Très peu de pays du G20, dont le Canada fait partie, ne dépasseront pas leur « budget carbone » pour 2000-2050, selon un rapport de PwC

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9 décembre 2009 — Rares seront les pays du G20 qui ne dépasseront pas leur budget carbone pour 2000-2050 révèlent des économistes et des spécialistes du changement climatique de PricewaterhouseCoopers LLP (PwC) dans un rapport qui vient d’être publié. Le rapport analyse les émissions de carbone des pays du G20 depuis 2000 et ce qu’ils doivent faire d’ici 2050, en concluant qu’il faudra un accord ambitieux à Copenhague.

Selon le rapport, pour limiter le réchauffement climatique à 2 °C (par rapport à l’ère préindustrielle) sans sacrifier la croissance économique à long terme, il faudrait que le budget carbone de la planète soit légèrement inférieur à 1 300 milliards de tonnes de CO2 pour la période 2000-2050, avec des cibles nationales annuelles pour les pays du G20.

Les émissions de carbone dépassent déjà de 10 % les seuils établis. Même l’Union européenne accuse un déficit de 7 %; quant au Canada, son retard est de 11,4 %. Au rythme actuel de l’amélioration de l’intensité carbone, le monde aura épuisé intégralement son budget carbone pour la période 2000-2050 d’ici 2034, soit 16 ans avant la date limite.

Si rien n’est fait, si le monde continue sur cette lancée, les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère pourraient dépasser 1 000 ppm (particules par million) de CO2e d’ici la fin du siècle, ce qui pourrait avoir des conséquences catastrophiques pour le système climatique et l’économie mondiale.

S’appuyant sur le modèle de croissance économique et de consommation d’énergie mondiale à long terme de PwC, l’étude détermine des budgets de carbone annuels plausibles et les améliorations de l’intensité carbone que doivent réaliser l’économie mondiale et chaque pays du G20 entre 2000 et 2050, pour stabiliser le réchauffement à 2 ºC, un chiffre qui fait consensus. Les spécialistes de PwC estiment que les émissions de carbone provenant de la consommation mondiale d’énergie devraient être légèrement inférieures à 1 300 milliards de tonnes de CO2 pour la période 2000-2050, pour avoir de bonnes chances de limiter le réchauffement de la planète à 2 ºC.

L’analyse du budget carbone permet à PwC de construire deux nouveaux indices de réduction des émissions de carbone : celui des réductions réalisées entre 2000-2008 par rapport aux budgets estimatifs établis pour cette période (l’indice PwC – Réduction de carbone réalisée) et celui de l’effort immense que le monde doit faire pour se remettre d’ici 2020 sur la voie qu’il doit suivre jusqu’en 2050 pour réduire ses émissions (indice PwC – Défi carbone 2050).

« Il est, en fait, plus important d’atteindre les cibles pour les émissions que de fixer des cibles, mais la première étape cruciale est l’engagement politique sur des cibles ambitieuses, » explique Christine Schuh, anciennement leader du Groupe de services liés au changement climatique de PwC. « C’est aujourd’hui qu’il faut agir. Les États du G20 doivent réduire leurs émissions de CO2 d’ici 2050 et le défi est immense. Quant au Canada, il doit abaisser ses émissions de 89,5 % d’ici 2050 pour combler son retard et atteindre l’objectif de 2050. Il faudra un effort concerté de tous les pays, sur tous les fronts, notamment sur celui de l’efficacité énergétique, un recours plus intensif à l’énergie nucléaire et aux énergies renouvelables, et à long terme, de vastes programmes de captage et de stockage du dioxyde de carbone. »

Les principales conclusions de l’indice PwC – Réduction de carbone réalisée :

  • Près d’un cinquième du budget carbone total de la planète pour la première moitié de ce siècle a été consommé au cours des huit dernières années.
  • PwC estime que le monde aurait dû réduire ses émissions de 2 % par an entre 2000 et 2008 pour respecter le budget estimatif. Nous n’avons jusqu’à présent réalisé que la moitié de la décarbonisation à faire (0,8 % en moyenne par an entre 2000 et 2008).
  • Pour la période de 2000-2008, le déficit cumulé ou « dette carbone » est estimé à 13 milliards de tonnes de C02, soit à peu près l’équivalent des émissions de la Chine et des États-Unis en 2008.
  • En 2008, les émissions mondiales dépassaient d’environ 10 % le budget global de l’année.
  • On estime que les émissions de l’Union européenne, chef de file dans la lutte contre les changements climatiques, accusent un déficit d’environ 7 % pour 2008, car le groupe n’a réduit l’intensité de ses émissions que de 1,8 % par an entre 2000-2008 alors qu’il aurait dû l’abaisser de 2,6 %.
  • Le Royaume-Uni, une des premières économies de la planète à avoir adopté un budget carbone juridiquement contraignant, a réalisé une performance moyenne comparativement aux autres États membres de l’Union européenne, se classant au huitième rang de l’indice G20 (derrière la France et l’Allemagne, mais devant l’Italie), avec un écart d’environ 6-7 % par rapport à la cible.
  • La Russie est le seul pays à avoir amélioré son intensité carbone plus que prévu depuis 2000, grâce à des gains d’efficacité énergétique très rapides pendant la période, mais elle partait de beaucoup plus bas.

Un avenir à faibles émissions de carbone : un défi colossal

L’étude a mesuré les progrès que chaque pays du G20 devait faire par rapport au budget carbone estimatif mondial de 2000-2050 pour combler le retard pris depuis 2000. Il ressort de cette analyse que tout accord sur les changements climatiques dépendra majoritairement de l’engagement de la Chine, des États-Unis, de l’UE et de l’Inde. Ces quatre grandes économies de la planète représentent ensemble près de 63 % du budget carbone mondial pour la période 2000-2050 et elles joueront un rôle central dans tout accord qui sera conclu à Copenhague.

Les principales conclusions de l’indice PwC – Défi carbone 2050 :

  • Pour reprendre la trajectoire qu’il aurait dû suivre depuis 2000 vers une économie à faibles émissions, le monde doit diminuer son intensité carbone d’environ 3,5 % par an d’ici 2020, ou cumulativement de 35 % entre 2008 et 2020, et d’environ 85 % au total entre 2008 et 2050.
  • Comme tout retard a des effets cumulatifs, si les pouvoirs publics fixent pour 2020 des cibles intérimaires inférieures, les réductions entre 2020 et 2050 devront être considérablement plus fortes, ce qui risque d’avoir un coût économique plus lourd que ce que coûterait une transition graduelle et régulière.
  • Les taux de réduction à atteindre entre 2000 et 2020 sont quatre fois plus élevés que le taux de réduction mondial obtenu depuis 2000.
  • À l’échelle planétaire, il ressort des estimations de PwC que les émissions de carbone provenant de la consommation d’énergie doivent culminer d’ici environ 2015, puis redescendre au niveau de 2009 aux alentours de 2020 afin de reprendre la progression vers une économie à faibles émissions de carbone.
  • Bien que le chemin que doit suivre la Chine vers une économie à faibles émissions exige des réductions comparables à celles des États-Unis et de l’Union européenne, ses émissions continueront d’augmenter jusqu’en 2025 en raison de son industrialisation rapide.
  • Même en s’engageant sur la voie d’une économie à faibles émissions, les émissions de la Chine par personne devraient dépasser un peu plus de six tonnes de CO2 d’ici 2020, mais elles devront baisser d’ici 2050. Par comparaison, les émissions du Royaume-Uni sont aujourd’hui de neuf tonnes par personne.

L’Inde, dont l’industrialisation est loin d’être achevée, a une cible de décarbonisation plus faible – un peu plus de 75 % – à atteindre d’ici 2050. Ce pays est un des rares dont les émissions par personne seront plus élevées en 2050 qu’aujourd’hui, mais l’écart sera très faible et sera dû à une très forte croissance économique.

Le rapport de PwC sur une économie à faibles émissions comprend :

a. l’indice PwC – Réduction de carbone réalisée (Low Carbon Achievement (LCA)) : qui mesure les progrès réalisés par les pays du G20 en matière de réduction de leurs émissions de carbone entre 2000 et 2008 par rapport aux budgets carbone estimés pour la première moitié du siècle;

b. l’indice PwC – Défi carbone 2050 (Low Carbon Challenge (LCC)) : qui mesure les réductions que doivent faire les pays entre 2008 et 2020, et entre 2008 et 2050, pour respecter leurs budgets carbone à partir des améliorations réalisées entre 2000 et 2008;

c. les engagements en faveur du climat d’ici 2020 : le rapport accorde un rôle central aux quatre grandes économies de la planète, qui représentent aujourd’hui 63 % du budget d’émissions mondial prévu pour 2000-2050, et présente une analyse approfondie des politiques des États-Unis, de la Chine, de l’Inde ainsi du Royaume-Uni comme représentatif de l’effort de l’ensemble de l’Union européenne. L’analyse évalue les réductions d’émissions que chaque politique proposée pourrait produire et les compare aux budgets carbone estimés dans cette étude pour 2020, en prévision des déclarations de la Chine et des États-Unis à Copenhague.

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