TORONTO, le 2 mars 2009 — Alors que 2007 avait été une excellente année, 2008 aura été désastreuse pour les petites sociétés minières. Au 30 juin 2008, la capitalisation boursière des 100 plus importantes sociétés s'établissait à 18,1 milliards de dollars, en légère baisse par rapport à 20,2 milliards de dollars en 2007. À la fin de novembre 2008, par contre, alors que la crise financière mondiale s'aggravait et que les investisseurs fuyaient ce secteur à risque élevé, la capitalisation boursière des 100 plus importantes sociétés ne représentait plus que 4,1 milliards de dollars. Tel est le constat que dresse PricewaterhouseCoopers (PwC) dans son rapport annuel sur le secteur des petites sociétés minières du Canada qui vient d'être publié aujourd'hui.
D'après le rapport qui analyse les tendances sur le TSX-V, la capitalisation boursière du secteur a chuté de 27 % pour s'établir à 29,4 milliards de dollars au cours de l'exercice terminé le 30 juin, comparativement à une baisse de 5 % pour l'ensemble du TSX-V. En outre, la capitalisation boursière des sociétés minières sur le TSX-V a glissé de 65 % à 50 % pour l'année. Les investisseurs ont en effet tourné le dos aux sociétés d'exploration minière qui sont exposées à des risques élevés et qui composent la majeure partie des sociétés minières inscrites à la cote du TSX-V.
« Si le premier semestre de 2008 a été difficile, que dire du second? souligne Paul Murphy, leader des Services au secteur minier de PwC Canada. La capitalisation boursière du secteur minier a poursuivi sa dégringolade : 15,3 milliards de dollars au 30 septembre, puis deux mois plus tard, 7,9 milliards de dollars. Pour la période de cinq mois terminée le 30 novembre 2008, il s'agit d'une chute de 73 %. »
Même les sociétés de production parmi les 100 plus importantes sociétés ont constaté un BAIIA négatif de 170,8 millions de dollars pour l'exercice terminé le 30 juin 2008, comparativement à un gain de 59,5 millions de dollars un an plus tôt. Comme les sources de financement se faisaient également plus rares, les liquidités étaient limitées pour le financement des projets d'exploration et de mise en valeur. Dans l'ensemble, la trésorerie a diminué de 443 millions de dollars et le passif a augmenté de 1,1 milliard de dollars. Au cours de l'exercice terminé le 30 juin 2008, les liquidités provenant de l'émission d'actions ont diminué, passant de 2,97 milliards de dollars à 2,23 milliards de dollars. Malgré ce repli, les frais d'exploration ont légèrement augmenter pour s'établir à 202 millions de dollars (184 millions de dollars en 2007) et 1,23 milliard de dollars (1,20 milliard en 2007) a été capitalisé au titre des immobilisations corporelles, en raison de l'augmentation des frais liés aux activités.
Le nombre de sociétés minières sur le TSX-V est demeuré à peu près identique. Sur les 2 395 sociétés cotées, le nombre de sociétés minières est en effet passé de 47 % en 2007 à 44 % en 2008. À vrai dire, du 30 juin au 30 novembre 2008, le nombre de sociétés minières est passé de 1 057 à 1 085. « Cette augmentation montre que la baisse de la capitalisation boursière du secteur n'était pas attribuable à la diminution du nombre d'entreprises minières sur le TSX-V, mais bien au fléchissement du cours des actions de toutes les sociétés cotées », fait remarquer Paul Murphy.
La crise financière mondiale de 2008 a ébranlé le secteur des petites sociétés minières, tant au Canada qu'à l'étranger. Les effets dévastateurs de cette crise, qui s'est traduite par une chute de la capitalisation boursière des sociétés minières sur le TSX-V de 80 %, ne sauraient être plus clairs. Celle-ci est en effet passée de 40 milliards de dollars au 30 juin 2007 à 7,9 milliards de dollars au 30 novembre 2008. La plus importante baisse a été enregistrée entre juin et novembre 2008, à mesure que les investisseurs délaissaient le marché des actions, en particulier les titres à risque, et procédaient à des ventes à perte pour raison fiscale.
Les sociétés de production ont également ressenti les effets de la baisse du prix des marchandises au cours du second semestre de 2008. Cette baisse des prix a réduit d'autant les marges, déjà comprimées par la hausse des frais liés à la main-d'œuvre, au matériel et à l'énergie. Pour l'ensemble de l'année 2008, les bénéfices seront modestes, voire nuls.
L'accès au financement sur les marchés du crédit ou des actions est pratiquement impossible pour les projets d'exploration et de mise en valeur. Les sociétés disposant de ressources prouvées ont parfois réussi à obtenir du financement, mais elles ont dû accepter des modalités beaucoup plus strictes, comme des obligations de couverture accrues.
En attendant que les marchés regagnent la confiance des investisseurs et que ceux-ci acceptent d'assumer à nouveau des risques, quantité de projets demeureront en veilleuse. Certaines entreprises qui n'ont pas de ressources prouvées disparaîtront faute de fonds, étant donné qu'elles n'arriveront pas à financer leurs activités administratives les plus élémentaires. Pour l'exercice terminé le 30 juin 2008, les frais généraux et administratifs engagés par les 100 sociétés les plus importantes du TSX-V ont augmenté de 12 %.
De conclure Paul Murphy : « Certaines petites sociétés seront les cibles d'offres d'achat. En revanche, même les grandes sociétés qui disposent de suffisamment de fonds pour ce genre d'opération semblent adopter une attitude attentiste, alors que leur propre survie est menacée par la tendance baissière du prix des marchandises. »Pour de plus amples renseignements, visitez le site à l'adresse www.pwc.com/ca/fr/mines.
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