Les interférences politiques désormais principal risque du secteur bancaire mondial, selon un sondage de CSFI et PwC

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1er février 2010 – Le principal risque auquel est maintenant exposé le secteur bancaire à l’échelle mondiale n’est pas financier mais politique, selon le dernier sondage« Banking Banana Skins » effectué par le Centre for the Study of Financial Innovation (CSFI) en association avec PricewaterhouseCoopers (PwC). Le sondage annuel sur les risques bancaires a classé les « interférences politiques » au sommet de la liste des 30 risques les plus importants pour les banques dans la période de crise financière actuelle. Au Canada cependant,  l’interférence politique et une réglementation trop lourde sont des préoccupations de deuxième ordre.

« Nos pratiques bancaires et notre cadre de réglementation ont suscité l’admiration pendant le ralentissement, dit George Sheen, associé et leader national du groupe Services financiers de PwC au Canada. Mais, même s’il n’y a pas la même pression politique pour un changement au Canada que dans beaucoup d’autres pays, l’interférence politique et la lourdeur de la réglementation ne sont pas négligeables. »

Même si le Canada a enregistré moins de pertes sur prêts que la plupart des autres pays, les risques de crédit demeurent le principal sujet de préoccupation du milieu bancaire canadien en attendant que la reprise s’enracine fermement. Mais ce qui est étonnant, c’est le peu de risque rattaché à la disponibilité de capitaux (classée 24e comparativement au sixième rang dans le reste du monde), ce qui laisse penser que même si la conjoncture empire, les banques canadiennes continuent de croire qu’elles peuvent facilement trouver des capitaux additionnels.

« À la sortie de cette récession, les banques canadiennes sont bien placées pour tirer parti de leur stabilité financière, dit Diane Kazarian, associée et leader national du Groupe bancaire et marchés financiers chez PwC. Les banques canadiennes surfent actuellement sur une vague internationale d’admiration due à leur leadership, à leurs pratiques de gestion des risques, à leurs plateformes opérationnelles et à leurs stratégies concernant les circuits de prestation des services et les produits. En outre, chacune des banques a un ratio de capital de première catégorie qui dépasse nettement le minimum de 7 % exigé par le Bureau du surintendant des institutions financières. »

Les répondants des quatre coins du monde, qui comprennent à la fois des banquiers et des observateurs de la scène financière ainsi que des autorités de réglementation, estiment que la « politisation » des banques à la suite des opérations de renflouement et de prise de contrôle constitue la principale menace pour leur santé financière.

 

Cette opinion est partagée par toutes les catégories de répondants, dans toutes les grandes régions bancaires, quoique pour des raisons différentes. Les banquiers estiment que la politique fausse leurs décisions de prêt. Les non-banquiers indiquent que les sauvetages par les États ont porté préjudice aux banques en encourageant des attitudes téméraires. Les autorités de réglementation s’inquiètent de ce que les États puissent retirer leur soutien aux banques avant qu’elles aient eu le temps de rétablir leur santé financière, précipitant ainsi une nouvelle chute.

« L’interférence politique » n’était jamais apparue comme un risque en 15 ans, depuis qu’existe le sondage « Banana Skins ». Or, le principal risque est étroitement lié à celui classé au troisième rang, « réglementation trop lourde » et aux craintes que les banques subissent de nouveaux préjudices par une réaction exagérée à la crise.

« Il est ironique que la politique soit considérée comme un risque alors que justement, partout dans le monde, les banques ont dû être secourues par les pouvoirs publics, dit David Lascelles, rédacteur en chef du sondage pour CSFI. Mais il est clair que la relation entre les banques et la société est en crise, et qu’il faudra des années pour rebâtir la confiance. D’ici là, les banques fonctionneront avec un handicap financier. »

Bon nombre des risques relevés dans le sondage – notamment le risque de crédit, au deuxième rang – découlent de craintes dues aux effets de la récession sur le secteur bancaire. La plupart des répondants étaient moroses au sujet de l’avenir, appréhendant une rechute, avec une nouvelle vague de mauvaises créances qui balaierait les banques. L’humeur était particulièrement sombre dans la région Asie-Pacifique où les répondants craignent qu’une nouvelle bulle d’actifs puisse éclater, entraînant un effondrement de la confiance dans les marchés du crédit.

Le sondage reflète aussi des craintes pour le contrôle de gestion. Des préoccupations telles que la qualité de la gestion du risque, la gouvernance d’entreprise et les primes pour les dirigeants figurent toutes en tête parmi les sources de risque possibles.

Mais certains risques sont perçus comme moins grands alors que le monde s’extirpe de la crise. Un certain nombre de risques financiers – liquidité, produits dérivés, écarts de taux d’intérêt et actions – sont en baisse par rapport au sondage de 2008. Le recul du risque que représentent les fonds de couverture, de la 10e à la 19e place, leur menace étant perçue comme moins grande, est étonnant. Les risques pour le fonctionnement interne des banques sont aussi perçus comme moins importants : services administratifs, systèmes de paiement, etc. Tous ont bien tenu pendant la crise. Le risque environnemental se maintient en 25e position, sans changement, malgré l’effervescence suscitée par le sommet de Copenhague.

Le sondage repose sur les réponses de 450 cadres supérieurs du monde financier dans 49 pays. Voici la liste complète des « peaux de banane » dans le monde et au Canada :

Banking Banana Skins 2010

(classement de 2008 entre parenthèses)

Monde

Canada

1

Interférence politique (-)

1

Risque de crédit

2

Risque de crédit (2)

2

Qualité de la gestion du risque

3

Réglementation trop lourde (8)

3

Tendances macroéconomiques

4

Tendances macroéconomiques (5)

4

Interférence politique

5

Liquidité (1)

5

Réglementation trop lourde

6

Disponibilité du capital (-)

6

Liquidité

7

Produits dérivés (4)

7

Produits dérivés

8

Qualité de la gestion du risque (6)

8

Mesures incitatives pour la direction

9

Écarts de taux d’intérêt (3)

9

Produits de base

10

Actions (7)

10

Devises

11

Devises (13)

11

Fonds de couverture

12

Gouvernance d’entreprise (16)

12

Écarts de taux d’intérêt

13

Produits de base (12)

13

Grande dépendance à la technologie

14

Taux d’intérêt (9)

14

Marchés émergents

15

Fraude (11)

15

Actions

16

Mesures incitatives pour la direction (17)

16

Gouvernance d’entreprise

17

Marchés émergents (18)

17

Négociateurs téméraires

18

Grande dépendance à la technologie (15)

18

Fraude

19

Fonds de couverture (10)

19

Taux d’intérêt

20

Négociateurs téméraires (14)

20

Business continuation

21

Maintien des activités (23)

21

Systèmes de paiement

22

Pratiques du commerce de détail (20)

22

Pratiques du commerce de détail

23

Conflit d’intérêts (21)

23

Services administratifs

24

Services administratifs (19)

24

Disponibilité du capital

25

Risque environnemental (25)

25

Blanchiment d’argent

26

Systèmes de paiement (27)

26

Multiplication des fusions

27

Money laundering (24)

27

Environmental risk

28

Merger mania (28)

28

Conflicts of interest

29

Réglementation trop légère (29)

29

Réglementation trop légère

30

Concurrence de nouveaux participants (30)

30

Concurrence de nouveaux participants

Banking Banana Skins 2010 est disponible auprès de CSFI (25 £, 45 $, 35 €), 5, Derby Street, London W1J 7AB. +44 (0)20 7493 0173. info@csfi.org.uk

Le Centre for the Study of Financial Innovation, fondé en 1993, est un groupe de réflexion sans but lucratif de Londres qui effectue des recherches sur l’avenir des services financiers. Il a un affilié à New York : New York CSFI. Le CSFI produit des sondages Banana Skins depuis 1995. www.csfi.org.uk


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