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Exploiter les nouvelles opportunités tout en gérant les risques croissants pour les sociétés minières canadiennes

En raison notamment de leur solide rendement et de leurs perspectives favorables, les sociétés minières sont maintenant confrontées à des attentes et à des pressions accrues de la part des gouvernements, des organismes de réglementation, des actionnaires et des autres parties prenantes. Ces derniers veulent les voir dégager des rendements à court terme, faire preuve d’une bonne gérance environnementale et contribuer aux pays et aux collectivités où elles sont implantées. Les minières doivent aussi gérer les risques qui pourraient influer sur leur capacité à maintenir la progression de leur performance : les incertitudes géopolitiques, les réformes fiscale et réglementaire, l’augmentation des coûts et les changements climatiques.

Aux portes du quatrième trimestre de 2021, Monica Banting, notre Leader des Services au secteur minier de l’Est du Canada, s’est entretenue avec Robert Johnston, directeur général et conseiller de direction pour l’énergie, le climat et les ressources du groupe Eurasia. Ensemble, ils explorent les pressions que subissent les sociétés minières canadiennes et les opportunités uniques qui attendent celles qui sauront traverser cette période incertaine.

« C’est une période à la fois idéale et éprouvante pour l’industrie minière au Canada, déclare M. Johnston. Le contexte est parfait pour les produits de base, mais il existe encore bien des difficultés. »

Selon lui, les sociétés minières peuvent profiter de la vigueur des prix des produits de base et des forces de l’industrie, pourvu qu’elles réussissent à gérer les risques qui les guettent, comme les incertitudes géopolitiques. « Il existe des montées de nationalisme en matière de ressources », dit-il, faisant référence aux mesures que prennent certains pays, comme des réformes fiscales, pour s’emparer d’une plus grande part des revenus miniers lorsque les prix sont élevés.

Si certains risques peuvent sembler indépendants de leur volonté, les entreprises ne sont pas pour autant impuissantes devant eux. Selon Johnston, les sociétés minières canadiennes doivent se monter proactives pour relever les défis et surmonter les incertitudes. Il souligne qu’il est de plus en plus important pour ces sociétés d’obtenir l’assentiment des parties prenantes à l’égard de leurs projets – au Canada ou à l’étranger – pour poursuivre leur croissance en toute confiance sans subir de risques. Les facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) sont plus que jamais au cœur des préoccupations, et une conduite exemplaire à ce chapitre sera essentielle pour acquérir et maintenir cette caution sociale dans les années à venir. 

Gouvernance : préparer le terrain pour la réussite

Une façon pour les sociétés minières canadiennes de composer avec ces risques est de les intégrer dès le départ à leur processus décisionnel et à leur planification : lorsqu’elles envisagent de faire une acquisition, par exemple, les entreprises doivent tenir compte de considérations géopolitiques à long terme susceptibles de jouer sur les évaluations et les inclure dans leur contrôle préalable.

« Au cours d’un projet qui doit durer 20 ou 30 ans, il y aura probablement deux ou trois cycles de ce nationalisme en matière de ressources qui coïncideront avec l’élection d’un nouveau gouvernement local, mais aussi avec la dynamique mondiale des produits de base et l’ampleur de la richesse perçue dont les États voudront accaparer une partie », affirme M. Johnston.

Les sociétés minières doivent donc impérativement surveiller ces risques à long terme et déterminer les meilleures façons d’amorcer le dialogue avec les parties prenantes telles que les gouvernements et les organismes de réglementation. « Quand on passe de l’évaluation à la gestion des risques politiques, il faut investir dans les relations avec les autorités du pays d’origine et celles du pays hôte et obtenir le soutien des deux parties », ajoute M. Johnston. Il souligne en outre l’important rôle de gouvernance des conseils d’administration des sociétés minières canadiennes, qui doivent évaluer si la direction aborde convenablement les relations clés et les risques plus importants auxquels les sociétés minières sont exposées dans les territoires où elles exercent leurs activités. « Le conseil d’administration doit être déterminé à faire respecter les normes les plus élevées des pratiques ESG. »

La transparence fiscale est une autre occasion pour les sociétés minières de préparer leur croissance mondiale. En produisant des rapports détaillés et authentiques sur leurs mesures de transparence, les sociétés minières canadiennes ont l’occasion de mettre en évidence la valeur des impôts et taxes qu’elles paient tout en établissant des relations avec les gouvernements et les autorités fiscales. Grâce à ces rapports, elles peuvent mieux faire face à l’incertitude des politiques fiscales et assumer un rôle plus déterminant dans l’élaboration de régimes fiscaux stables et bien conçus qu’elles jugent souhaitables.


Performance environnementale : l’audace se traduit par de nouveaux avantages

Les inquiétudes grandissantes autour des questions de développement durable comme les changements climatiques incitent les sociétés minières canadiennes à accorder une attention particulière à leur performance environnementale et à son effet sur l’obtention d’une caution sociale à long terme. Les sociétés minières doivent certes veiller à réduire l’impact environnemental de leurs propres activités, mais la transition vers une économie à faible intensité de carbone crée également de nouvelles possibilités de croissance.

Les métaux pour batterie représentent une occasion majeure pour les sociétés minières canadiennes, en particulier du fait de leur pénurie mondiale à moyen terme, alors que la demande est appelée à augmenter considérablement à l’avenir. Les gouvernements de divers pays comme le Canada et les États-Unis, souligne M. Johnston, manifestent un vif intérêt pour les minéraux énergétiques essentiels propres et l’offre ne répond plus à la demande. Les sociétés minières cherchent donc la meilleure façon de se positionner sur ce marché.

Cependant, les grandes sociétés minières cherchent encore la voie à suivre et s’interrogent toujours sur la façon dont ces minéraux pourraient s’intégrer à leur portefeuille, astreint à des critères d’investissement particuliers, et préfèrent les projets à long terme dont les coûts se situent dans le plus bas quartile.

Tandis que les sociétés minières continuent d’évaluer la rentabilité des investissements dans les métaux pour batterie, la bonne nouvelle est qu’il existe des gisements aux teneurs attrayantes ayant le potentiel de générer des rendements solides à moyen terme, bien que ces gisements aient probablement une durée de vie plus courte que celle que recherchent généralement les grandes sociétés minières. L’exploitation de ces actifs de plus petite envergure peut offrir un avantage précoce aux entreprises capables de les mettre en production rapidement, en particulier si les clients qui s’intéressent aux minéraux produits, tels que les constructeurs automobiles et leurs fournisseurs, sont prêts à payer des prix élevés. Tandis que les sociétés minières attendent le point d’inflexion auquel l’extraction des métaux pour batterie deviendra véritablement viable, les entreprises audacieuses qui investissent dès à présent dans ce domaine seront très bien positionnées dans les années à venir.


Questions sociales : le rôle clé des partenariats

Un autre aspect clé de l’obtention d’une caution sociale est l’acceptation par la collectivité, qui force les sociétés minières à tisser des liens étroits avec les parties prenantes locales. C’est le cas même pour les projets miniers qui mettent à l’honneur d’autres facteurs ESG importants, comme ceux visant à extraire et à fournir des métaux pour batterie. « À l’échelle locale, on croit toujours que ces investissements vont immobiliser les capitaux pendant 10 ou 15 ans avant de produire des rendements », estime M. Johnston, qui rappelle notamment les difficultés d’obtention des permis nécessaires et de mise en valeur de mines à certains endroits en raison des différentes considérations ESG qui peuvent intervenir.

M. Johnston rappelle qu’au Canada, il est particulièrement important pour les sociétés minières d’établir des relations solides avec les communautés autochtones, qui devront être consultées tout au long du cycle de vie de la mine. « Je crois que le Canada est un cas intéressant, car les pouvoirs publics soutiennent véritablement la production de métaux essentiels. Bon nombre des projets de ce secteur feront appel à des partenaires autochtones et, selon moi, le gouvernement actuel est très porté sur les partenariats autochtones et le développement du Nord. C’est donc un domaine très prometteur. »

Il n’y a pas que le gouvernement canadien. Les sociétés minières peuvent aussi s’attirer l’assentiment des citoyens en travaillant de concert avec des organismes mondiaux influents, comme la Banque mondiale, à des projets axés sur la transition énergétique. « Les métaux essentiels à la transition énergétique, au sens large, sont une priorité pour ces organismes. Ils ne demandent qu’à conclure des accords », commente M. Johnston, ajoutant que la possibilité de former des partenariats avec ces organismes soutiendra les plans d’expansion des sociétés minières.


Adopter le changement et la transformation devient plus impératif que jamais

Alors que les sociétés minières évaluent soigneusement les opportunités et les risques découlant de ce contexte commercial changeant, M. Johnston souligne qu’il est plus urgent que jamais de maîtriser des questions telles que la performance ESG. Selon lui, les investisseurs accordent beaucoup d’attention à la question de la caution sociale lorsqu’ils prennent des décisions et évaluent les risques. Il fait remarquer que les investisseurs sont de plus en plus à la recherche d’entreprises qui ne se contentent pas d’établir des objectifs ESG, mais qui expliquent comment elles y parviendront. « Dans les prochaines années, les investisseurs insisteront davantage pour que les entreprises s’engagent à respecter leurs objectifs et prennent les mesures nécessaires pour les atteindre le plus vite possible. Je pense que c’est la tendance actuelle, et ce sera difficile pour de nombreuses entreprises. »

Les investisseurs s’intéresseront également à la performance ESG des sociétés minières dans les moindres détails. « Je crois que les sociétés devront se montrer plus transparentes, car les prêteurs comme les actionnaires vont entrer dans le vif du sujet et poser des questions sur la performance ESG », ajoute M. Johnston, qui évoque par exemple la rémunération du personnel, la diversité et l’inclusion de même que l’empreinte environnementale. Comme certains investisseurs demandent à examiner les chiffres de plus près, les sociétés minières devront investir dans leurs capacités d’analyse des données, essentielles pour l’instauration d’indicateurs et de rapports adéquats et la fiabilité des mesures ESG.

Le passage à une économie à faible intensité de carbone pousse nombre de sociétés minières canadiennes à se demander à quoi ressemblera l’avenir pour elles, et certaines ont déjà entrepris de changer leur façon de faire des affaires. Beaucoup, par exemple, se penchent sur les compétences liées à la gestion de la chaîne d’approvisionnement, les relations avec les actionnaires et la traçabilité des métaux et des minéraux, aspects qui seront de plus en plus nécessaires à leur prospérité.

L’importance grandissante de plusieurs de ces facteurs ESG coïncide avec une autre difficulté clé qui crée non seulement de l’incertitude, mais aussi un nouvel élan pour inciter les sociétés minières canadiennes à adopter le changement et la transformation : l’augmentation des coûts, en particulier pour des intrants vitaux comme le carburant, les matériaux et la main-d’œuvre. Néanmoins, le fait de viser essentiellement une transformation axée sur des considérations de développement durable devrait aider les sociétés minières à relever beaucoup de défis comme la réduction des coûts et des émissions de carbone ou la contribution à un avenir à faible intensité de carbone. Interrogé sur ce qu’il pense du milieu actuel des affaires, M. Johnston répond : « D’après moi, il est riche en possibilités incomparables. » Il souligne notamment les possibilités qui s’offrent aux entreprises capables de fonctionner dans le milieu complexe de l’industrie minière du Canada.

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Kevin Chan

Kevin Chan

Leader national, Services au secteur minier, PwC Canada

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Associée, chef du secteur minier de l'Est du Canada, PwC Canada

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