Le plus gros premier trimestre de fusions et d’acquisitions canadiennes depuis 2007, mais le marché a changé, selon PwC
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791 transactions, d’une valeur de près de 51 milliards $, 81 % de plus qu’au T1 2010
MONTRÉAL, 15 avril 2011 — Les 90 derniers jours au Canada ont été marqués par des annonces de transactions d’une valeur de plus de 50 milliards de dollars – 81 % de plus qu’au premier trimestre de 2010 et sensiblement autant qu’au premier trimestre record de 2007.
« Ce trimestre a été très chargé et les opérations réalisées étaient plus diversifiées, dit Frédéric Bouchard, directeur général au sein du groupe des Transactions de PwC Montréal. Pour la première fois depuis la crise du crédit, les vingt principales transactions du trimestre ont été réalisées dans une grande variété de secteurs d’activité. Mais le contexte des reprises et rapprochements d’entreprises en 2011 est radicalement différent de celui de 2007. »
Dans son rapport, PwC estime que 2011 sera une année très prometteuse mais souligne aussi quelques facteurs clés de différenciation entre le marché canadien des fusions et acquisitions d’après la crise et l’explosion de transactions qui s’était produite juste avant. Quatre tendances émergent :
- Un nouveau genre de marché des ressources naturelles. Même si les transactions du premier trimestre ont été annoncées dans une variété de secteurs, les marchés canadiens des fusions et acquisitions restent les plus concentrés du monde (49 % dans les matières premières). Cependant, dans le secteur des matières premières, des sous-secteurs émergents comme l’agriculture, les nouvelles sources d’énergie, les petites mines, le gaz de schiste et les nouvelles méthodes d’extraction semblent offrir les meilleures occasions d’affaires. M. Bouchard souligne que « la concentration sectorielle dans l’énergie et les ressources naturelles rappelle également que le marché canadien des fusions et acquisitions est soutenu par de sérieuses préoccupations touchant une variété d’enjeux macroéconomiques. Ce marché n’est pas animé par une exubérance semblable à celle de 2007 ».
- Le retour de l’endettement (mais pas des prises de contrôle par emprunt). Les entreprises n’ont pas manqué d’user de leur effet de levier au premier trimestre de 2011. En fait, le volume trimestriel de nouveaux prêts adossés a atteint un record au premier trimestre, dépassant celui du deuxième trimestre de 2007. Mais la plupart des prêts visaient des refinancements pour profiter des nouveaux prix et des recapitalisations, pas des prises de contrôle par emprunt (LBO). Les repreneurs hésitent encore à se lancer dans de telles prises de contrôle qui répondraient aux estimations de valeur des vendeurs. « Cette tension est évidente dans les ratios encore relativement faibles des prises de contrôle par emprunt, dit M. Bouchard. Les acquéreurs ne sont tout simplement pas prêts à revenir aux transactions à 10 fois le BAIIA et plus, comme en 2007. »
- Le capital-investissement réinventé. Les acquéreurs financiers continuent de laisser le devant de la scène aux sociétés opérationnelles, dans ce qui ressemble plus à une mutation du marché qu’à une anomalie d’après-crise. Ce trimestre-ci, malgré une légère augmentation de l’effet de levier disponible et la bonne tenue des marchés des capitaux, les sociétés de capital-investissement n’ont participé qu’à 20 % des transactions canadiennes (mesurées par leur valeur), contre 29 % et 23 % respectivement aux quatrième et troisième trimestres de 2010. Aucune transaction canadienne menée par une entreprise de capital-investissement n’a dépassé le milliard de dollars. Beaucoup de ces sociétés, qui digéraient encore les acquisitions opportunistes faites en 2010, ont consacré le trimestre au rééquilibrage et à la maximisation des gains d’efficacité de leurs portefeuilles de sociétés fermées. « L’abandon du modèle “emprunter-acheter-revendre” n’est pas entièrement attribuable aux leçons apprises pendant la crise du crédit, ajoute M. Bouchard. Il est en partie motivé par un changement de milieu dans lequel se rencontrent les meilleures occasions d’achat pour les investisseurs institutionnels sur le marché d’aujourd’hui – une variété de secteurs des ressources naturelles et des matières premières et les marchés émergents. Dans ces deux cas, le rachat par emprunt n’est pas le meilleur moyen d’augmenter le rendement. »
- Un nouvel acteur, la Chine – Le rôle de la Chine à l’extrémité supérieure du marché des transactions au Canada est nouveau dans ce cycle. La compréhension du dernier plan quinquennal de la République populaire, centré presque exclusivement sur la croissance intérieure, jette un peu de lumière sur cette profusion d’achats : La Chine multiplie les fusions et acquisitions pour acquérir des technologies et du savoir-faire à exploiter chez elle. Mais plutôt que de se focaliser sur les investissements entrants qui viennent de Chine, les Canadiens devraient songer aux débouchés que cela présente :
« Le nouveau plan quinquennal de la Chine et sa “liste d’industries émergentes” sont positifs dans une perspective canadienne. Nous entrevoyons de grandes possibilités dans des secteurs tels que l’énergie, la santé, les services de consultation, les finances, la biotechnologie et la nanotechnologie, conclut M. Bouchard. Globalement, il y aura quelques belles occasions à saisir pour les entreprises canadiennes qui seront en mesure d’aligner leurs stratégies sur les objectifs politiques plus généraux de Pékin. »
On trouvera le rapport intégral à l’adresse : http://www.pwc.com/ca/fr/deals/canadian-quarterly.jhtml
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Note aux rédacteurs :
La société PricewaterhouseCoopers a adopté la nouvelle désignation « PwC » à l’automne 2010. « PwC » s’écrit avec un « P » et un « C » majuscules. Le logo de la société, qui représente les initiales PwC en lettres minuscules, est la seule exception à cette règle d’écriture.
Sources : S&P LCD, Capital IQ, Eurasia Group, Globe and Mail, The Economist, Financial Times, Bloomberg