La fonction financière dans l’industrie de l’assurance : enjeux et défis


Afin de faire face à de nouveaux défis, la fonction financière dans l’industrie de l’assurance s’est vue attribuer de nouvelles responsabilités.

L’ensemble des responsabilités de la fonction financière dans l’industrie de l’assurance s’articule dans un environnement mouvant et complexe résultant de différents facteurs :

  • La complexité des normes comptables internationales (IFRS, US Gaap) ;
  • L’inflation des reporting internes et externes ;
  • L’accroissement du contrôle interne et externe (Sarbanes-Oxley, compliance, audit,…) ;
  • La multiplicité des intervenants ;
  • L’émergence d’une gestion globale des risques.
Les défis de la fonction financière : 3 vues complémentaires
« Partenaires »
« Opérationnelle »
« Reporting »
Stratégie du Groupe
Réseaux de distribution
Auditeurs
Superviseurs
Organisation internes
Filiales, succursales
Banques dépositaires
Gestionnaires d’actifs
Analystes financiers
Réassureurs
Coassureurs
Risk Management
Compliance
Réduction des délais de clôture
Disponibilités des données
Qualité des données
Simplification des processus
Standardisation des processus
Gestion des ressources humaines
Automatisation
Clôture annuelle (Loc/IFRS)
Comptes trimestriels
Rapports actuariels
Embedded Value
Sarbanes-Oxley
Rapport Risque & Performance
Gestion des actifs

L’implication des collaborateurs: un rôle clé

La flexibilité, l’engagement et le pragmatisme du personnel et de la direction des entreprises d’assurance leur a souvent permis d’assumer leurs nouveaux défis avec succès en mobilisant l’ensemble des ressources disponibles en période de clôture et en recourant intensivement aux tableurs. Les entreprises d’assurance luxembourgeoises ne bénéficient que rarement ou temporairement d’un régime de faveur, notamment en matière de reporting, du fait de leur taille.
Le niveau d’exigence est généralement identique pour l’ensemble des filiales du groupe.

Ainsi, la préparation des comptes IFRS, des embedded value L’ « embedded value » d’une entreprise d’assurance correspond à la valeur présente des profits futurs corrigée par le coût d'immobilisation des fonds propres et à la valeur ajustée des actifs., de la détermination du capital économique ont été pour beaucoup d’entreprises des processus relativement complexes, exigeant la consolidation de nombreux tableurs (approche « Quick & Dirty » Une solution quick-and-dirty est une solution temporaire et rapide à un problème récurrent faute de temps pour mettre en place des solutions robustes et intégrées dans les processus et les systèmes de l'entreprise.) et des ajustements manuels minutieux.

L’approche « Quick & Dirty » souvent décriée s’avère une solution intermédiaire satisfaisante afin de permettre non seulement au personnel des sociétés d’assurance de s’approprier les nouveaux concepts mais également de développer et de tester les modèles d’évaluation et les tables de conversion des données financières. Il n’en demeure pas moins que la mise à contribution du personnel sur ces tâches est non seulement coûteuse mais également risquée en matière de fiabilité des états financiers et/ou des évaluations actuarielles en particulier en cas de turn-over important. Par ailleurs, ces tâches récurrentes monopolisent des ressources qui, faute de temps, négligent leurs responsabilités inhérentes à la gestion journalière (supervision, …) et au développement de l’entreprise. Ce dernier point est crucial, car contrairement aux entreprises d’assurance dans le monde, actives essentiellement sur un marché local, les entreprises d’assurance luxembourgeoises commercialisent généralement leurs produits sur plusieurs pays, ce qui nécessite une vigilance de tous les instants et un développement commercial sans relâche. Si les solutions « Quick & Dirty » ont permis aux entreprises d’assurance de remplir leurs engagements, certaines entreprises entreprennent une réflexion globale sur la fonction financière compte tenu des nouveaux défis actuels et prévisibles.

L’intérêt d’une réflexion globale

Sans une réflexion globale sur l’ensemble de la fonction financière, le choix d’une solution IT automatisée ne permettra pas d’optimiser durablement les tâches de la fonction financière.
En effet, la fonction financière est tributaire des données financières, techniques, commerciales, … qui sont collectées, stockées, valorisées par d’autres départements ou prestataires de services via des systèmes informatiques spécifiques. Les
nouveaux défis de la fonction financière sont incompatibles avec un modèle d’organisation en silo qui aboutit inévitablement à des goulots d’étranglement et des erreurs car les services concernés n’échangent pas l’information .

Goulots d’étranglement fréquemment rencontrés par les entreprises d’assurance
Organisation
Souscription
Sinistres/Actuariat
Gestion financière
Silo<>Interdépendances
Processus itératifs
Multi-distribution
Multiplicité des applications
Saisonnalité
Comptes intermédiaires
Investissements (UL)
Comptes techniques
DAC, …
Provisions actuarielles
Réassurance
Gestion des surplus
Comptes techniques
Experience rating
LAT, EEV, Shadow accounting,, …
Gestion des PVL
Multi-dépositaire
Périodicité des NAV
Sources d’évaluation
ALM, …
Fonds internes

Pour conclure, au cours de ces dernières années, le rôle du directeur financier en tant que partenaire stratégique auprès du directeur général n’a pas cessé de se renforcer et la directive Solvabilité II Solvabilité II (Solvency II en anglais) est une réforme réglementaire européenne du monde de l'assurance. Dans la lignée de Bâle II, son objectif est de mieux adapter les fonds propres exigés des compagnies d'assurances et de réassurance avec les risques que celles-ci encourent dans leur activité. ne fera que confirmer cette tendance. Ce rôle nécessite une fonction financière proactive, notamment en ce qui concerne l’optimisation des processus financiers, la redéfinition des indicateurs de risque/performance et d’aide à la décision ainsi que la maîtrise des coûts de l’entreprise. Par conséquent, les défis actuels et futurs de la fonction financière requièrent une approche globale, en mode projet, intégrant une mise à plat de l’organisation, des processus et plus généralement une revue et une mise à niveau des applicatifs techniques et financiers .

1.L’ « embedded value » d’une entreprise d’assurance correspond à la valeur présente des profits futurs corrigée par le coût d'immobilisation des fonds propres et à la valeur ajustée des actifs.
2. Une solution quick-and-dirty est une solution temporaire et rapide à un problème récurrent faute de temps pour mettre en place des solutions robustes et intégrées dans les processus et les systèmes de l'entreprise.
3. Solvabilité II (Solvency II en anglais) est une réforme réglementaire européenne du monde de l'assurance. Dans la lignée de Bâle II, son objectif est de mieux adapter les fonds propres exigés des compagnies d'assurances et de réassurance avec les risques que celles-ci encourent dans leur activité