
C’est l’esprit d’entreprise familiale propre aux Canadiens qui fait tourner l’économie nationale. Ces propriétaires-exploitants ont monté des entreprises fortes axées sur des améliorations constantes, des innovations et un engagement envers la population et la collectivité. Nombre d’entre eux ont développé leurs entreprises à partir d’une idée à peine ébauchée et les ont menées à un stade où davantage de processus sophistiqués, de technologie et de compétences sont nécessaires pour accéder à un palier supérieur. Afin de développer tout leur potentiel et devenir concurrentiels sur le marché mondial, ces responsables doivent accepter l’idée d’introduire dans leurs entreprises des professionnels de la gestion qui ne sont pas membres de leurs familles.
Le rapport « Creating a lasting legacy » (Laisser un héritage durable), le supplément canadien à l’enquête mondiale de PwC auprès des entreprises familiales, révèle que 69 % des répondants, d’un bout à l’autre du pays, estiment que leur plus grand défi est de trouver les meilleurs talents à l’interne. Parallèlement, 49 % d’entre eux ne prévoient pas de confier la gestion de leur entreprise à la jeune génération, dans les prochaines cinq années. Ils sont soit convaincus que les jeunes ne veulent pas prendre la relève, ou qu’il leur manque les compétences et le savoir-faire nécessaires à la gestion et au développement d’une entreprise. 44 % des responsables d’entreprises familiales qui prévoient de confier la gestion de leurs sociétés à des jeunes ont les mêmes préoccupations. Il n’est donc pas surprenant que certains des répondants au sondage de cette année indiquent que la structure organisationnelle des entreprises et un manque d’expertise sont des éléments de différentiation négative aux entreprises familiales. « Quand une société atteint une certaine taille, par exemple, si son chiffre d’affaires tourne autour de 100 millions de dollars, la donne change. Pour assurer l’expansion d’une entreprise, il faut en avoir jeté les bases. En général, le responsable d’une entreprise familiale sait, instinctivement, quel est le moment opportun pour faire appel à une équipe de gestionnaires professionnels », affirme Tahir Ayub, leader canadien, Services aux sociétés privées. « La plupart des propriétaires d’entreprises familiales connaissent les limites de leurs compétences et celles de la relève. Ils sont conscients qu’ils doivent avoir recours à des gestionnaires professionnels pour permettre à l’entreprise d’atteindre le palier supérieur. Mais, le plus difficile est d’agir tout en s’y prenant correctement », ajoute-t-il.
Les entreprises familiales canadiennes s’organisent pour défendre, durant les prochains cinq ans, leur part de marché dans le contexte d’une compétition mondiale féroce. « Qu’un plan de relève soit prévu ou non, que la vente de l’entreprise soit à l’agenda ou non, le gestionnaire professionnel peut changer, pour le mieux, la façon de penser des dirigeants de l’entreprise et contribuer à la confrontation avec les concurrents importants sur le plan mondial », avance M. Ayub.
« L’identification et le recrutement des meilleurs professionnels pour gérer les entreprises familiales apportent à celles-ci les compétences plus poussées et plus spécialisées des personnes – n’appartenant pas à la famille – qui ont travaillé dans d’autres entreprises pour assurer leur développement. Les gestionnaires professionnels apportent à l’entreprise un nouvel état d’esprit qui favorise l’innovation et la croissance », poursuit-il.
Toutefois, ce n’est pas facile pour un propriétaire d’entreprise de laisser les rênes entre les mains d’une équipe constituée de professionnels. Les responsables d’entreprises familiales ont pris l’habitude de décider de tout, c’est difficile de ne plus le faire. Ci-dessous sont énumérées des stratégies éprouvées qui permettent une transition souple vers une gestion professionnelle de l’entreprise familiale, tout en lui assurant une viabilité à long terme.
Recruter les meilleurs éléments, puis passer la main et laisser la nouvelle équipe décider. C’est la partie la plus difficile de la transition vers la gestion de l’entreprise par une équipe de professionnels, mais c’est aussi le facteur le plus important. « Il n’est pas dans les habitudes des entreprises familiales de recruter des chefs de direction et des directeurs d’exploitation avant de s’effacer. En général, il faut au moins deux ans pour être sur la bonne voie. Mais quand vous y êtes, la nouvelle équipe vous aide à mettre en œuvre, d’une nouvelle façon, la vision adoptée et la stratégie décidée. Ainsi, ces professionnels aideront l’entreprise à croître et c’est cela l’objectif », affirme Tahir Ayub.
| Téléchargez l'article en format PDF. (115.7 KB) |
