un des principaux obstacles à l’emploi des jeunes reste l’inadéquation des qualifications car le système éducatif ne répond pas aux besoins du marché. Le budget a alloué plus de Rs 1 milliard pour divers programmes. Étant une économie de services, les différents secteurs d’activité sont plutôt axés vers la valeur ajoutée et moins en création d’emplois. Malheureusement, on ne résoudra pas le problème de chômage chez les jeunes dans le court terme, vu les carences structurelles du marché de l’emploi.


La question de “gender” est aussi d’actualité. Pensez-vous que les mesures budgétaires vont aider à un relèvement de la participation de la femme dans l’activité économique du pays?

La participation de la femme dans l’activité économique reste un problème. Si on examine de près le taux de participation, on verra que le taux chez la femme est très bas avec une population active de seulement 45%. Le budget annonce plusieurs mesures pour promouvoir l’intégration de la femme dans le lieu de travail, dont l’obtention de congé de maternité pour les femmes travaillant moins de 12 mois, l’introduction d’un texte de loi pour l’égalité de la femme ou un programme de work@home. Tout cela aidera à l’épanouissement de la femme au travail.
Là encore, les mesures budgétaires à elles seules ne pourront pas résoudre ce problème de société. Les barrières culturelles et les difficultés liées au genre défavorisent la femme. Chez PwC, par exemple, nous recrutons chaque année autant de femmes que d’hommes dans notre “graduate scheme” mais, au fil des années, nous nous retrouvons avec plus d’hommes. Le conflit de rôles ainsi que les pressions familiales encombrent l’intégration de la femme et continueront à freiner le progrès économique.

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Dans un message marquant les 50 ans de l’accession du pays à l’indépendance, vous faites mention d’un des principaux défis qui nous confrontent: la capacité du pays à maîtriser l’innovation, la révolution technologique. Se donne-t-on les moyens pour relever ce défi?

L’érosion de notre compétitivité, le vieillissement de la population ainsi que l’écart entre la productivité et les coûts nous pousseront vers l’innovation et la technologie. Le manque de compétences et la lenteur d’exécution freinent le développement économique. Le Budget 2018-19 remet l’accent sur le besoin de moderniser nos infrastructures mais il y a peu d’annonces sur la numérisation des services publiques. Le développement du pays repose non seulement sur une infrastructure de transport moderne mais aussi sur une refonte de l’administration publique pour qu’elle soit plus innovante et efficiente. Le déploiement des services en ligne et l’e-administration tarde; aujourd’hui, le paiement d’une contravention, la demande d’acte de naissance ou de passeport ne peut pas se faire en ligne et il est toujours nécessaire de faire la queue pour obtenir un document administratif. Tout cela pèse lourd dans la vie des citoyens et le pays a besoin de changements profonds.

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Venons-en à un sujet qui fait l’actualité ces derniers jours: le rapport préliminaire d’ESAAMLAG sur la non-conformité de Maurice aux engagements concernant les normes et les principes de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Comment réagissez-vous à cette situation ?

Je n’ai pas lu le document. Par rapport aux commentaires et autres annonces faites publiquement, je pense qu’il faut les mettre en contexte. Si on regarde le cadre légal mauricien, nous avons de nombreuses institutions et également les législations nécessaires. En plus que nous sommes signataires de plusieurs conventions internationales. Je suis surpris en prenant lecture des observations préliminaires contenues dans le rapport d’ESAAMLG comme rapporté dans la presse. Il y a certainement des améliorations à faire. Y a-t-il un manque de compréhension et d’application des principes KYC (Know Your Client) ? Chez PwC, par exemple, nous avons toute une procédure établie de “client acceptance”, de vérification de la source des fonds. Dans le cas d’un “politically exposed person” parmi les directeurs ou actionnaires, nous avons encore d’autres vérifications à faire. Venir affirmer que les opérateurs ou l’écosystème ne marche pas ou a des défaillances, je considère que c’est un peu fort.


Vous conviendrez quand même qu’en termes de perception cette situation pose problème?

Certes, cela fait beaucoup de mal en termes de perception, et c’est là la difficulté. Nous avons réglé les problèmes au niveau de l’OCDE, et maintenant il faut faire face à d’autres critiques concernant le système législatif et le « non-compliance ». Tout cela fait beaucoup de tort au pays. On peut aussi se poser la question sur l’approche adoptée pour ce qui est de la vérification des procédures à Maurice.


Que doit-on faire?

Il y a un combat à mener pour montrer ce qu’est vraiment le centre financier mauricien. C’est au niveau de l’« enforcement and monitoring » qu’on doit voir. Il faut être sévère et appliquer des pénalités vraiment fortes. Tout comme on augmente les amendes pour la conduite automobile, on doit également réfléchir sur le renforcement et l’application des lois. En fin de compte, c’est au niveau de la responsabilisation de tout un chacun qu’on doit agir.

L’actualité financière est également dominée par l’inclusion de Maurice dans une liste de « high-risk jurisdictions » qu’auraient soumise de grandes banques dépositaires au Securities and Exchange Board of India (SEBI). Cette actualité n’est pas de bon augure pour Maurice !

Cette situation est semblable à celle que nous connaissons dans le cas du rapport préliminaire d’ESAAMLG. Tout porte sur le fondement de ces documents. De nombreuses « rating institutions » nous qualifient de bons “élèves”. Je fais allusion ici au FMI, au Mo Ibrahim Index, entre autres. Je ne comprends pas comment, malgré les bonnes notes venant de ces institutions internationales, nous sommes placés sur une « high risk list ». Peut-on expliquer pourquoi certains centres financiers ne figurent pas sur cette liste?
On ne peut tout mettre sur le dos de Maurice. Avant que les fonds d’investissement viennent ici, les banques internationales déjà implantées doivent faire un exercice de “due diligence”. De plus, ces institutions ont des législations strictes à respecter déjà dans leur pays d’origine. C’est tout un écosystème mondial qui est en place et Maurice ne peut être le seul à blâmer.


Considérez-vous que l’un des défis les plus importants auxquels Maurice doit faire face est le « reputational risk » ?

C’est le plus gros défi à relever. Il y a cette image de paradis fiscal, de blanchiment d’argent. Il faut surmonter cette situation. Beaucoup d’efforts sont faits localement pour monter en valeur ajoutée, pour ramener plus d’activités à Maurice, et là, d’un seul coup, sur une histoire ou un rapport, toute cette réputation, tous ces efforts sont anéantis du jour au lendemain ! Il y a tout un exercice de promotion, de sensibilisation et de communication à entreprendre pour répondre à nos critiques.

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