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Bâtir une économie canadienne numérique et écologique

par Ellen Corkery-Dooher et Laura W. Geller


Entrevue avec Simon Kennedy, sous-ministre de l’Innovation, des Sciences et du Développement économique, sur les possibilités liées à la reprise et à la croissance au-delà de la pandémie. 

Cet article a été publié à l'origine dans strategy+business, en mars 2021. © 2021, PricewaterhouseCoopers LLP.

Lorsque la pandémie de COVID-19 a frappé, le Canada s’est vite trouvé à court de matériel et d’équipements médicaux essentiels et d’équipement de protection individuelle (EPI). Les équipes d’Innovation, Sciences et Développement économique Canada (ISED) ont tout de suite compris qu’elles pouvaient utiliser leurs relations de longue date avec les entreprises, notamment dans des secteurs comme l’aérospatiale, la fabrication et l’automobile, pour contribuer à combler les besoins. Des initiatives et des mesures incitatives ont été mises en place et, en peu de temps, des fabricants de textile destinés normalement à la confection de manteaux d’hiver se sont mis à fabriquer des blouses médicales en série.

Le sous-ministre d’ISED, Simon Kennedy, était bien placé pour orchestrer ce virage. En trois décennies consacrées au service public, M. Kennedy a conseillé le gouvernement central sur l’élaboration de politiques, il a été le représentant personnel du premier ministre auprès du G-20 et, pendant près de cinq ans, il a dirigé Santé Canada, où il a géré la réponse gouvernementale à la crise des opioïdes. En septembre 2019, quelques mois à peine avant le début de la pandémie, il est entré en fonction dans son poste actuel. En plus de stimuler la production d’équipement de protection individuelle (ÉPI) au pays, le ministère de M. Kennedy a fourni du soutien aux entreprises en détresse et accéléré le programme de déploiement de réseaux Internet à large bande pour répondre à une demande sans précédent.

M. Kennedy et son équipe pensent aussi à l’avenir et dirigent des initiatives qui favoriseront la reprise au Canada; elles seront axées sur une économie numérique inclusive et sur la décarbonisation. Cette vision exigera de l’audace et de l’innovation. Comme M. Kennedy l’a expliqué récemment lors d’une entrevue vidéo donnée à strategy+business, le gouvernement peut jouer un rôle actif pour soutenir l’innovation, en créant un environnement propice et en encourageant la collaboration


S+B : Quels sont les principaux défis de la reprise post-pandémie pour le Canada?

S. KENNEDY : La priorité immédiate du gouvernement et de mon ministère est de protéger la santé et la sécurité de la population. Au final, une bonne politique économique, c’est aussi une bonne politique en matière de santé. Il ne sert à rien de mettre en place une stratégie de reprise ambitieuse si une troisième vague survient ou si la pandémie n’est pas maîtrisée. 

En ce sens, une de nos préoccupations essentielles est de soutenir le secteur privé et les travailleurs. La crise a touché tous les secteurs de l’économie, mais certains plus que d’autres; je pense notamment au tourisme et à l’hébergement, au transport aérien et à l’aérospatiale. Les petites et les grandes entreprises n’ont pas les mêmes besoins non plus. Le Canada est par ailleurs un vaste pays, et d’une région à l’autre l’économie n’a pas été touchée de la même manière. Ces neuf derniers mois, dans toute la mesure du possible, nous avons voulu limiter les répercussions de la pandémie sur l’économie, ainsi que tout risque de dommages permanents, afin de pouvoir rebondir plus fort et plus vite par la suite. 

En regardant l’avenir à moyen terme, on peut déjà dire que de nombreux défis post-pandémie ressembleront aux défis auxquels nous étions confrontés avant la pandémie. D’une certaine manière, la pandémie les a même mis davantage sur le devant de la scène : elle nous a montré qu’il est probablement encore plus important que jamais de nous en occuper. 

Prenons par exemple les enjeux liés au changement climatique. Ils n’ont pas disparu pendant la pandémie et, pour bien des gens, la pandémie a montré que mère Nature pouvait réserver des coups durs à la société et qu’il est vraiment important de gérer les risques systémiques. L’émergence de l’économie numérique figurait également parmi nos grandes priorités avant la pandémie. Bien avant la pandémie, le gouvernement avait annoncé la mise en place d’une Charte du numérique, soit 10 principes encadrant l’élaboration des nouvelles règles de l’économie numérique. Comme nous l’avons vu pendant la pandémie, avec le travail à distance et l’adoption du commerce en ligne, cette charte demeure tout aussi pertinente aujourd’hui, sinon plus. 

S+B : Quel est le rôle de votre ministère dans la gestion de ces enjeux?

S. KENNEDY : Mon organisation joue un rôle important et met à profit tous les leviers dont nous disposons pour promouvoir une économie dynamique et innovante. Nous soutenons ainsi quatre ministères qui ont de vastes mandats, comme l’innovation, le tourisme, la petite entreprise et le développement économique rural. Et, bien entendu, notre ministère œuvre au sein d’une grande équipe fédérale. 

Je travaille au service de l’État — je ne gère pas une entreprise privée — et le gouvernement n’a pas à se substituer au secteur privé. Mais il appartient à mon organisation de définir les règles du jeu. De la création à la dissolution d’une entreprise, et à toutes les étapes intermédiaires, nous sommes responsables des lois et des politiques, comme celles qui touchent la constitution en société, la faillite et l’insolvabilité. 

Nous offrons aussi des programmes d’envergure, et nous soutenons la recherche. Si on compare les lois, les règlements et les programmes canadiens pour le secteur privé à une « chaîne de valeur » de politique publique, on voit que nous sommes présents à toutes les étapes de cette chaîne de valeur. Notre but est de nous assurer qu’il n’y a aucun maillon faible, que nos diverses interventions sont autant de roues d’un même engrenage qui contribueront à assurer la vigueur de notre économie et de notre secteur privé. 

S+B : Donnez-nous un exemple d’intervention du gouvernement pour soutenir une économie plus novatrice?

S. KENNEDY : Le gouvernement peut être un rassembleur et un facilitateur. Par exemple, il y a actuellement beaucoup de recherches sur la création et le fonctionnement des grappes d’innovation. Une grappe est un environnement favorable à des rencontres improbables qui se traduisent par la concrétisation des idées. De plus, lorsque ces grappes prennent leur essor, elles attirent encore plus de nouvelles idées. 

Le programme des Supergrappes du gouvernement vise à cultiver ce type d’environnement, dans des secteurs à fort potentiel qui peuvent manquer d’assise ou de quelques éléments, mais qui peuvent décoller avec le soutien de l’État. Le programme réunit différents acteurs qui ne se rencontreraient peut-être pas autrement. En favorisant la collaboration, il permet des synergies et libère le dynamisme.

Les Supergrappes sont dirigées par le secteur privé; elles sont autoadministrées par un conseil d’administration dirigé par l’industrie. La Supergrappe type est constituée d’un certain nombre d’entreprises bien établies, mais aussi de startups et de PME, de même que de membres du milieu universitaire, d’organismes sans but lucratif et membres du gouvernement.

S+B : Pouvez-vous nous en donner un exemple?

S. KENNEDY : Le Canada a un énorme secteur agricole et est un leader mondial dans la production de protéines végétales. L’innovation est en pleine ébullition dans le secteur des protéines végétales: vous n’avez qu’à aller chez votre épicier spécialisé et vous verrez tous les produits que l’on trouve sur les tablettes. 

La Supergrappe des industries des protéines rapproche les fermiers et les transformateurs, mais inclut aussi les technologues et les innovateurs. Prenons le canola, par exemple. Ce grain a été inventé au Canada dans les années 1970 et, pendant des décennies, il a été un des produits agricoles que nous avons le plus exportés. Par contre, la transformation et la valorisation de ce produit se faisaient essentiellement à l’étranger. Une de nos plus célèbres innovations agricoles n’était donc pas exploitée à son plein potentiel ici, au Canada. La Supergrappe vient changer la donne, car les partenariats qu’elle crée développent de nouvelles variétés de canola à forte teneur en protéines et mettent au point des technologies novatrices pour transformer ce grain en de nouveaux produits alimentaires et préparations pour animaux.  

S+B : Quels ont été les résultats du programme des Supergrappes jusqu’à présent?

S. KENNEDY : C’est une nouvelle façon de travailler, qui réunit des gens qui n’auraient pas collaboré de prime abord, et il a donc fallu un peu de temps pour la mettre en orbite. Les participants ont dû déterminer avec qui ils pouvaient établir des partenariats et comprendre comment ils devaient faire fonctionner ces partenariats. Mais la machine est maintenant lancée, et les premiers résultats montrent que le programme suscite de plus en plus l’adhésion. 

À l’origine, le plan d’affaires prévoyait un financement à parts égales. Ainsi, pour chaque dollar investi par le gouvernement, l’industrie devait investir un dollar également. Les résultats ont dépassé nos attentes. Les Supergrappes ont approuvé des centaines de projets, d’une valeur dépassant le milliard de dollars canadiens, et la participation financière de l’industrie a dépassé ce qui était attendu. Le programme encadre maintenant des alliances touchant environ 900 partenaires, dont plus de la moitié sont des PME. 

S+B : Que faites-vous d’autre pour soutenir l’innovation au sein des entreprises, par exemple au moyen d’investissements directs?

S. KENNEDY : Dans certains cas, une entreprise n’a aucune bonne raison commerciale de faire certains investissements, même s’ils peuvent lui assurer une grande visibilité. Il y a d’autres cas aussi où, globalement, l’investissement est justifié pour la société canadienne dans son ensemble, voire pour l’entreprise elle-même, mais où le risque ou l’incertitude complique les choses. Dans de telles situations, le gouvernement peut s’associer directement au secteur privé pour partager les coûts ou le risque. 

Par exemple, mon équipe dirige un programme appelé le Fonds stratégique pour l’innovation, un fonds d’envergure qui soutient le développement de technologies novatrices et de nouvelles entreprises. Un des principaux axes d’intérêt est la décarbonisation et les technologies vertes. Nous savons tous que, globalement, les technologies propres représentent un secteur prometteur à demande croissante. En tant que société, nous nous intéressons à l’émergence et au déploiement de technologies propres et à l’atteinte de la carboneutralité. 

Mais certaines technologies propres — comme les nouvelles façons de capter et d’utiliser le carbone — représentent des investissements très risqués, dont les gains n’apparaîtront pas nécessairement à court terme. À la fin de 2020, le gouvernement a annoncé un nouveau financement de 3 milliards de dollars canadiens, administré par le Fonds stratégique pour l’innovation, qui sera axé sur la réduction des émissions de carbone et le soutien des industries dans l’atteinte de la carboneutralité.

S+B : Ce financement a-t-il commencé à être utilisé?

S. KENNEDY : L’automne dernier, le gouvernement a annoncé, conjointement avec le constructeur automobile Ford, un investissement important pour transformer l’usine d’assemblage et de fabrication d’automobiles de Ford à Oakville, en Ontario, en usine de fabrication de véhicules électriques. Le Fonds stratégique pour l’innovation a ainsi investi 295 millions de dollars dans ce projet de 1,8 milliard de dollars. Le gouvernement aura d’importantes occasions de travailler avec les autres fabricants de véhicules avec le temps pour assurer la transition vers les véhicules non polluants et les technologies à faibles émissions.

Le gouvernement envisage aussi de soutenir la production de batteries. Le Canada dispose de tous les éléments qui constituent la chaîne d’approvisionnement des batteries de véhicules électriques — les minéraux, l’expertise dans le domaine de la fabrication, etc. Avec la demande dans ce secteur, notamment pour les automobiles, les véhicules lourds et les autobus, il pourrait y avoir un marché pour ces batteries. 

Le Canada dispose de tous les éléments qui constituent la chaîne d’approvisionnement des batteries de véhicules électriques — les minéraux, l’expertise dans le domaine de la fabrication, etc. Avec la demande dans ce secteur, notamment pour les automobiles, les véhicules lourds et les autobus, il pourrait y avoir un marché pour ces batteries

S+B : Quelles répercussions ces types de programmes peuvent-ils avoir sur les industries traditionnelles du secteur des ressources?

S. KENNEDY : Les industries du secteur des ressources — l’énergie, l’exploitation minière, la foresterie, etc. — sont des pans importants de l’économie canadienne; elles constituent une partie importante de nos exportations, de nos emplois et du capital naturel de notre pays. Le gouvernement a pour objectif de soutenir ces industries afin qu’elles demeurent concurrentielles et viables. En fait, de nombreuses entreprises du secteur des ressources ont déjà annoncé leur intention de devenir carboneutres, et on constate de plus en plus que les investisseurs à l’international posent ce critère comme condition d’investissement. 

Je crois que parfois les gens tendent à mettre ces économies en opposition, à savoir qu’il y a d’une part une économie moderne, et d’autre part cette autre économie. Mais lorsqu’il est question de notre engagement dans l’innovation, il s’agit du même engagement pour tous, et non d’un engagement à l’égard des industries de l’avenir par rapport aux industries dites traditionnelles. L’innovation concerne l’économie au sens large, et le soutien de l’économie canadienne dans sa volonté de réduire ses émissions de carbone. 

Maintenant, on a beaucoup plus parlé du secteur primaire dans les médias et les débats publics à propos de la réduction des émissions de carbone, notamment. Cela dit, tous les secteurs devront réduire leurs émissions de carbone. C’est ce qu’attendent les investisseurs. C’est ce qu’attendent les citoyens. C’est ce qu’attendent les gouvernements. 

Nous devons aussi voir tous les secteurs sous l’angle du numérique et du besoin de transformation. Par exemple, il est frappant de voir comment la proportion actifs corporels/actifs incorporels des marchés boursiers évolue. En 1975, seulement 17 % de la capitalisation boursière totale du S&P 500 était constituée d’actifs incorporels. Aujourd’hui, ceux-ci représentent pratiquement 90 % de cette capitalisation boursière. La plus grande partie de la valeur repose sur des idées. Êtes-vous mieux mieux placé pour comprendre le client et répondre à ses besoins? Pouvez-vous réagir plus rapidement que les autres? Pouvez-vous exploiter vos ressources de façon plus efficiente? Tout cela dépend en grande partie des données et des technologies. 

S+B : Comment le gouvernement du Canada réglemente-t-il les entreprises dans le cadre de sa transformation numérique, par exemple pour protéger les données et la vie privée? 

S. KENNEDY : Pour mettre en place une économie numérique novatrice, il faut notamment avoir des cadres juridiques et des lois modernes qui conviennent à une économie moderne. Les règles du jeu sont importantes; sans règles adéquates, même les meilleurs programmes de soutien aux entreprises peuvent rater leur cible. Les gens doivent faire confiance aux plateformes qu'ils utilisent. Ils doivent être convaincus que leurs données seront utilisées de manière appropriée, que leur vie privée sera respectée, et que les contrevenants aux règles seront dûment pénalisés.

Un projet de loi actuellement en discussion à la Chambre des communes contient une refonte importante des règles entourant le numérique et les données. Il modernisera les règles sur le consentement et facilitera la portabilité des données. Ce manque de portabilité entrave indéniablement l’émergence de certains modèles d’affaires. Si vous offrez un meilleur service, mais que celui-ci dépend des données que le client fournit à une autre entreprise, il est plutôt difficile actuellement pour ce client de dire « je veux que mes renseignements personnels soient transférés vers cette autre entreprise, car elle offre un meilleur service ». 

S+B : Commet le gouvernement fait-il globalement la promotion du numérique et de l’inclusion numérique?

S. KENNEDY : Nous venons de voir à quel point les réseaux à large bande sont importants pour le bon fonctionnement de l’économie et les interactions sociales. Nous savons tous que l’adoption du numérique s’est accélérée, mais avant la pandémie nous avions toujours du retard par rapport à nos concurrents à cet égard. Les statistiques montrent que les PME canadiennes ont adopté les technologies numériques moins rapidement que les PME américaines, par exemple.

Néanmoins, en mars 2020, 4,7 millions de Canadiens se sont mis à travailler de la maison et des centaines de milliers d’entreprises ont rapidement adapté leur offre de services pour établir leur présence en ligne. Mon ministère travaille avec les entreprises de télécommunications et les fournisseurs d’accès à Internet; nous réglementons ces organisations, et nous collaborons avec elles pour développer la bande passante à haut débit. Ces gens ont travaillé comme des fous pour augmenter la capacité de leurs réseaux et pour faire face à la demande accrue. Au sein de mon propre ministère, qui tire une grande fierté de son engagement à l’égard de la connectivité et qui est favorable aux technologies, nous avons déterminé le printemps dernier que nous devions quadrupler la capacité de notre Internet à haut débit pour continuer à offrir l’ensemble de nos services de manière efficace. Nous envisageons de procéder à d’autres mises à niveau avec le temps. 

Lorsqu’il est question d’inclusion numérique, cependant, de trop nombreux ménages canadiens n’ont toujours pas accès à un réseau Internet à haute vitesse. Avant la pandémie, le gouvernement fédéral a annoncé divers investissements dans ce secteur. Mais la pandémie a fait ressortir l’importance de combler le fossé numérique. Les Canadiens n’ont pas tous été touchés de la même façon; la pandémie a eu des effets disproportionnés sur les communautés minoritaires, les Autochtones et les femmes. En règle générale, certains groupes dans notre société sont exclus et même si nous avons fait de grands progrès en matière de connectivité, il reste encore du chemin à faire.

Le gouvernement a annoncé la mise sur pied du nouveau Fonds pour la large bande universelle à la fin de 2020, qui assurera des investissements supplémentaires à hauteur de 1,75 milliard de dollars. Cela représente une augmentation de 75 % par rapport à son plan original. L’investissement total du gouvernement dans la bande passante au cours des cinq dernières années sera bientôt 10 fois supérieur à l’investissement total historique dans ce secteur. L’objectif officiel est de fournir un accès Internet haute vitesse à 98 % de la population canadienne d’ici 2026, et à toute la population canadienne d’ici 2030.

S+B : Au-delà de la nécessité d’accélérer l’adoption numérique, qu’est-ce que la pandémie nous a révélé sur la résilience du Canada?

S. KENNEDY : Il y a certains secteurs, comme la biofabrication, où nous n’avions pas autant de capacité et de résilience que nous le voulions. Au Canada, un certain nombre de grandes sociétés mettent au point des vaccins et des thérapies, mais nous n’avions pas la capacité pour fabriquer des vaccins contre la COVID-19 à grande échelle. La capacité de fabrication existante est en grande partie consacrée à d’autres priorités, comme la grippe pandémique, la diphtérie, la polio et le tétanos. Le rétablissement de notre capacité de biofabrication est une des grandes priorités de mon ministère et du gouvernement.

Nous avons vu également à quel point la pandémie a creusé les inégalités dans notre société, et cela a amené le gouvernement à soutenir davantage les femmes entrepreneures et les entrepreneurs afro-descendants. Nous travaillons aussi à amener une plus grande diversité au sein des conseils d’administration et des équipes de gestion. Et je dois inclure ma propre organisation dans cet effort — il nous reste encore du chemin à faire avant de pouvoir dire que notre ministère est véritablement diversifié. Mais c’est ce que nous devons viser. Les recherches montrent clairement que les organisations diversifiées sont plus efficaces et résilientes.

Nous devons réfléchir à ce que peut représenter le concept de résilience pour le futur, et nous demander si certains secteurs doivent être réévalués, comme le secteur de la biofabrication en ce moment. Car au bout du compte, nous voulons une économie efficiente et qui fonctionne bien, mais nous voulons aussi résister aux chocs. 

Cela dit, je crois que le Canada a fait preuve de résilience de bien des façons. En tant que pays, nous avons de nombreuses forces : nous ne manquons pas de ressources naturelles, nous disposons d’une solide base industrielle, nous avons une administration publique qui fonctionne bien, et une population qui se serre les coudes en temps de crise. Je crois que nous avons la chance d’avoir un secteur privé qui a des compétences essentielles et des capacités de fabrication qui nous ont permis de nous adapter relativement vite. Je crois aussi que nous avons la chance d’avoir assez d’expertise dans le secteur public pour être en mesure de repérer les occasions à saisir et de travailler avec l’industrie pour faire progresser les choses. 

Par exemple, au début de la pandémie, la presque totalité de nos équipements de protection personnelle venait de l’étranger. Maintenant, en dollars, près de la moitié de ces ÉPI sont fabriqués au Canada. Nos fabricants de textile, qui font normalement des sous-vêtements et des vestes de ski, se sont mis à la fabrication de blouses médicales. Des entreprises qui fabriquaient des simulateurs de vol et des pièces d’automobiles sont passées à la fabrication de ventilateurs. Des distilleries se sont mises à la production de désinfectant pour les mains. Cela a représenté un tournant important pour une partie de notre capacité industrielle. Et il a fallu une situation d’urgence pour que la population canadienne réalise que nous pouvions le faire. 

L’objectif officiel est de fournir un accès Internet haute vitesse à 98 % de la population canadienne d’ici 2026, et à toute la population canadienne d’ici 2030.


Profil des auteures

Ellen Corkery-Dooher est une associée au bureau de PwC Canada à Ottawa et elle est leader de son groupe Secteur public fédéral.

Laura W. Geller est rédactrice en chef de strategy+business.

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Ellen Corkery Dooher

CMC Leader, Secteur public fédéral, Ottawa, PwC Canada

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