TORONTO, le 25 mars 2008 — Les perspectives de croissance à long terme de la Chine, de l'Inde et des autres économies dites de l'E7 (Brésil, Mexique, Russie, Indonésie et Turquie) restent sans égales. Toutefois, d'après un nouveau rapport de PricewaterhouseCoopers (PwC), treize autres économies émergentes sont également susceptibles de connaître une croissance bien plus rapide que les membres traditionnels de l'OCDE. D'où des occasions et des défis pour le Canada.
Si l'on en croit le rapport The World in 2050: Beyond the BRICs: a broader look at emerging market growth prospects, la Chine pourrait dépasser les États-Unis d'ici 2025 pour devenir la plus grande économie du monde. Elle devrait poursuivre sa croissance pour acquérir d'ici 2050 une taille équivalente à 130 % de celle de l'économie américaine. Il se pourrait aussi que l'économie indienne se développe pour atteindre près de 90 % de la taille de l'économie américaine d'ici 2050. Le Brésil devrait dépasser le Japon d'ici 2050 et occuper la quatrième place tandis que la Russie, le Mexique et l'Indonésie possèdent tous un potentiel de croissance suffisant pour dépasser l'Allemagne ou le Royaume-Uni d'ici le milieu du siècle. Le Vietnam, dont le taux de croissance potentiel frôle les 10 % par an en dollars réels, pourrait connaître la croissance économique la plus impressionnante. Cette croissance rapide pourrait propulser l'économie vietnamienne dont la taille représenterait près de 70 % de celle de l'économie britannique d'ici 2050.
Chose intéressante, le Nigeria possède les capacités requises à long terme pour supplanter l'Afrique du Sud et devenir la plus grande économie africaine d'ici 2050. Cette prévision suppose que les politiques de croissance qui ont été mises en place ces dernières années et qui ne dépendent pas du pétrole se maintiennent à long terme, ce qui risque de poser un vrai défi.
« À mesure que les économies émergentes se développent, il est prévu que la part du Canada dans l'économie mondiale diminue », affirme Edward Mansfield, associé délégué au sein du groupe Économie et statistiques de PwC. « Pour conserver leur position concurrentielle, les entreprises canadiennes devront se démarquer par l'innovation et les progrès technologiques. Il faudra donc d'importants investissements dans la formation et les biens d'équipement pour favoriser l'accroissement de la productivité nécessaire à la croissance économique. Toutefois, en tant que nation très diversifiée sur le plan culturel, le Canada pourrait être bien placé pour tirer parti de la croissance des marchés émergents grâce aux liens économiques et culturels existants. »
John Hawksworth, auteur du rapport et responsable des analyses macroéconomiques de PwC, ajoute : « La croissance rapide des économies émergentes n'implique pas la fin des économies traditionnelles de l'OCDE. En fait, elle devrait leur donner un coup de fouet en augmentant le revenu issu des exportations et des investissements à l'étranger au moment même où la part de l'OCDE dans le PIB mondial diminue ».
Les détaillants devraient en sortir gagnants puisqu'ils profiteront d'importations à bas prix dans les marchés de l'OCDE tout en ayant la possibilité d'ouvrir de nouveaux magasins dans les pays de l'E7. D'ici 2020, la Chine, en particulier, devrait devenir le deuxième plus grand marché de consommation dans le monde. Parallèlement, la classe moyenne des villes — de Shanghai à Mexico — dans les principaux marchés émergents connaîtra une croissance rapide et pourra s'offrir les biens et services de consommation occidentaux.
« Le commerce et l'investissement hors États-Unis, en provenance comme à destination du Canada, gagneront encore de l'importance pour l'économie canadienne, car la demande du groupe des BRIC et des marchés émergents ne cesse de progresser. Voilà une belle occasion pour le Canada de diversifier ses flux commerciaux », fait remarquer M. Mansfield.
Les fabricants pour le marché de masse risquent d'être les grands perdants en raison de la concurrence grandissante de la Chine. Par ailleurs, de nouveaux concurrents à bas prix comme le Vietnam remettront de plus en plus en question le premier rôle de cette dernière comme fabricant à bas prix dans l'économie mondiale. Comme l'ont fait avant elle le Japon et la Corée du Sud, la Chine se tournera vers des domaines technologiques avancés.
Au Canada, la tendance à la baisse dans le secteur de la fabrication risque de ne pas connaître beaucoup de répit dans les prochaines années puisque les marchés émergents continuent de faire sentir leur forte pression concurrentielle sur le marché mondial des produits. En outre, l'amélioration du niveau de vie dans des pays comme la Chine et l'Inde pourrait inciter les travailleurs très qualifiés à rester chez eux plutôt qu'à s'installer au Canada. Cette situation pourrait aggraver les caractéristiques démographiques déjà désavantageuses de la population active au Canada : la faible croissance démographique devrait faire passer le taux de croissance potentiel de l'économie à environ 2,4 %.
Pour télécharger un exemplaire du rapport The World in 2050: Beyond the BRICs, consultez la page suivante : www.pwc.com/world2050 (en anglais uniquement).
Tableau A : Taille relative des économies en 2007 et 2050 — prévisions (É.-U. = 100)

Tableau B : Taux de croissance réelle du groupe élargi des économies émergentes — prévisions : 2007-2050 (en pourcentage annuel)

Cette nouvelle recherche applique la même méthodologie prévisionnelle des taux de croissance économique à long terme que les rapports précédents de PricewaterhouseCoopers dans la série World in 2050, à savoir les rapports de mars 2006 (lesquels portaient sur les économies de l'E7 et les économies avancées qui figurent dans le tableau A) et ceux de septembre 2006 (lesquels traitaient des incidences sur la consommation mondiale d'énergie, les émissions de gaz carbonique et la politique en matière de changement climatique). Toutefois, ce nouveau rapport actualise les prévisions pour tenir compte du rendement réel en 2006-2007, des dernières projections démographiques des Nations Unies pour 2050 et d'autres nouvelles données pertinentes. Il étend également l'analyse à 13 autres économies émergentes qui sont susceptibles de faire partie des 30 principales économies du monde d'ici 2050. Ce groupe des 30 mis en évidence par PwC compte au total pour près de 85 % de la production économique mondiale (PIB).
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