TORONTO, le 15 avril 2008 — Les fusions et acquisitions dans le secteur mondial de la métallurgie ont fait un bon record en 2007, progressant de 67 % par rapport à l’année précédente malgré le resserrement du crédit. Forging Ahead, la plus récente étude de PricewaterhouseCoopers (PwC) sur les regroupements d’entreprises dans le secteur, a également mis au jour des changements d’orientation radicaux, alors que les sociétés passent de l’acier vers l’aluminium et déplacent leurs activités de l’Europe occidentale vers la nouvelle zone active de l’Amérique du Nord, notamment le Canada.
Le rythme des regroupements dans le secteur de la métallurgie — principalement celui de l’aluminium — s’est fortement accéléré en 2007. Le nombre d’opérations rendues publiques a légèrement augmenté, passant de 385 en 2006 à 411 en 2007. En revanche, la valeur totale des opérations a connu une hausse considérable, passant de 86,4 milliards de dollars américains en 2006 pour atteindre 144,7 milliards en 2007. Le secteur de l’aluminium représente une bonne partie des activités, ayant enregistré 56 opérations d’une valeur totale de 77,3 milliards, soit près de quatre fois le résultat obtenu entre 2003 et 2006 (21,3 milliards).
« Malgré l’instabilité des marchés financiers, les possibilités dans le secteur mondial de la métallurgie sont énormes », indique Jim Forbes, leader mondial du groupe de services au secteur des métaux de PwC. « En effet, le prix des actifs qui devrait continuer de diminuer et le marché qui favorise nettement les acheteurs stimuleront les regroupements d’entreprises. Le secteur de la sidérurgie, qui est très fragmenté, semble d’ailleurs prêt pour d’autres regroupements. »
Le secteur de l’aluminium a toujours connu une activité moindre que le secteur sidérurgique. Toutefois, le géant de l’industrie minière, Rio Tinto, a établi un nouveau record dans le secteur en faisant l’acquisition d’Alcan pour la somme de 38,1 milliards de dollars américains. Grâce à cette acquisition et à la fusion tripartite de RUSAL, SUAL et Glencore International pour 30 milliards de dollars américains, les opérations dans le secteur de l’aluminium ont totalisé 77,3 milliards de dollars américains, soit plus de 19 fois le montant enregistré en 2006.
Le secteur sidérurgique a, de son côté, conclu quelques opérations de faible valeur pour l’essentiel, à l’exception notable de l’acquisition de la société anglo-néerlandaise, Corus, par Tata Steel. ArcelorMittal a fait diverses acquisitions modestes sur les marchés émergents tandis que plusieurs producteurs nord-américains ont acheté de petits concurrents dans le but de réduire leur capacité excédentaire ou d’accroître leur offre de produits.
L’étude Forging Ahead analyse également la situation sur les principaux marchés régionaux
Amérique du Nord
L’Amérique du Nord est devenue le théâtre de nombreux regroupements dans le secteur mondial de la métallurgie, avec 115 opérations d’une valeur de 77 milliards de dollars américains, soit presqu’autant que les opérations réalisées par l’ensemble du secteur l’année précédente. L’acquisition d’Alcan par Rio Tinto a compté pour près de la moitié de ce montant. Toutefois, plusieurs entreprises sidérurgiques implantées dans les pays émergents ont également fait l’achat de producteurs nord-américains dans le but d’augmenter la chaîne de valeur et de pénétrer le marché des États-Unis, pays où la consommation d’acier devrait dépasser la production dans les années à venir.
Les opérations se sont avérées particulièrement intenses au Canada. Deux des trois propriétaires des principales entreprises sidérurgiques encore indépendantes proviennent d’autres pays, ce qui révèle que le gouvernement canadien préfère des entreprises locales florissantes sous contrôle étranger plutôt que des entreprises locales qui ont du mal à livrer concurrence.
L’étude Forging Ahead prévoit que les entreprises sidérurgiques des marchés émergents et des pays industrialisés s’intéresseront encore fortement à l’Amérique du Nord pendant un certain temps. Les perspectives à long terme augurent bien et la consommation américaine devrait connaître une croissance annuelle de 3 % dans les deux prochaines années.
Europe centrale et orientale
Les regroupements d’entreprises ont enregistré une forte croissance dans cette région en 2007 : on y dénombre 23 opérations pour un total de 30,8 milliards de dollars américains, soit plus de neuf fois le montant obtenu l’année précédente (3,3 milliards). La création d’United Company RUSAL représente à elle seule 97 % de ce montant.
Malgré tout, le secteur sidérurgique en Europe centrale et orientale a déjà fait l’objet de plusieurs regroupements d’entreprises. Les 10 premiers producteurs contrôlent 85 % de la production brute et un certain nombre d’entreprises sidérurgiques les plus importantes sont capables de produire elles-mêmes le minerai de fer et le charbon dont elles ont besoin. Beaucoup d’entreprises sidérurgiques de la région examinent donc d’autres options ailleurs.
Europe occidentale
L’Europe occidentale a enregistré 104 opérations d’une valeur totale de 20 milliards de dollars américains contre 69 l’année précédente, d’une valeur de 49,3 milliards. Le secteur sidérurgique alimente principalement les regroupements. Le secteur de l’aluminium représente à lui seul 18 opérations pour une valeur totale de 129 millions de dollars américains, soit une légère augmentation par rapport à 2006 (76 millions). Toutefois, le nombre d’opérations dans d’autres secteurs de la métallurgie est bien supérieur à celui de 2006, soit 27 pour une valeur totale de 3,2 milliards de dollars américains.
Amérique centrale et Amérique latine
L’Amérique centrale et l’Amérique latine ont enregistré 21 opérations en 2007 pour une valeur totale de 9,6 milliards de dollars américains. À l’exception de l’acquisition par Anglo American d’une participation minoritaire dans la mine de minerai de fer de Sistema Minas-Rio, le secteur sidérurgique représente près de 75 % de ce montant.
Asie-Pacifique
Le nombre d’opérations a fortement baissé dans la région puisqu’il est passé de 154 en 2006 (valeur totale de 15,1 milliards de dollars américains) à 148 en 2007 (7,2 milliards). Cette baisse de 52 % s’explique par la période d’accalmie que connaît le secteur sidérurgique chinois (toujours très fragmenté) malgré la politique de développement de l’industrie sidérurgique mise en place par le gouvernement central pour promouvoir les regroupements d’entreprises dans le secteur et le développement de plusieurs grands producteurs d’acier nationaux.
L’étude Forging Ahead analyse également comment la réglementation sur les émissions de dioxyde de carbone est susceptible de toucher les entreprises du secteur métallurgique.
« Les marchés de droits d’émission de carbone gagnent rapidement du terrain et un certain nombre de sociétés métallurgiques commencent à exploiter les occasions qu’ils offrent. Toutefois, les différences de réglementation des émissions de dioxyde de carbone entre les régions pourraient sérieusement pénaliser les sociétés métallurgiques des pays industrialisés », indique M. Forbes.
L’étude de cette année analyse aussi les points de vue des dirigeants de l’industrie métallurgique, recueillis à l’occasion du 11e sondage annuel mondial mené par PricewaterhouseCoopers auprès des chefs de la direction. Contre toute attente, ces derniers ne semblent pas perturbés par les changements conjoncturels, mais se préoccupent plus que les dirigeants d’autres secteurs de la hausse des coûts de l’énergie et des bouleversements de la chaîne d’approvisionnement.
L’étude Forging Ahead 2007 est disponible en format PDF à l’adresse suivante : www.pwc.com/metals (en anglais uniquement).
Méthodologie : L’étude présente une analyse des opérations nationales et internationales dans le secteur mondial de la métallurgie (exception faite des opérations du secteur minier ne concernant pas la production d’acier et d’aluminium). Elle s’appuie sur les données fournies par Thomson Financial (auxquelles s’ajoutent les rapports d’entreprise, au besoin) et porte sur tous les regroupements d’entreprises qui ont eu lieu en 2006 et en 2007. Les divergences minimes entre les chiffres donnés dans ce document et ceux de l’année dernière s’expliquent par la variété des sources ou par l’écart entre la valeur initiale et la valeur finale de certaines opérations, lorsque la procédure de diligence raisonnable ou d’autres conditions ont modifié le prix. L’analyse prend en compte les opérations annoncées dont la valeur a été communiquée.
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