Les réserves prouvées de pétrole et de gaz du Canada sont parmi les plus grandes du monde en termes de volume et d’importance stratégique, avec plus de 25 milliards de barils de pétrole brut et de liquides, 150 milliards de barils de bitume récupérable supplémentaires et plus de 40 billions de pieds cubes de gaz naturel (et pas moins de 1 400 billions de pieds cubes de gaz de réservoir étanche trouvé sur place).
La réussite du pays à attirer des capitaux étrangers, notamment de l’Asie, combinée aux progrès technologiques révolutionnaires, a permis l’exploitation de ces ressources à une échelle inimaginable il y a cinq ans. Le développement de ces ressources se fait à un rythme tellement rapide que les infrastructures nécessaires risquent de ne pas suffire pour offrir lesdites ressources sur le marché.
En 2011, la production totale de pétrole brut canadien s’est établie à 2, 9 millions de barils par jour. Selon une projection de l’Association canadienne des producteurs pétroliers faite en juin 2011, la production devrait atteindre 4,2 millions de barils par jour d’ici 2020. Selon d’autres prévisions, au cours des cinq prochaines années, la production de sables bitumineux augmentera pour atteindre trois millions de barils par jour, avec la mise en chantier de quatorze projets actuellement, ce qui ajoutera 850 000 barils par jour à la capacité de production. Quatorze projets supplémentaires, dont la construction n’a pas encore démarré, ont été approuvés. Ils permettront de produire 780 000 barils quotidiennement, pour un total de 1 633 millions de barils par jour entre 2012 et 2017.
Pour ce qui est du gaz, l’Office national de l’énergie a exprimé dans ses prévisions de novembre 2011 qu’il s’attend à un recul de la production du gaz naturel au cours des prochaines années, qui passera de 13,5 milliards de pieds cubes par jour en 2011 à
13,1 milliards de pieds cubes par jour en 2015. Durant les deux prochaines décennies, on s’attend toutefois à une croissance stable, avec la mise en production de réservoirs de gaz (gaz classique, gaz de schiste et gaz de réservoir étanche) plus profonds et productifs, pour atteindre 18 milliards de pieds cubes par jour en 2035.
Pour réaliser ces prévisions de production, l’industrie doit surmonter plusieurs difficultés de taille, liées surtout à la gestion de l’accroissement de la production. La capacité des raffineries nord-américaines n’évolue pas tandis que le besoin d’une nouvelle capacité pipelinière se fait sentir davantage pour acheminer la production croissante de bitume vers les principaux marchés de raffinage aux États-Unis, en particulier ceux sur la côte du golfe du Mexique.
Toutefois, les facteurs ayant contribué à la croissance de la capacité de production de pétrole brut et de gaz naturel au Canada interviennent également aux États-Unis : le forage horizontal et la stimulation de la production à l’aide de fractures à plusieurs étapes. Les producteurs canadiens devront donc rivaliser avec la concurrence pour obtenir des parts de marché en offrant plus de gaz de schiste et en resserrant l’offre de pétrole aux États-Unis
En fait, certains rapports actuellement en circulation indiquent qu’au cours des prochaines années, les États-Unis dépendront nettement moins des sources étrangères de pétrole. Selon les prévisions, les importations devraient baisser à un peu moins de 4,5 millions de barils par jour d’ici 2015, tandis que la production de pétrole brut et de liquides de gaz naturel devrait, selon d’autres projections, grimper à 14,1 millions de barils par jour d’ici 2020. Cela représente une augmentation incroyable de 74 %, par rapport aux
8,1 millions de barils produits par jour en 2011.
Différentes estimations indiquent que jusqu’à 1,7 million de barils de pétrole léger de réservoir étanche nouvellement produits pourraient venir des formations dans les régions centrales des États-Unis d’ici 2016. Le pétrole brut des formations suivantes – Bakken dans le Dakota du Nord (880 000 barils par jour), Eagle Ford au Texas (390 000 barils par jour), Niobrara dans le Colorado/Wyoming (120 000 barils par jour) et Utica (environ 100 000 barils par jour) – pourrait être disponible d’ici 2017 aux mêmes marchés de raffinage du golf du Mexique visés aujourd’hui par les producteurs canadiens de bitume.
Face à cette situation, les producteurs canadiens – déjà ciblés par les organisations non gouvernementales de l'environnement (ONGE) à cause des projets de pipeline qui visent à protéger les marchés américains déjà acquis et de la mise en route d’autres projets à l’étranger – en appellent au leadership politique des gouvernements fédéral et provincial et demandent l’élaboration d’une stratégie énergétique nationale qui définirait clairement les objectifs de commercialisation du Canada en matière d’énergie et les stratégies permettant de les atteindre.
Lisez l’édition 2012 de notre enquête Canadian Annual Energy Report 2012 pour en savoir plus (en anglais seulement).
Télécharger les rapports des années précédentes.
| 2011 Canadian Energy Survey (888 KB) Téléchargez les résultats complets en format PDF (en anglais seulement). |
| 2010 Canadian Energy Survey (719 KB) Téléchargez les résultats complets en format PDF (en anglais seulement). |
| 2009 Canadian Energy Survey* (978 KB) Téléchargez les résultats complets en format PDF (en anglais seulement). |

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