Une mine d’or en perspective

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L’incidence du Plan Nord sur le secteur minier au Québec

Vingt-cinq ans, cela peut sembler une éternité, mais le Plan Nord du gouvernement du Québec pourrait mener à une profonde transformation du Nord du Québec en un temps qui est, en réalité, relativement court compte tenu de ses objectifs ambitieux.

Les chiffres sont tout à fait impressionnants. Le gouvernement du Québec prévoit que le Plan Nord pourrait entraîner des investissements de plus de 80 milliards de dollars – 47 milliards de dollars dans les énergies renouvelables et 33 milliards de dollars d’investissements dans le secteur minier et les infrastructures publiques telles que les routes, les voies ferroviaires et les aéroports. Il pourrait aussi créer ou maintenir environ 20 000 emplois par an sur une période de 25 ans. Dans ce projet, récemment annoncé, le gouvernement dit espérer que cette initiative sera pour les décennies à venir ce que le développement de La Manicouagan et de la Baie-James a été pour les années 60 et 70.

“Outre sa richesse en ressources, la province dispose d’un secteur minier bien établi et l’hydroélectricité, vendue à un prix abordable, représente un avantage concurrentiel pour les sociétés minières ayant des activités au Québec.”

Le secteur minier pourrait jouer un rôle capital dans cet investissement. La surface couverte par le plan s’étale sur 1,2 million de kilomètres et représente une mine de possibilités inexploitées qui pourraient certainement éveiller l’intérêt de sociétés minières canadiennes et internationales. Au Québec, ce territoire produit la totalité du nickel, du zinc et du minerai de fer, pour ne citer que ceux-là; il représente également une part importante de la production d’or. Au moins 11 nouveaux projets (Phase 2 Raglan, Crevier, DSO, Mont-Wright et Port-Cartier, Matoush, Renard, Nunavik Nickel, Arnaud, Bracemac-McLeod, Bachelor et Éléonore) pourraient déjà être lancés au cours des années à venir dans le territoire couvert par le Plan Nord.

Mais le Plan Nord apporte son lot de grands défis. Le manque d’infrastructures existantes telles que des routes, des aéroports, des voies ferroviaires, des installations hydroélectriques, des logements et de la main-d’œuvre constitue actuellement le point faible du plan. Selon le plan, ces problèmes seront résolus par les mesures que devrait prendre le gouvernement du Québec pour installer les infrastructures stratégiques nécessaires dans les territoires dont le potentiel économique est le plus élevé – une approche selon laquelle « si vous construisez, ils viendront ».

Comment peuvent-ils être sûrs de l’arrivée des investissements?

Je peux donner deux raisons à cela, la première étant que les caractéristiques du Québec sont attrayantes pour les sociétés minières. Outre sa richesse en ressources, la province dispose d’un secteur minier bien établi et l’hydroélectricité, vendue à un prix abordable, représente un avantage concurrentiel pour les sociétés minières ayant des activités au Québec. Celles-ci bénéficient également d’une législation minière relativement stable, mis à part les répercussions possibles du projet de loi 14 venant modifier la Loi sur les mines du Québec. En effet, certaines parties prenantes craignent que ce projet de loi repousse les investisseurs étrangers et réduise la capacité du gouvernement à attirer les milliards de dollars d’investissements nécessaires pour mettre en œuvre le Plan Nord. Le deuxième indicateur d’un investissement fort dans le secteur minier à l’avenir est le fait que des sociétés minières sont déjà intéressées. Annoncée à grand renfort de publicité, l’expansion de la mine de minerai de fer d’ArcelorMittal au Mont-Wright, d’une valeur de 2 milliards de dollars, en est une bonne illustration.

Les infrastructures ouvriront indéniablement la voie à plus d’investissement dans le secteur minier. Au cours des cinq prochaines années, le gouvernement prévoit investir 821 millions de dollars pour la construction d’infrastructures de transport, et 370 millions de dollars pour d’autres infrastructures liées au logement, à la santé et à l’éducation, entre autres. Pour ce qui est de l’énergie, le gouvernement a entrepris de développer 3 500 MW d’énergie propre qui pourraient alimenter les mines ainsi que les collectivités locales – un investissement estimé à 25 milliards de dollars. Il y a également un plan de transport solide visant la construction de routes principales et de voies ferrées grâce à des partenariats public-privé, ce qui devrait susciter l’intérêt des sociétés minières.

Petites collectivités et grands joueurs

Outre les problèmes évidents d’infrastructure, faire accepter l’exploitation minière par la population locale constitue un autre défi pour le Plan Nord.

Bien que cette zone ne compte que 2 % de la population totale du Québec (ce qui est étonnant compte tenu du fait qu’elle représente 72 % de la superficie de la province), les sociétés minières doivent s’y prendre prudemment pour s’assurer de l’adhésion des collectivités locales et autochtones environnantes.

Les politiques environnementales et de développement durable du Plan Nord, combinées à une communication continue avec les collectivités locales et autochtones, aideront à réduire les risques pour les sociétés minières qui cherchent à développer des activités dans la région. De plus, il est important de noter que les collectivités voisines pourraient aussi être en mesure de tirer profit de l’exploitation minière grâce aux infrastructures partagées et aux perspectives d’emploi.

Que nous réserve l’avenir?

Les entreprises, le gouvernement et les collectivités locales et autochtones devront faire face à de grandes difficultés et faire preuve d’une réelle volonté pour que le Plan Nord réalise son plein potentiel. Toutefois, l’avenir s’annonce prometteur pour le secteur minier du Québec, mis à part les problèmes qui pourraient surgir si le projet de loi 14 est adopté et vient modifier la Loi sur les mines du Québec.

Au cours des cinq prochaines années, les assises devraient être formées pour ce qui est des infrastructures et des services sociaux, de même qu’un processus de travail en collaboration avec les parties prenantes des collectivités, et une future réserve de talents. Une fois que toutes ces composantes seront en place, les sociétés minières devraient montrer plus d’intérêt pour une expansion ou une installation au Nord-du-Québec, attirant encore d’autres sociétés minières dans leur sillage.

Pour obtenir plus de renseignements, veuillez consulter la page du groupe Secteur minier de PwC à l’adresse suivante : http://www.pwc.com/ca/fr/mining/index.jhtml.

Cet article a été publié pour la première fois dans le numéro de septembre 2011 de la publication Canadian Mining Journal. Nous le reproduisons ici avec l’autorisation de l’auteur.

Perspective Nord, la vision de PwC d’un développement durable et intégré du Nord québécois.