La mondialisation du travail intellectuel menace 2,4 millions d'emplois au Canada

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TORONTO, le 14 novembre 2005 — Le Canada doit devenir plus productif et recentrer ses forces pour protéger et mettre en valeur les 2,4 millions d’emplois reliés aux services du domaine de la gestion des connaissances qui pourraient subir les effets de la concurrence internationale, tout en saisissant dans certaines circonstances les possibilités de délocalisation. Selon l’étude A Fine Balance: The Buying and Selling of Canada, publiée le 14 novembre par PricewaterhouseCoopers (PwC) en collaboration avec un analyste indépendant, David Ticoll, le Canada traîne derrière ses concurrents dans la délocalisation du travail intellectuel. Le Canada doit déterminer les emplois qui nous permettraient de rivaliser avec la concurrence et gagner, et soutenir ces emplois par des investissements dans les technologies et l’innovation dans les entreprises. Simultanément, nous devons être ouverts au déplacement des emplois de travailleurs intellectuels vers des centres à plus faible coût.

D’après le rapport d’enquête, en plus des 2,4 millions de travailleurs intellectuels, 3,3 millions de travailleurs du secteur de la production et de la fabrication sont touchés par la concurrence mondiale et la mobilité des emplois, ce qui signifie que 37 % de la main-d’œuvre du Canada sera secouée par l’économie mondiale dans la prochaine décennie.

« La mondialisation s’attaque à plusieurs catégories d’emplois du savoir qui ont une grande valeur, notamment les RH, les achats, la gestion des placements », déclare Robert Scott, leader des Services-conseils en TI de PwC. « Pour protéger et améliorer notre niveau de vie, les leaders du milieu des affaires et du gouvernement au Canada doivent consentir à la répartition mondiale du travail intellectuel tout en s’assurant que nos entreprises et notre main-d’œuvre possèdent les stratégies et les capacités nécessaires pour conserver une position concurrentielle sur la scène internationale ».

En réaction à la tendance vers la délocalisation, la grande majorité (plus de 70 %) des répondants de l’étude de PwC menée par suite du dernier rapport d’enquête A Fine Balance agissent en vue de réduire les coûts et accroître la productivité. Toutefois, les sociétés canadiennes tardent à faire les investissements nécessaires pour que leurs efforts soient efficaces. Elles sont en retard sur les États-Unis et leurs concurrents internationaux qui ont déjà eu recours à la délocalisation. Ce retard est attribuable à la faible intégration des technologies de l’information et des pratiques commerciales innovatrices au Canada.

« Les sociétés s’assurent d’obtenir un rendement efficace des investissements en technologies de l’information et des communications (TIC) par des activités qui leur permettent d’obtenir les gains de productivité issus de l’impartition et de la délocalisation », affirme M. Ticoll. « La modularisation, la collaboration en réseau et la concentration sur ce que nous faisons de mieux sont les conditions préalables à l’impartition du travail intellectuel à l’échelle mondiale. Les entreprises canadiennes doivent regagner le terrain perdu pour ce qui est de leur capacité de tirer parti de nouvelles sources à coût peu élevé de travail intellectuel en TIC à l’échelle mondiale ».

Entre-temps, les sociétés américaines dans chaque secteur d’activité, qu’il s’agisse des services financiers, des télécommunications, des soins de santé, de la vente au détail ou de la fabrication, ont entrepris des projets ambitieux afin d’apporter des changements organisationnels axés sur les TIC.

Les répondants de l’étude de PwC sont divisés au sujet de la mondialisation du travail intellectuel quand on leur demande s’il s’agit d’une possibilité ou d’une menace à l’égard de leurs entreprises et du Canada tout entier. Les constatations diffèrent considérablement selon que le répondant faisait partie ou non du secteur des technologies de l’information et des communications. Selon l’étude de PwC, 39 % des répondants des TIC pensent que l’incidence de la mondialisation du travail intellectuel sur la main-d’œuvre canadienne sera néfaste à court et à long termes, alors que 29 % des répondants prévoient entièrement le contraire et envisagent des avantages à court et à long termes. Les répondants d’autres secteurs que les TIC sont un peu plus optimistes : 57 % pensent que la délocalisation nuira aux travailleurs canadiens à court terme, mais les avantagera à long terme. Néanmoins, 29 % sont d’accord avec les gens des TIC pour qui la délocalisation est mauvaise pour les travailleurs canadiens à court et à long termes.

Les répondants de l’étude de PwC ne sont pas certains des effets de la délocalisation sur l’économie canadienne. Près de 40 % des répondants du secteur des TIC voient des avantages à court terme comme à long terme pour le Canada, mais seulement 11 % des répondants d’autres secteurs sont d’accord avec ce point de vue. Chez les répondants d’autres secteurs que les TIC, 61 % prédisent des difficultés à court terme et des gains à long terme. Mais un pourcentage étonnant, soit 26 % des répondants du domaine des TIC, prévoient le contraire : ils estiment que l’économie en profitera à court terme, mais en souffrira à long terme.

L’étude publiée le 14 novembre s’appuie sur une précédente recherche novatrice publiée en 2004 par PwC et M. Ticoll. En 2004, dans une étude intitulée, A Fine Balance: The Impact of Offshore IT Services on Canada’s IT Landscape, PwC et M. Ticoll ont prévu le déplacement vers l’étranger, d’ici 2010, de 75 000 emplois en TI et d’un nombre égal d’emplois dans d’autres secteurs. Le rapport d’enquête mentionnait également que cette délocalisation d’emplois pourrait être compensée par une exportation accrue du savoir canadien qui se traduirait par un gain net de 165 000 emplois.

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