Le « burn out » ou syndrome de l’épuisement professionnel, continue de gagner du terrain dans un contexte économique de plus en plus exigeant. Il occupera bientôt le peloton de tête des principales menaces sur la santé mondiale. Les conséquences peuvent se révéler désastreuses aussi bien pour l’individu que pour l’entreprise et doivent inciter les différents acteurs à renouer un dialogue commun afin de transformer la menace en opportunité.
Comprendre le « burn out »
Ce syndrome en pleine expansion, est actuellement encore mal diagnostiqué et assimilé à tort à de la dépression.
Fatigue continue, manque de motivation, sentiment d’inefficacité et d’injustice, irritabilité, manque de confiance en soi… Le « burn out » apparaît dans des situations de perte de contrôle de l’environnement de travail, d’un manque de considération de la hiérarchie et d’une perte de soutien. Il touche tous les milieux professionnels (secteurs hospitalier et du soin, secteur de l’industrie bancaire, enseignement,…) et atteint principalement les personnes clés et dévouées, dotées d’une motivation exemplaire. Souvent, ni la victime, ni l’entourage ne s’expliquent ce changement de comportement. Il ne s’agit ni de négligence, ni de désinvestissement, et encore moins de faiblesse mais plutôt d’un épuisement complet des ressources physiques, émotionnelles et intellectuelles…
Pour l’entreprise, les conséquences sont dévastatrices : absentéisme, départ de talents, accidents, perte de clients, déclin du niveau de qualité,…la liste est loin d’être exhaustive.
Co-responsabilité des acteurs
Dans le domaine de l’épuisement professionnel, personne n’est coupable mais tous les acteurs impliqués sont co-responsables. L’individu en souffrance lance un signal d’appel qui doit alerter le management sur le fonctionnement de l’entreprise. Trouver un équilibre commun entre les intérêts de l’individu et ceux de l’entreprise constitue un défi qui nécessite une responsabilisation de tous.
Du côté de l’individu, cela signifie notamment apprendre à gérer le stress, prendre du recul par rapport à son activité, faire des choix et oser dire non pour être en harmonie avec ses valeurs et priorités.
Du côté de l’entreprise, reconnaître les faits et mettre en place un cadre pour accompagner la personne en « burn out » requiert du courage, de l’intelligence managériale et de l’humilité. Il s’agit de se responsabiliser dans la gestion et la prévention de ce syndrome.
Une analyse de fond sur la raison de l’émergence du « burn out » au sein de l’entreprise doit être menée. Un travail en approche systémique s’avère nécessaire. Cet exercice permettra d’identifier les facteurs ayant favorisé l’apparition du « burn out », d’élaborer des stratégies globales tout en tenant compte de la diversité et de la multitude des interactions et paramètres influençant la vie de l’entreprise en tant que système (règles, culture, valeurs,…) et de mettre en œuvre des solutions nouvelles afin de rétablir un équilibre durable. Les entreprises qui en ont compris les enjeux améliorent leurs performances et deviennent plus compétitives (réduction des absences, rétention des jeunes talents, augmentation de la motivation, amélioration de l’image,…).
Solutions envisagées
Le « burn out » est bel et bien une crise et non une maladie. Sa course peut être arrêtée dès l’apparition des signes prémonitoires tels que plaintes répétées à propos du travail, tendance à la victimisation et aux réactions émotionnelles disproportionnées (explosions, colères, crises), épuisement et difficultés de récupération, tendance au désintérêt professionnel et retrait... Admettre précocement la difficulté permettra un réajustement plus rapide.
Plusieurs interventions peuvent alors être envisagées en fonction du degré d’urgence de la situation :