SOA seulement? Ou SOA et BPM?


Ne pas se lancer tête baissée sans une maîtrise totale de tous les impacts, prévient PwC. Et ne pas tout attendre de SOA...

Concevoir, développer ou intégrer des applications d'entreprise passe aujourd'hui par une démarche SOA. Quel est l'impact de cette évolution sur l'organisation?

Philippe Pierre : « La mise en place d’une SOA engendre des changements profonds au sein des organisations comme, par exemple, l’ajout de nouvelles fonctions, la modification de l’organisation et des responsabilités des équipes, le changement des moyens de communication entre les départements, etc. ».

Quelle est alors la stratégie à suivre pour une organisation ?

Arndt von Reichenbach : « La mise en place d’une SOA ne passe pas uniquement par le choix et l’installation de produits. Beaucoup d’autres aspects restent à définir et à prendre en compte comme l’étude de faisabilité, l’analyse d’impacts d’une SOA, l’analyse des coûts et du retour sur investissement, l’organisation des équipes et la répartition des responsabilités, l’analyse des processus métiers qui sont dans le périmètre de la SOA, la méthode de conduite du projet, et, enfin, l’architecture à mettre en place. C'est beaucoup! »

Quel rôle joue le BPM au niveau de la SOA ?

Philippe Pierre : « Le BPM en tant que moyen d’optimisation et de gestion des processus métiers joue un grand rôle pour la SOA. On peut considérer le BPM comme un élément central pour les implémentations SOA. Le BPM renforce l’utilité de la SOA pour le métier, car la SOA flexibilise les processus surtout pour les tâches automatisées.»

Arndt von Reichenbach : « L’intérêt du BPM est de mettre en avant une approche fonctionnelle à la problématique d’intégration des applications. Cette alliance BPM/SOA est également source d’une meilleure communication entre les équipes métier et IT facilitant une meilleure compréhension des attentes de chacun. ».

Le BPM peut-il alors servir comme véhicule pour surmonter un manque de communication entre les départements métier et le département IT ?

Philippe Pierre : « Tout à fait! Ceci est d’autant plus nécessaire car souvent les représentants du métier ne s’intéressent guère à la SOA. Or, les départements ont un véritable intérêt dans leurs processus. Le BPM peut ainsi lier le métier avec le monde de la SOA. Dans ce cas, les outils BPM serviront comme front-end avec lesquels les managers métier définissent leurs processus sans pour autant devoir connaître tous les enjeux technologiques de l’infrastructure SOA sous-jacente. »

Quels sont les facteurs clé de succès d’une démarche SOA/BPM ?

Arndt von Reichenbach: « Il y a plusieurs éléments qui déterminent le succès d’une démarche SOA/BPM. D'abord, les objectifs métiersclairement définis. Ensuite, une gouvernance et maîtrise des risques, une approche SOA & BPM itérative, intégrée et pragmatique. Il est nécessaire, aussi, que le couple BPM/SOA engage les responsables métiers et ceux de l'IT. Pour bien faire, le BPM devrait faire partie d'une plateforme facilitatrice basée sur SOA. Enfin, il faut tout à la fois des compétences BPM et SOA.»

Quelles difficultés rencontrez-vous lors des projets SOA/BPM ?

Philippe Pierre : « Une des plus grandes difficultés est la communication entre les personnes impliquées dans le projet. Ceci comprend plusieurs dimensions, entre autres la détermination ferme de toute l’équipe de vouloir mener à bien le projet, mais aussi la reconnaissance du savoir-faire de chacun. Dans ce contexte, le management doit prendre un rôle neutre par rapport aux deux équipes impliquées : celle du métier et celle de l’IT. Le management doit ainsi animer le débat entre les deux équipes qui, elles, doivent apprendre à se parler. Idéalement, l’animateur connaît le métier et l’IT. C’est souvent dans ce contexte qu’une assistance à la maîtrise d’ouvrage trouve toute sa valeur ajoutée. »

Quel développement voyez-vous pour les implémentations SOA/BPM ?

Philippe Pierre : « En pratique, on constate que la maturité des éditeurs tant BPM que SOA n’est pas encore telle que l’intégration entre processus métier et web services se fassent sans heurs. De plus, les éditeurs BPM descendent de plus en plus dans la couche web services tandis que les éditeurs SOA remontent de plus en plus dans les processus métier. »

Arndt von Reichenbach : « Nous nous attendons à une consolidation dans le monde des éditeurs pour accélérer l’amplitude de leur offre. Ceci pose des risques pour le client si la dépendance avec l’éditeur et l’intégrateur est trop forte. »