23rd Annual Global CEO Survey

Navigating the rising tide of uncertainty.


Le pessimisme des dirigeants d’entreprise vis-à-vis de la croissance mondiale atteint un niveau record ; avec une économie ouverte et dépendante de l’activité mondiale, Maurice sera également touché par ce phénomène.

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Présentée la semaine dernière au Forum économique mondial à Davos, la 23ème édition de la « Global CEO Survey », menée entre septembre et octobre 2019 auprès de quelques 1600 dirigeants d’entreprise dans 83 pays, y compris l’Ile Maurice, donne les tendances sur le climat des affaires en 2020.

Les resultats phares en quatre points:

La confiance des chefs d’entreprise dans la croissance de leur chiffre d’affaires est en baisse continue depuis 2018 et au plus bas depuis 2009 (27% contre 42% en 2018)

Au niveau mondial, la croissance économique incertaine figure dans le top 3 des menaces, aux côtés de l’excès de réglementation et des guerres commerciales

Dans toutes les régions du monde, les dirigeants d’entreprise prévoient un ralentissement de la croissance économique (53% contre 29% en 2019)


La pénurie des compétences constitue la menace principale identifiée par les dirigeants pour leur propre croissance

La confiance des dirigeants en déclin

Pour l’année à venir, seuls 27 % des dirigeants se déclarent « très confiants » dans la croissance de leur entreprise au cours des douze prochains mois (contre 35 % l’an passé).

Il s’agit du plus faible score observé depuis 2009. Si les niveaux de confiance sont globalement en berne à travers le monde, on constate d’importants écarts d’un pays à l’autre : la Chine et l’Inde affichent les taux de confiance les plus élevés parmi les grandes économies (45 % et 40 % respectivement), suivies des États-Unis (36 %), du Canada (27 %), du Royaume-Uni (26 %) et de l’Allemagne (20 %).

L’analyse menée par PwC auprès des dirigeants sur les dix dernières années montre que leur confiance envers les perspectives de croissance du chiffre d’affaires de leur entreprise est corrélée statistiquement avec la hausse réelle du PIB mondial durant l’année suivante. Ainsi, la confiance des dirigeants dans leur propre croissance constitue un indicateur majeur des perspectives de croissance économique mondiale (voir graphique).

Si cette tendance se vérifie, la croissance mondiale pourrait ainsi pointer à 2,4 % en 2020, en deçà de nombreuses estimations, dont celle du FMI formulée à 3,4 % en octobre dernier.

Qu’en est-il de Maurice ?

« Ce pessimisme a aussi atteint l’Afrique, avec seulement 18% des dirigeants ayant confiance en la croissance de leur entreprise en 2020. Avec une économie ouverte et dépendante de l’activité mondiale, Maurice sera également touché par ce phénomène. La croissance de notre économie locale a été dopée ces 2 dernières années par l’investissement publique et la consommation.

La politique d’intervention sociale du gouvernement (dont la pension de vieillesse et le salaire minimal) impacte sur l’efficacité des entreprises et la confiance des dirigeants. De manière générale, je dirais que 2020 sera difficile et les dirigeants devront intégrer dans leur stratégie d’entreprises ces enjeux : économique, politique et social. » 

Anthony Leung Shing
Country Senior Partner, PwC Maurice
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Un pessimisme record dans les perspectives de croissance économique mondiale

Au-delà de leurs propres perspectives de croissance, les dirigeants mondiaux sont également pessimistes s’agissant de la croissance économique mondiale. 53 % d’entre eux craignent un ralentissement de la croissance économique en 2020, contre 29 % en 2019 et à peine 5 % en 2018.

Il s’agit du score le plus élevé depuis que PwC pose cette question dans le cadre de son baromètre annuel. Le nombre de dirigeants prévoyant une amélioration de la croissance économique a chuté de 42 % en 2019 à seulement 22 % en 2020. Cette tendance est particulièrement marquée en Amérique du Nord, en Europe de l’Ouest et au Moyen-Orient, où ils sont respectivement 63 %, 59 % et 57 % à anticiper une détérioration de la croissance mondiale dans l’année à venir. 

La Chine en quête de croissance se détourne des États-Unis

Au classement global, les États-Unis conservent de justesse leur rang de premier marché cible pour générer de la croissance sur les douze prochains mois : 30 % des dirigeants le désignent comme tel, soit un point de pourcentage au-dessus de la Chine (29 %). Cependant, les tensions politiques et commerciales actuelles ont fortement dégradé l’attractivité des États-Unis aux yeux des dirigeants d’entreprise chinois.

Cette perte pour les États-Unis joue en faveur de l’Australie : les chefs d’entreprise chinois sont désormais 45 % à faire figurer le continent australien parmi leurs trois principaux marchés de croissance, contre 9 % seulement il y a deux ans. Le top 5 des pays générateurs de croissance reste par ailleurs inchangé par rapport à l’an dernier : on y retrouve l’Allemagne (13 %), l’Inde (9 %) et le Royaume-Uni (9 %), un résultat notable compte tenu des incertitudes suscitées par le Brexit).

Excès de réglementation, conflits commerciaux et croissance économique incertaine : le top 3 des menaces identifiées

Cette année, les dirigeants sont largement préoccupés par la croissance économique incertaine : elle fait un bon en troisième position des menaces pour les perspectives de croissance de leur entreprise. L’an passé, elle figurait en dehors du top 10, à la douzième position. L’excès de réglementation domine une fois de plus le classement, suivi des conflits commerciaux.

Le changement climatique monte de deux places dans ce classement (12e), mais il ne figure toujours pas dans le top 10 des principales menaces perçues comme pesant sur la croissance, malgré le nombre croissant de catastrophes naturelles et l’intensité des débats. La cybersécurité (4ème position) ou les tensions géopolitiques (7ème position) demeurent parmi d’autres menaces identifiées.

Le déficit de compétences humaines constitue le principal frein à la croissance pour les entreprises françaises. Les conflits commerciaux arrivent à la seconde place du classement en France. Plus largement, la montée du populisme, le protectionnisme et les incertitudes géopolitiques inquiètent les dirigeants français. 

 

Prendre le tournant de la montée en compétences, la question ne se pose plus

Les dirigeants ont conscience que la montée en compétences (upskilling) est l’un des leviers afin de pallier la pénurie de talents. Ce défi est d’autant plus urgent à relever dans un contexte où l’automatisation de certains métiers augmente et de vieillissement de la population active. Néanmoins, les dirigeants sont peu à progresser réellement dans cette voie : seuls 18 % d’entre eux déclarent avoir réalisé des « progrès nets » dans l’élaboration d’un programme de montée en compétences.

Pourtant, les effets positifs de l’upskilling sont bien concrets. Au niveau mondial, les entreprises qui ont le plus avancé dans la mise en place de programmes d’upskilling observent de nettes améliorations dans le renforcement de la culture d’entreprise et l’engagement des collaborateurs (60 %), une hausse de l’innovation et une accélération de la transformation digitale au sein des équipes (51 %), et une augmentation du chiffre d’affaires (37 %). Par ailleurs, une étude menée par PwC en 2019 montre que 77 % des 22 000 salariés interrogés dans le monde entier souhaiteraient apprendre davantage ou se reconvertir.

Seuls 33 % d’entre eux ont le sentiment de s’être vu donner la possibilité d’acquérir un bagage numérique en marge de leurs activités normales.

 

« Nos discussions avec les dirigeants continuent et nous les accompagnerons pour relever ces défis en 2020. L’impact des nouvelles technologies dans l’environnement du travail ne cesse de croitre, pour combler l’efficacité opérationnelle et le manque de main d’œuvre. Nos services sont appelés à évoluer pour mieux soutenir les entreprises en termes de cybersécurité, digitalisation et intelligence artificielle. Les nouvelles technologies seront un important levier de croissance, et l’upskilling de nos collaborateurs reste une priorité de PwC cette année »

Anthony Leung Shing, Country Senior Partner, PwC Maurice

Changement climatique : défi ou opportunité ?

Bien que le changement climatique ne figure pas parmi les dix principales menaces pesant sur les perspectives de croissance des dirigeants, ces derniers reconnaissent de plus en plus les bienfaits d’agir pour réduire leur empreinte carbone. Par rapport à il y a dix ans, les dirigeants sont aujourd’hui deux fois plus nombreux à estimer que la mobilisation dans les initiatives de lutte contre le changement climatique leur donnera une longueur d’avance du point de vue de la réputation (16 % « tout à fait d’accord » en 2010, 30 % en 2020). Par ailleurs, 25 % des dirigeants considèrent que ces initiatives se traduiront par de nouvelles opportunités en matière de produits et services, contre 13 % en 2010.

Alors que la perception de telles opportunités en matière de produits et services est restée relativement stable aux États-Unis et au Royaume-Uni durant la décennie écoulée, un renversement complet s’est opéré en Chine. En 2010, seuls 2 % des chefs d’entreprise chinois voyaient dans le changement climatique une opportunité ; ils sont 47 % en 2020 – de loin la hausse la plus marquée, tous pays confondus. Toutefois, pour que ces opportunités se transforment en success stories durables, les principes de l’action contre le changement climatique doivent figurer au cœur de la stratégie de l’entreprise, de l’expérience client jusqu’au sourcing des ressources en passant par la chaîne logistique.

Méthodologie :

PwC a réalisé 1 581 entretiens avec des dirigeants dans 83 pays entre septembre et octobre 2019. Cet échantillon est pondéré en fonction du PIB national, afin de garantir une représentation équitable de l’opinion des dirigeants dans l’ensemble des principales régions du monde. Au total, 7 % des entretiens se sont déroulés par téléphone, 88 % en ligne et 5 % par voie postale ou en face à face. Tous les entretiens quantitatifs ont été menés de manière confidentielle.

Bob Moritz, Chairman of the PwC Network, on record high CEO pessimism heading into 2020

  • 46 % des entreprises déclarent un chiffre d’affaires d’un milliard de dollars ou plus.
  • 35 % des entreprises déclarent un chiffre d’affaires entre 100 millions et 1 milliard de dollars.
  • 15 % des entreprises déclarent un chiffre d’affaires jusqu’à 100 millions de dollars.
  • 55 % des entreprises sont privées.

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