Récapitulatif : Causeries stratégiques avec Dean et Helen : la série de balados de PwC

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Volet 5 — Les conséquences de la récession sur le monde de la comptabilité

Speakers:
Dean Mullett
Helen Mallovy Hicks
Mike Walke
Vince De Luca

Dean : Bienvenue aux Causeries stratégiques avec Dean et Helen. Cette causerie fait partie de la série de balados de PricewaterhouseCoopers « Maintenir le cap en période de ralentissement économique ». C'est Dean Mullett qui vous parle, co-leader du groupe Restructuration et stratégie de relance et membre du groupe de travail sur la crise du crédit et la situation économique.

Helen : Vous écoutez aussi Helen Mallovy Hicks, associée au sein des Services-conseils de PricewaterhouseCoopers et membre du groupe Évaluation et analyse des litiges.

Dean : La situation économique actuelle préoccupe évidemment la plupart des entreprises canadiennes. Cette série de balados, sous forme de discussions avec des invités de divers secteurs d'activité, traite de plusieurs sujets. Elle vise surtout à aider votre entreprise à traverser la crise grâce à une analyse des principaux enjeux qui y sont liés.

Dean : Dans ce cinquième volet de nos Causeries stratégiques, nous examinerons les effets de la récession sur le monde de la comptabilité. Nous accueillons aujourd'hui Mike Walke, associé responsable des questions relatives à la crise du crédit au sein des Services de vérification et de certification de PwC. Mike nous parlera des enjeux clés en matière d'information financière en période difficile et nous conseillera sur la façon de mieux gérer ces enjeux. Bienvenue à cette série, Mike.

Mike :  Merci, Dean.

Helen : Mike, à titre de responsable des questions relatives à la crise du crédit au sein des Services de vérification et de certification chez PwC, vous avez évidemment une grande expérience des problèmes liés à l'information financière en période d'instabilité économique. Quelles sont les principales conséquences de la récession?

Mike :  La récession qui sévit actuellement occasionne divers problèmes, le plus important étant le manque de liquidités. Comme vous avez sans doute eu l'occasion de le constater tous les deux dans vos secteurs d'activité, l'argent est maître, et la capacité de générer suffisamment de trésorerie et de liquidités est un enjeu de taille pour un grand nombre de clients et d'entreprises en général. Cela a évidement des incidences sur les contrats de prêt et c'est ce qui explique les nombreux emprunts en souffrance. En raison du manquement réel ou potentiel aux clauses de ces contrats, des entreprises se questionnent sur la pertinence de fournir desobligations d'informations additionnelles sur la liquidité, non seulement dans leurs états financiers, mais dans leur rapports en général.

Comment remédier à l'insuffisance du fonds de roulement? Comment répondre aux besoins de trésorerie futurs, qu'il s'agisse des régimes de retraite, des engagements en matière d'immobilisations corporelles ou de contrats à terme, à l'égard desquels des garanties pourraient devoir être financées? Tous ces enjeux peuvent avoir une incidence considérable sur les états financiers. Dans le cas d'un manquement à la clause restrictive d'une dette à long terme, celle-ci peut être classée comme élément de passif à court terme. Cette situation déclenche à son tour toute une série d'autres questions au sujet de la capacité de l'entreprise à poursuivre ses activités étant donné la grande incertitude dont elle est l'objet et nécessiter la présentation de diverses informations financières. Par exemple, comment la direction prévoit-elle aborder ces questions? Parallèlement, nous parlons du passif du bilan et d'une possible insuffisance de trésorerie. À titre d'expert en évaluation, vous savez que la trésorerie est un aspect important de l'évaluation, par unité ou par actif.

À bien des égards, nous nous trouvons actuellement dans un contexte où nous ne disposons d'aucuns comparables. De nombreux clients doivent maintenant établir des modèles internes qui s'appuient fortement sur des hypothèses et sur des estimations qui sont non seulement difficiles à vérifier, mais aussi à préparer. Il est donc essentiel de faire appel à des évaluateurs externes afin qu'ils examinent toutes les informations communiquées pour s'assurer que les utilisateurs des états ou des rapports financiers peuvent évaluer la qualité et la sensibilité de ces estimations. L'autre point que j'aimerais apporter c'est qu'en général, les dépréciations sont très, très difficiles en raison de la complexité des normes comptables. Chaque élément d'actif est lié à un capital différent, et certains éléments d'actif sont comptabilisés à leur juste valeur.

La juste valeur des titres cotés en Bourse est facile à déterminer, mais souvent, comme nous l'avons vu dans le cas des papiers commerciaux adossés à des actifs, elle dépend (dans un marché liquide) des évaluations internes de la direction. Pour d'autres catégories d'actifs, les impôts reportés sont liés à un capital différent du capital auquel se rapportent les actifs à long terme ou l'écart d'acquisition. Chaque actif doit être évalué de manière indépendante afin de déterminer si une dépréciation ou un ajustement de l'évaluation est approprié. Voilà les questions qui présentent des difficultés et que nous tentons de régler avec nos clients en tant que conseillers auprès des entreprises.

Dean : Dans ce contexte, ce doit être très difficile de jouer le rôle de vérificateur. Les risques économiques et le climat d''incertitude font en sorte qu'il est pratiquement impossible de faire des prédictions. Comment envisage-t-on la vérification dans un tel climat?

Mike :  Cette crise arrivée très, très rapidement. Avec le recul, je pense qu'on s'entend pour direpersonne ne pouvait s'imaginer que des institutions financières (dont certaines parmi les plus importantes au monde) se retrouveraient en péril financièrement. Voilà ce qui nous a obligés à réagir extrêmement rapidement. Nous avons cerné dès le départ les principaux enjeux en matière de comptabilité et de vérification et y avons sensibilisé rapidement nos clients. Tous nos services étaient concernés, tant notre groupe d'Évaluation que nos Services fiscaux, en ce qui a trait aux questions de fiscalité. Grâce à l'expertise de PwC dans les secteurs d'activité et les différents domaines, nous pouvons mettre à contribution toutes nos ressources pour résoudre un problème en particulier et ainsi offrir des services de la meilleure qualité qui soit.

Helen : Nous avons entendu dire que certains services internes de comptabilité font face à de plus grandes contraintes budgétaires et disposent de ressources limitées pour s'acquitter de leurs responsabilités. De plus, vous nous avez parlé tout à l'heure de problèmes clés qui découlent de la récession, c'est-à-dire les problèmes liés à la liquidité et à l'information financière, aux dépréciations ainsi qu'à la valeur et à l'écart d'acquisition. Nos clients connaissent souvent mal ces questions qui ajoutent à la complexité de leur tâche, sans parler des contraintes budgétaires, des ressources restreintes et d'une expérience probablement limitée. En période de ralentissement économique, est-ce le bon moment pour faire affaire avec un conseiller externe en comptabilité et en information financière, et que font ces entreprises lorsqu'elles disposent de ressources limitées à l'interne?

Mike :  Il s'agit en fait de l'occasion rêvée pour ces entreprises de faire appel aux services de conseillers professionnels pour les aider à résoudre des problèmes complexes d'évaluation comptable et à préparer leurs états financiers. Les entreprises ont des ressources limitées, mais en plus, comme vous le savez, dans le contexte actuel les chefs de la direction et les directeurs financiers de sociétés ouvertes doivent attester que leurs contrôles internes fonctionnent efficacement. Un aspect clé de ces contrôles internes est la capacité d'effectuer une analyse adéquate, de comptabiliser les montants exacts et de fournir les éléments d'information appropriés dans les états financiers pour permettre l'attestation. Par conséquent, le fait de faire appel à un conseiller externe en comptabilité qui ont une approche multidisciplinaire, une personne pouvant mettre à profit son expertise dans le secteur ou en matière d'évaluations et de fiscalité ainsi que dans tous les domaines que touche PwC pour résoudre un problème précis de comptabilité ou établir des états financiers, peut être très utile.

Helen : Mike, pouvez-vous maintenant nous dire un mot surles autorités de réglementation et les commentaires qu'elles émettent?

Mike :  Nous avons publié quelques bulletins traitant des commentaires des autorités de réglementation des valeurs mobilières, plus particulièrement ceux qui portaient sur la présentation d'informations adéquates et sur la question de savoir si les entreprises ont traité de la continuité d'exploitation et des informations s'y rapportant. La question de la liquidité revient maintes et maintes fois, mais également celle des dépréciations. Il s'agit encore une fois de problèmes très complexes. À titre de vérificateurs et de conseillers professionnels, nous sommes en mesure d'aider nos clients à y faire face et devrions participer à ce processus. Nous avons discuté avec des conseils d'administration et avons été en mesure de les aider à comprendre les problèmes et à trouver les réponses appropriées et, dans les cas nécessitant une médiation, à déterminer les étapes à suivre.

Helen : Que faites-vous pour aider vos clients? Je suppose qu'ils sont réticents à communiquer ces informations sur la liquidité, car ils craignent peut-être que la présentation d'une trop grande quantité d'informations ou d'informations inappropriées puisse occasionner d'autres problèmes. Que faites-vous exactement pour les aider à régler ces questions de présentation d'informations?

Mike :  Je dirais qu'au cours de la dernière année nous avons remarqué une réticence beaucoup moins grande à communiquer ces informations, et ce, pour deux raisons. Premièrement, comme je l'ai déjà mentionné, les chefs de la direction et les directeurs financiers sont très conscients de leurs responsabilités en matière d'information financière et de leur obligation d'attester non seulement cette information mais aussi l'efficacité du fonctionnement et des contrôles internes. De plus, ils signent ces attestations, ce qui constitue une responsabilité supplémentaire pour eux. Et ils prennent cette responsabilité très au sérieux. Les conseils d'administration examinent aussi de très près l'information financière et prennent leur fonction de surveillance très au sérieux. Il y a donc beaucoup de discussions dans les comités de vérification et, je suppose également au sein des conseils d'administration, sur le fait de savoir si l'information sur la situation de trésorerie et la continuité de l'exploitation est présentée correctement.

Deuxièmement, les normes comptables ont changé et, au cours de la dernière année, il y a eu quelques prises de position (notamment le chapitre 3862 portant sur les instruments financiers, et les informations à fournir à leur égard). De plus, les dirigeants sont tenus en vertu d'une nouvelle prise de position d'évaluer plus particulièrement la continuité d'exploitation, ce qui fait que la direction doit en général revenir sur ces questions et s'y attaquer.

Auparavant, on considérait qu'il était du ressort du vérificateur de juger de la continuité d'exploitation. Je pense qu'au cours des deux ou trois dernières années, en raison des exigences d'attestation et de la surveillance accrue des conseils d'administration, en particulier des comités de vérification, ainsi que des nouvelles prises de position, beaucoup de nos clients se sont montrés très ouverts aux règles d'information à fournir sur la liquidité maintenant plus rigides et que, dans le cas d'un problème de continuité d'exploitation, ils ont fourni beaucoup de détails sur leurs plans et tentent de régler ces questions.

Dean : Mike, nous avons tous deux eu l'occasion de discuter avec de nombreux membres de conseils d'administration de sociétés ouvertes et de constater que le rôle du conseil est manifestement très différent de celui de la direction. Nous savons qu'ils ont un certain recul par rapport aux activités quotidiennes, mais qu'ils doivent comprendre le risque et ce qui l'entoure. Lorsque nous effectuons nos vérifications de fin d'exercice, alors que nous travaillons en étroite collaboration avec les conseils d'administration et les comités de vérification, comment pouvons-nous savoir si ceux-ci ont une image fidèle de la réalité tout en jouant un rôle actif dans les activités quotidiennes de l'entreprise?

Mike :  Oui, je pense qu'il faut d'abord commencer par poser des questions à la direction. La direction produit-elle le type de rapports dont le conseil a besoin? Fournit-elle au conseil des prévisions de flux de trésorerie adéquates? Celui-ci dispose-t-il des renseignements dont il a besoin pour évaluer la situation? Un autre aspect qu'il ne faut pas oublier c'est que les sociétés ouvertes évoluent dans un monde réglementé où les Autorités canadiennes en valeurs mobilières les surveillent. Elles publient des lettres d'observations, des lettres destinées aux directeurs financiers énumérant les questions qu'elles s'attendent à les voir traiter dans la présentation de leur information financière. La SEC fait exactement la même chose de manière très rigoureuse. Les membres des conseils d'administration et de la direction manœuvrent dans un environnement où ils sont scrutés de près par les organismes de réglementation. Quant à nous, les vérificateurs, nous devons aussi rendre des comptes à des organismes de réglementation, notamment le PCAOB, aux États-Unis, ou le Conseil canadien de la reddition de comptes, au Canada.

Helen : Mike, ce volet des Causeries stratégiques touche presque à sa fin. Si vous aviez un conseil à donner à nos auditeurs, quel serait-il?

Mike :  Ne travaillez pas seul. Faites appel aux services de vos vérificateurs ou de vos conseillers professionnels. Les normes comptables et les exigences en matière d'information financière sont extrêmement complexes. Demander conseil aux personnes qui traitent de ces questions régulièrement, à longueur d'année, peut vous aider à répondre aux attentes de votre conseil d'administration et des organismes de réglementation et à atténuer les risques d''un retraitement ou d'une modification de vos informations à fournir ainsi que le risque entourant la communication de l'information financière en général.

Dean : Ce sont des suggestions intéressantes, Mike. Une dernière question. Dites-nous en 30 secondes ce que vous suggérez à vos clients pour passer au travers cette période de perturbations économiques?

Mike :  Il est important d'être proactif. On doit être proactif en ce qui concerne les questions de comptabilité et d'information financière, c'est-à-dire anticiper les 6 ou les 12 prochains mois. Quels sont les enjeux auxquels nos clients seront confrontés? Comment pouvons-nous nous y préparer et mettre à contribution l'expertise appropriée? Encore une fois, qu'il s'agisse de notre expertise dans un secteur d'activité ou un domaine, il faut mobiliser toutes les parties prenantes pour qu'elles déterminent rapidement comment elles doivent faire face à ces risques et à ces enjeux.

Dean : Merci, Mike pour votre participation aujourd'hui aux Causeries stratégiques et pour vos conseils simples, honnêtes et pratiques.

Mike :  C'est moi qui vous remercie, Dean.

Helen : Pour en savoir plus sur les enjeux de l'information financière et de la comptabilité, veuillez consulter le site Web « Maintenir le cap en période de ralentissement économique » de PricewaterhouseCoopers à l'adresse suivante : pwc.com/ca/managinginadownturn.

Voix hors champ : Dans le prochain volet des Causeries stratégiques, intitulé « La relation avec votre banquier », Helen et Dean s'entretiendront avec Vince De Luca, directeur général du groupe Vente, acquisition et financement d'entreprises de PwC. Vince expliquera l'importance pour les sociétés fermées de maintenir en tout temps une bonne communication avec leur banquier. Voici un extrait de ses propos.

Vince : Comme le montre l'étude, plus du tiers des participants n'ont pas communiqué davantage avec leurs prêteurs au cours de cette période. Tout le monde pense que tout va bien alors qu'en réalité, les choses ont changé. Les pressions sont maintenant plus grandes sur les banques et sur l'ensemble des milieux financiers.

Dean : Voilà qui conclut ce volet des Causeries stratégiques, présenté dans le cadre de la série de balados de PricewaterhouseCoopers intitulée « Maintenir le cap en période de ralentissement économique ». C'était Dean Mullett qui vous parlait. Merci de votre attention.

Helen : Vous écoutiez également Helen Mallovy Hicks. Nous espérons vous retrouver bientôt pour un autre volet. Si vous souhaitez télécharger la série de balados ou vous y abonner, ou encore en savoir plus sur le sujet d'aujourd'hui, veuillez consulter notre site Web « Maintenir le cap en période de ralentissement économique » à l'adresse suivante : pwc.com/ca/managinginadownturn.

L'information contenue dans ce balado ne constitue aucunement, de la part des auteurs ou des diffuseurs, des conseils ou des services en matière de droit, de comptabilité, de fiscalité ou tout autre conseil ou service professionnels que ce soit. Les auditeurs devraient faire appel à des conseillers professionnels pour savoir comment utiliser cette information dans leur cas. Copyright 2009, PricewaterhouseCoopers LLP/s.r.l./s.e.n.c.r.l., 2009. Tous droits réservés. « PricewaterhouseCoopers » s'entend de PricewaterhouseCoopers LLP/s.r.l./s.e.n.c.r.l., société à responsabilité limitée de l'Ontario ou, selon le contexte, du réseau mondial de PricewaterhouseCoopers ou des autres sociétés membres du réseau, chacune étant une entité distincte et indépendante sur le plan juridique.