Mines 2019

Bâtir l’avenir du secteur minier canadien

Pourquoi il est temps pour le secteur d’aller au-delà de la performance financière pour se forger une image de marque

Les principales sociétés minières canadiennes ont été pour beaucoup dans la performance financière du secteur à l’échelle mondiale en 2018.

En effet, au cours de la période de 12 mois qui s’est terminée le 31 décembre 2018, les 40 premières capitalisations boursières du secteur ont augmenté leur production, stimulé leurs flux de trésorerie, réduit leurs dettes, accéléré leurs dépenses d’investissement et dégagé pour leurs actionnaires des rendements proches des sommets historiques.

Six sociétés du Canada font partie de ce groupe, notamment Société aurifère Barrick, au 11e rang, et Ressources Teck Ltée, au 14e rang. La Chine, qui occupe le quart de la liste, est le seul autre pays le plus représenté dans ce classement. La place du Canada aurait été plus importante si le classement avait pris en compte les sociétés de flux de redevances. En revanche, les sociétés canadiennes ont été les plus rentables, avec une marge de BAIIA de 42 %, contre 24 % pour le groupe.

Kirkland Lake Gold Ltd. a fait son entrée dans le classement grâce à un chiffre d’affaires de 915,9 millions de dollars américains, en hausse de 23 % par rapport à l’exercice précédent, et à des bénéfices qui ont plus que doublé à 273,9 millions de dollars américains , d’où l’envolée de 87 % de l’action au cours de l’exercice. Ces résultats s’expliquent par la rentabilité des mines dans des pays favorables, notamment deux gisements à haute teneur et à bas coût d’exploitation : la mine Macassa au Nord-Est de l’Ontario et la mine Fosterville en Australie, acquise à l’occasion de la fusion avec Newmarket Gold Inc. en 2016.

Mines Agnico Eagle Ltée, auparavant au 24e rang, est montée de deux positions dans le classement. La société torontoise a dépassé ses prévisions de production, avec un coût unitaire plus bas qu’anticipé, et les investisseurs ont bien accueilli l’annonce de la bonne progression des projets Amaruq et Meliadine (au Nunavut) vers un début de production au troisième trimestre. La société a également publié au premier trimestre des « résultats de prospection très positifs » concernant plusieurs de ses principaux projets au stade embryonnaire.

« Le secteur minier mondial a connu une excellente année 2018, et les entreprises canadiennes ont fortement contribué à cette réussite. À mesure qu’elles continuent de progresser, les entreprises auront l’occasion de faire passer le secteur à un niveau supérieur, en faisant valoir leurs succès et leur contribution à la société. »

Kevin Chan, Leader du Secteur Minier

Photo : courtoisie de Pan American Silver

De nouvelles craintes à l’échelle mondiale

Toutefois, les excellents résultats financiers n’ont pas suffi à satisfaire les investisseurs. Les principales sociétés minières canadiennes font face aux mêmes difficultés que le secteur minier mondial, particulièrement le changement d’attitude des investisseurs et des autres parties prenantes, qui s’inquiètent du retard du secteur sur trois enjeux majeurs : la réduction des émissions dans le cadre de la lutte contre les changements climatiques, l’investissement dans les nouvelles technologies à l’ère du numérique et l’établissement de marques fortes et de liens solides avec les consommateurs et les autres acteurs concernés.

En tant qu’émetteur de gaz à effet de serre et fournisseur de matériaux à base de carbone, le secteur minier est au cœur du débat sur les changements climatiques. Les sociétés canadiennes ont de nombreuses occasions de répondre aux préoccupations des parties prenantes, de redorer leurs blasons et de regagner la confiance des investisseurs.

Une stratégie pour forger l’image de marque du secteur minier

Envisager la croissance par les fusions et acquisitions

Les fusions et les acquisitions accélèrent la croissance dans le secteur. Lorsque les sociétés atteignent une certaine taille, elles attirent plus de capitaux et offrent à des sociétés de taille moindre la possibilité de croître en faisant l’acquisition de leurs actifs non essentiels. Les transactions sont également une opportunité pour les minières canadiennes de rehausser leur statut et leur image de marque en effectuant des opérations axées sur la création de valeur stratégique à long terme.

Après une période de ralentissement des transactions, on note un regain d’intérêt des 40 principales sociétés minières pour les fusions et les acquisitions. La valeur des transactions annoncées a bondi de 137 %, soit 30 milliards de dollars américains en 2018, en raison d’une succession de transactions dans le secteur aurifère, de la demande croissante pour les métaux liés à l’énergie et d’une tendance des minières à optimiser leurs portefeuilles. Cet élan s’est maintenu en 2019, la valeur totale des transactions annoncées durant les quatre premiers mois de l’année ayant déjà dépassé celle de toute l’année 2017.

Certaines des plus grosses transactions ont été effectuées au Canada. Le pays compte pour plus du quart de la valeur totale des transactions de 2018, en raison de la réaction du secteur aurifère à la diminution du nombre de projets d’avenir, du recul des découvertes de sites exploitables et des gisements à haute teneur et d’un manque de projets de qualité à l’état embryonnaire. L’acquisition de Société aurifère Barrick par Randgold Resources Ltd. a enclenché une dynamique en 2018, qui s’est poursuivie cette année, notamment avec la prise de contrôle de Goldcorp Inc. par Newmont Mining Corp. et la cession par Yamana Gold Inc. de la mine Chapada (au Brésil) à Lundin Mining Corp.

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Trouver la bonne voie vers la transformation numérique

Dans de nombreux secteurs, les grandes sociétés font des investissements suffisamment importants pour justifier la création d’un poste de direction consacré aux technologies de l’information. Parmi les 40 principales minières du monde, seules 7 ont un directeur des technologies, de l’informatique ou du numérique.

L’automatisation et l’informatisation prennent de l’ampleur dans le secteur, car les sociétés cherchent à réduire les coûts de production et à améliorer leur efficience. Toutefois, dans leur réflexion sur la stratégie à adopter, les minières devraient s’inspirer de la réussite des autres secteurs en matière de déploiement de technologies.

Voici un cas de réussite technologique dans le secteur minier : Mines Agnico Eagle est parvenue à implanter un réseau LTE à trois kilomètres sous terre dans sa mine LaRonde, au Nord-Ouest du Québec, après l’avoir testé dans un projet pilote l’année dernière. Comme ce réseau permet aux mineurs de communiquer et d’échanger en temps réel des données et de la vidéo, il améliore la productivité et la sécurité.

L'évolution de la technologie est tellement rapide que l’industrie minière doit faire preuve de souplesse dans sa façon de l’utiliser, ce qui nécessite que le personnel adhère au changement et en fasse la promotion.

Pour y arriver, les sociétés doivent observer attentivement les modes d’apprentissage et les besoins des employés. Ces derniers, la génération Y surtout, veulent apprendre et rester informés, mais ils recherchent aussi tout ce que la technologie peut offrir comme avantages personnels, notamment l’accès à distance à leur travail et davantage de souplesse dans les horaires.

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Mettre en avant la richesse créée par le secteur minier

La création de richesse de l’industrie minière canadienne se chiffre à des milliards de dollars chaque année au profit de nombreuses parties prenantes, notamment les gouvernements, le personnel, les actionnaires et autres.

Par l’intermédiaire des impôts et des redevances, le secteur minier verse une part importante de ses fonds et de ses bénéfices aux gouvernements. L’an dernier, les 6 minières canadiennes figurant parmi les 40 premières du secteur à l’échelle mondiale ont versé un total de 1,6 milliard de dollars américains en impôts directs, 858 millions de dollars américains en redevances et 78 millions de dollars canadiens en contributions aux organismes communautaires. Pour les 5 sociétés à avoir indiqué les coûts du personnel, les salaires et cotisations ont totalisé 4 milliards de dollars américains. Les sorties de capitaux au titre des dividendes, des rachats d’actions et des dépenses d’investissement constituent une création de richesse supplémentaire.

Dans un contexte où l’opinion publique estime que les sociétés ne contribuent pas assez au bien-être collectif, il est important que les principales minières présentent aux parties prenantes un portrait complet de la situation. Les documents publics et les rapports financiers ne suffisent plus. Les sociétés doivent plutôt montrer l’ampleur de leur contribution à l’effort collectif.

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Promouvoir la diversité

Pour que l’industrie minière puisse changer l’image qu’elle projette, ses acteurs doivent avoir un personnel diversifié, plus représentatif du milieu où elles exercent leurs activités.

Dans l’ensemble, les sociétés canadiennes classées parmi les 40 plus grandes minières du monde sont sur la bonne voie en matière d’amélioration de la diversité de genre, mais les changements sont lents. Les sociétés canadiennes réalisent quelques progrès : les femmes représentent le quart des nominations aux conseils d’administration, contre 21 % parmi les 40 plus grandes minières du monde. Quant aux nominations à la direction, le pourcentage est de 27 % de femmes pour les sociétés canadiennes, contre 12 % pour les autres.

En 2018, les conseils d’administration des 6 minières canadiennes figurant dans la liste des 40 plus grandes du monde étaient composés à 21 % de femmes, à égalité avec les autres sociétés sur la liste. Les directions étaient constituées de seulement 10 % de femmes, chiffre légèrement inférieur à celui de 11 % pour les autres sociétés. Ce chiffre soulève la question de savoir comment le secteur arrivera à trouver des femmes avec suffisamment d’expérience pertinente pour siéger aux conseils d’administration.

Les initiatives en faveur de la parité ne suffiront pas à elles seules à combler l’écart. Il est essentiel que la diversité des genres et l’inclusion fassent partie des priorités stratégiques des sociétés. Autrement dit, la solution ne doit pas se réduire à de simples ajouts aux politiques de ressources humaines. Ces enjeux nécessitent plutôt une supervision du conseil d’administration et un engagement de la haute direction. Les sociétés doivent intégrer la diversité et l’inclusion dans leurs objectifs, leurs processus d’évaluation de la performance et leurs rémunérations incitatives.

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Affiner les politiques en matière de carbone

Les 40 plus grandes sociétés minières du monde ont beaucoup progressé dans la gestion de l’impact de leurs activités sur l’environnement. La plupart d’entre elles se sont imposé des cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 3 % à 5 % avant l’année prochaine. Elles ont également amélioré leur communication sur les questions de développement durable. Mais, dans le contexte actuel, la communication seule ne suffit pas pour gagner et conserver la confiance des parties prenantes, nombre desquelles veulent voir des progrès directs et tangibles.

Le secteur minier semble être resté à la traîne des autres secteurs en matière d’établissement d’objectifs environnementaux clairs et mesurables. Les acteurs du secteur doivent redoubler d’efforts, d’autant plus qu’un nombre croissant d’investisseurs institutionnels évaluent la qualité de la gestion par les entreprises des questions liées à l’environnement, à la responsabilité sociale et à la gouvernance avant d’envisager d’investir.

Les sociétés les plus pragmatiques ont fait des risques et des opportunités liés à l’environnement un enjeu stratégique qui exige une supervision directe de leurs conseils d’administration. Certaines conditionnent une partie de la rémunération globale à la qualité des actions des employés en matière de développement durable. Chez Ressources Teck par exemple, la performance liée aux questions de développement durable touche au moins 5 % de la prime annuelle cible des membres de la haute direction. Ce sont de telles idées et politiques qui permettront au secteur minier de rattraper son retard par rapport à l’évolution des attentes des parties prenantes et d’en suivre le rythme.

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Perspectives financières des minières mondiales

Il est probable qu’en 2019, les principales minières mondiales voient leurs marges subir une pression et la croissance de leur chiffre d’affaire se stabiliser, car l’effet de la petite augmentation de la production et de la hausse des prix du minerai de fer sera atténué par le contrecoup de la baisse des prix du cuivre et du charbon. D’autres transactions pourraient raviver l’intérêt des investisseurs pour le secteur, favorisant ainsi de nouvelles prospections et de nouvelles mises en valeur de mines.

G$ Prévisions 2019 2018 2017 Variation (%)
Produits 686 683 632 8%
Charges d'exploitation -511 -505 -465 9%
Autres charges d'exploitation -6 -13 -9 44%
BAIIA 169 165 158 4%
Pertes de valeur -4 -12 -3 300%
Dotation aux amortissements -46 -47 -47 0%
Charges financières, montant net -10 -13 -13 0%
Bénéfice avant impôt 109 93 95 -2%
Charge d'impôt -33 -27 -30 -10%
Bénéfice net 76 66 65 2%

Source : Mine 2019: Resourcing the future

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