La main-d’œuvre de l’avenir

des dirigeants canadiens affirment que le manque d’équipes ayant les compétences adéquates est l’obstacle numéro 1 au succès des initiatives numériques

Joindre l’acte à la parole

Les dirigeants canadiens sont moins enclins que leurs homologues à l’échelle internationale à mettre l’accent sur la mise à niveau des compétences de leurs employés pour aider ces derniers à travailler à l’ère numérique. Cela contredit ceux d’entre eux qui affirment que le principal obstacle au succès des initiatives numériques est le manque d’équipes ayant les compétences adéquates. Plus précisément, lorsqu’il s’agit de cybersécurité et de protection des renseignements personnels, 60 % des dirigeants canadiens disent gérer les risques de façon stratégique, alors que seulement 17 % d’entre eux estiment que les compétences dans ces domaines sont importantes.

Les plus grands obstacles au succès

Les entreprises doivent investir dans la mise à niveau des compétences de tous les employés. À mesure que les technologies qui s’imposent rapidement – intelligence artificielle, automatisation et chaîne de blocs, par exemple – deviendront plus courantes, chacun devra être prêt à suivre de nouvelles formations. Non seulement faut-il former les employés dans les nouvelles technologies, mais ces innovations entraînent de nouveaux modèles d’affaires qui demandent aux équipes d’être agiles, de réagir et de s’adapter. Cela confirme d’autant plus la constatation de la 22e Enquête annuelle auprès des chefs de direction selon laquelle les dirigeants canadiens estiment pouvoir contourner le problème du manque de compétences par l’embauche plutôt que par la formation de leurs employés.

Les compétences numériques les plus importantes

Tandis que les dirigeants canadiens se disent satisfaits de leurs stratégie et planification numériques, ils sont moins enclins à affirmer que leur entreprise possède des compétences numériques bien développées. Quand on leur a demandé de déterminer les trois compétences essentielles dans leur organisation, ils n’ont accordé qu’un score de 2,15 aux compétences numériques, par rapport à leurs homologues à l’échelle mondiale, qui ne leur ont accordé qu’un score de 2,5. Comparées aux données mondiales, les données canadiennes montrent que les entreprises canadiennes ont une vision à court terme du numérique et sous-estiment la valeur des compétences en technologies émergentes et en cybersécurité pour leur entreprise.

Cela semble indiquer qu’ils sont moins satisfaits des compétences numériques réelles de leur entreprise que de leur plan général. Encore une fois, cela confirme que les dirigeants ne joignent pas l’acte à la parole : les entreprises ont une stratégie numérique, mais leurs équipes n’ont pas les compétences nécessaires à sa mise en œuvre. Les dirigeants canadiens ont été beaucoup moins nombreux que leurs homologues à l’échelle mondiale à qualifier d’essentielles à leur entreprise les technologies émergentes, l’expérience utilisateur ainsi que la cybersécurité et la protection des renseignements personnels. 

Le résultat inférieur en matière d’approche de conception axée sur la personne (28 % ont déclaré que c’était important) traduit aussi le fait que les entreprises canadiennes ne disposent pas des éléments clés requis pour favoriser le changement culturel et l’agilité dont elles ont besoin pour se démarquer à l’échelle internationale. C’est l’occasion pour les dirigeants canadiens de prendre les devants afin de faire participer l’ensemble de l’entreprise à la stratégie numérique plutôt que de laisser cet enjeu entre les mains du chef de la direction.

Parmi ces compétences numériques, lesquelles sont les plus importantes pour votre entreprise ?

Les compétences numériques les plus importantes

La formation n’est pas une priorité

Il est intéressant de constater que les dirigeants canadiens sont beaucoup moins susceptibles que leurs homologues à l’échelle mondiale de dire que leur entreprise forme ses employés aux nouvelles technologies. L’enquête démontre aussi qu’ils ont un peu moins tendance à former les employés aux changements technologiques qui se produisent dans leurs tâches : seulement 36  % des dirigeants canadiens déclarent former leurs employés, comparativement à 40  % à l’échelle mondiale. 

Même si cela peut être attribuable au pourcentage plus élevé de répondants dans les secteurs de l’énergie, des services publics et des mines cette année par rapport à l’an dernier,  cela découle peut-être aussi d’une perspective plus vaste de la valeur du personnel et de la formation. Du point de vue de l’embauche, les entreprises canadiennes sont moins susceptibles d’engager des employés expérimentés dans les technologies pertinentes ou les stratégies de disruption.

Globalement, quand il est question de combler les lacunes entre la perception des compétences et des technologies, d’une part, et la formation et l’embauche, d’autre part, les dirigeants canadiens semblent plus conservateurs que leurs homologues à l’échelle mondiale, ce qui correspond aux résultats de l’enquête précédente, surtout au sujet de l’investissement dans la technologie.

Parmi les solutions suivantes, laquelle utilisez-vous pour réussir l’implantation de la technologie dans votre entreprise?

La formation n’est pas une priorité

Le lien entre l’expérience employé et l’expérience client

Un QI numérique plus élevé est lié à un meilleur rendement financier, mais le danger tient au fait que la stratégie numérique est foncièrement dictée par les hauts dirigeants sans l’adhésion du personnel, ce qui est de mauvais augure pour l’expérience employé. Par conséquent, comme les employés sont dissociés à la fois des stratégies numériques et des stratégies plus larges de l’organisation, ils sont moins enclins à utiliser les outils technologiques disponibles pour s’assurer que l’expérience client est fluide et transparente.

Il a été démontré que l’expérience employé influence largement le rendement financier d’une organisation. D’après les résultats de l’enquête mondiale sur le QI numérique, 91 % des entreprises qui obtiennent les meilleurs résultats financiers se sont dotés d’un dirigeant responsable de l’expérience employé. Les entreprises canadiennes sont moins portées à faire l’analyse de rentabilité visant à justifier un poste de dirigeant responsable de cet enjeu : seulement 74 % des répondants ont dit que c’était le cas dans leur organisation. De même, pour ce qui est de l’expérience client, les entreprises canadiennes en confient souvent la responsabilité aux ressources humaines plutôt que de nommer une personne devant s’occuper de cette question. Cela indique que de nombreuses entreprises placent l’expérience client plus bas dans la liste de priorités, malgré sa relation étroite avec le bon rendement financier qui existe dans les entreprises à l’échelle mondiales.  

Mais il existe quelques signes encourageants, si l’on en croit la proportion élevée de répondants (44 %) ayant affirmé qu’ils investissent au moins 5 à 10 % de leur chiffre d’affaires dans le numérique, en plaçant l’expérience client parmi les trois premières priorités. Pour ceux qui consacrent la plus grande part de leur budget numérique à l’amélioration de l’expérience client, l’énorme majorité des investissements se fait dans les solutions mobiles (88 %) et infonuagiques (62 %). Étant donné qu’un nombre croissant de personnes utilisent surtout les plateformes mobiles pour magasiner ou acheter en ligne, il est logique d’investir dans les solutions permettant aux clients de vivre une meilleure expérience mobile, ainsi que de se concentrer sur les solutions infonuagiques destinées à améliorer les interactions numériques des clients en général avec l’entreprise.   

Tandis que l’expérience client était prioritaire pour ceux qui investissent dans le numérique, l’expérience employé l’était beaucoup moins. Quelle qu’en soit la raison, l’incapacité de faire le lien entre le rendement de l’investissement et l’expérience employé a peut-être empêché les dirigeants canadiens d’en faire une plus grande priorité. 

Points à retenir

Investir dans la main-d’œuvre 

Contrairement à leurs homologues à l’échelle mondiale, certains dirigeants canadiens (comme on l’a vu aussi dans la 22e Enquête annuelle auprès des chefs de direction) pensent qu’ils peuvent combler leurs lacunes au niveau des compétences par l’embauche ou par le recours aux institutions d’enseignement pour qu’elles forment la main-d’œuvre de demain. Un grand nombre de dirigeants canadiens ne comprennent toujours pas l’importance de la transformation et de l’expérience numériques pour la réussite de leur entreprise, ce qui se traduit par un faible niveau de maturité numérique.

La réalité est qu’ils ont besoin d’accroître les investissements dans la mise à niveau des capacités technologiques de leurs employés. Les entreprises qui l’ont fait ont déjà vu le résultat : 74 % des dirigeants qui ont indiqué une amélioration dans la rétention et le recrutement des employés en raison d’investissements dans le numérique disent que le niveau d’amélioration avait répondu à leurs attentes, sinon plus.

Ceux qui n’ont pas encore fait cet investissement et veulent savoir à quoi s’en tenir réellement peuvent découvrir leurs lacunes en matière de compétences numériques en téléchargeant l’application de niveau de compétences numériques. 

La mise à niveau des compétences aura pour résultat une main-d’œuvre plus vaste et plus diversifiée. En réunissant des groupes diversifiés, les entreprises peuvent s’assurer d’avoir la gamme de compétences et de points de vue nécessaires à la résolution de leurs problèmes. 

Explorez le QI numérique

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