Le Plan Nord, ou comment faire des affaires locales - à l’international

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Le Plan Nord, l’initiative gouvernementale de développement du Nord du Québec, fait beaucoup parler de lui, tout comme les opportunités d’affaires qu’il engendrera dans de nombreux secteurs. Les partenariats locaux, mondiaux et multisectoriels amenés à voir le jour seront une des clés de la réussite de ce projet d’une génération pour les entreprises du Québec : mais comment, pour ces dernières, en tirer profit ?

Prenons l’exemple du secteur minier. Le Québec est riche en ressources et la demande de matières premières augmente dans de nombreux pays émergents, comme la Chine et l’Inde, ce qui attire ici de nombreux investisseurs. Les infrastructures sont encore très peu développées sur le territoire du Plan Nord, alors qu’un projet minier implique des investissements de plusieurs centaines de millions voire de milliards de dollars, ce que le Canada et le Québec ne peuvent assumer seuls, même si le gouvernement du Québec investira 1 191 millions de dollars dans le développement des infrastructures sur cinq ans et dispose de 500 millions de dollars pour des prises de participation dans des projets sur ce territoire. Les capitaux étrangers sont donc nécessaires et il est crucial pour le Québec d’attirer des investisseurs étrangers, sous forme d’investissement en équité ou de dettes et d’entente ferme d’approvisionnement à long terme.

Plusieurs projets miniers annoncés suite au lancement du Plan Nord vont dans ce sens :

  • ArcelorMittal du Luxembourg - 2,1 milliards $ pour l'expansion de son complexe minier de Mont-Wright et l'agrandissement de son usine de Port-Cartier
  • New Millenium et la société indienne Tata Steel – 4 milliards $ pour le projet KéMag
  • Xstrata de la Suisse –530 millions $ pour l'expansion de la mine Raglan
  • La société chinoise Jilin Jien Nickel Industry – 800 millions $ pour exploiter un gisement de nickel à la pointe Nord du Québec.
  • Adriana Resources, en partenariat avec la société chinoise WISCO – évaluation d’un investissement de plus de 10 milliards $ pour l'exploitation du projet Lac Otelnuk au Nunavik

Le gouvernement provincial a bien compris la situation et utilise différents leviers pour intéresser des entreprises internationales à investir au Québec dont, Investissement Québec, qui fait la promotion du Plan Nord au cours de ses activités de prospection d’investissement à l’étranger, comme cet été avec le premier ministre Charest aux États-Unis, en Chine et au Japon et cet automne en Europe.

Le développement du territoire passera donc en partie par les investisseurs étrangers, mais surtout par les entreprises québécoises qui, par leur expertise et leur savoir-faire, joueront un rôle-clé dans le point critique de cette initiative, l’obtention de sa « licence sociale », grâce à leur compréhension du contexte social, à l’importance des partenariats avec les communautés locales et autochtones ainsi qu’à l'approche environnementale fondée sur le développement durable qu’elles assurent.

Au delà de réaliser des partenariats financiers avec des investisseurs étrangers, les entreprises québécoises devront créer des liens de confiance avec ces nouveaux investisseurs à la culture d’affaire bien différente et identifier les donneurs d’ordre pour créer des partenariats avec ces derniers. Dans certaines situations, les entreprises du Québec pourraient aussi aller chercher d'autres ressources ou expertises à l'international, vu les multiples défis et enjeux liés au Plan Nord.

Des partenariats cohérents, appuyés par des réseaux locaux, mondiaux et multisectoriels, voilà une des clés pour aider les entreprises québécoises à tirer leur épingle du jeu, et à prendre leur place dans le projet de la génération.

Cet article a été publié pour la première fois dans le numéro de décembre 2011 de la publication Premières en affaires. Nous le reproduisons ici avec l’autorisation de l’auteur.

Perspective Nord, la vision de PwC d’un développement durable et intégré du Nord québécois.