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Les défis d’aujourd’hui exigent des sociétés pharmaceutiques des bouleversements radicaux si elles veulent résister à la tempête qui se leve

Bruxelles 8 juin 2009 - Même les sociétés pharmaceutiques devront bientôt sortir de leur secteur et collaborer avec d’autres organisations, selon la nouvelle enquête réalisée par PricewaterhouseCoopers (PwC). De récentes annonces, telle la nouvelle co-entreprise entre GSK et Pfizer axée sur la lutte contre le SIDA, confirment que les sociétés pharmaceutiques explorent de nouvelles pistes de collaboration.

Au même moment, s’est déclenchée une déferlante de fusions et acquisitions (M&A). Bien que les fusions et acquisitions vont se poursuivre, il existe des alternatives, comme la collaboration, que PwC croit actuellement plus flexibles et plus productrices de valeur à long terme.

PwC estime que la crise financière contraindra beaucoup plus de sociétés à collaborer. La réponse du gouvernement au climat économique a permis de facto une collaboration en dehors du secteur pharmaceutique qui était inimaginable auparavant, comme la mise en veilleuse des problèmes de concurrence causés par les fusions. La collaboration pourrait résoudre la crise actuelle de financement pour les sociétés de biotechnologie mais ceci exige une réponse immédiate. En réalité, la pression pour se tourner vers de nouveaux modèles d’activités (business models) pourrait venir d'ailleurs; elle pourrait peut-être être déclenchée par des autorités de contrôle, des investisseurs et ceux qui supportent le coût des soins de santé.

Des preuves abondent, qui révèlent qu’on peut tirer des bénéfices significatifs d’une approche de collaboration fondée sur des objectifs à long terme. Une étude réalisée par la RAND Corporation a estimé les économies financières aux Etats-Unis qui résulteraient d’une participation de l’ensemble des acteurs du secteur de la santé dans des programmes de gestion des maladies pour quatre maladies (l’asthme, la broncho-pneumopathie chronique obstructive, le diabète et l’insuffisance cardio-vasculaire). L’institut de recherche estime que les économies seraient de 28 milliards de $ pour le système de santé (soit 2% des dépenses totales de santé aux Etats-Unis), avec des gains supplémentaires pour l’économie en termes de jours de travail préservés.

Mais les sociétés devront évoluer rapidement, parce que plusieurs sociétés non pharmaceutiques ont déjà fait le pas. Ainsi, Vodafone a uni ses forces à l’espagnol Medicronic Salud, qui fournit de l’aide médicale à distance, et au fabricant de matériel Aerotel Medical Systems pour offrir un service de veille à domicile. De même, Prudential collabore avec Virgin Active Health Club pour proposer une assurance contre les maladies critiques qui prévoit une affiliation subsidiée à une école de gymnastique et récompense les personnes qui s’adonnent régulièrement au sport, en réduisant leurs primes.

L’évolution du modèle plus large des soins de santé au niveau mondial et les demandes des différentes communautés intéressées, y compris les patients, exigeront des sociétés pharmaceutiques qu’elles fournissent des solutions holistiques – pas des traitements limités. Dans le monde de demain, cela signifie que les sociétés pharmaceutiques devront travailler avec d’autres acteurs. Pour y arriver, elles devront générer «un bénéfice commun»,en unissant leurs forces avec une vaste panoplie qui va d’organisations, institutions académiques, hôpitaux et fournisseurs de technologies aux sociétés proposant des programmes de conformité réglementaire, de conseils en diététique, de gestion du stress, de physiothérapie, d'aide à l’exercice physique et de recherche de santé.

Thierry Vanwelkenhuyzen, responsable du département pharmaceutique et des sciences du vivant chez PricewaterhouseCoopers Belgique, précise :

"A l’avenir, la collaboration sera une question de survie tant pour les sociétés pharmaceutiques que pour ceux qui supportent le coût des soins de santé. Le modèle des grandes sociétés pharmaceutiques traditionnelles totalement intégrées a permis de maintenir avec succès pendant des années une position où elles gagnaient seules de l’argent. Entre 1985 et 2000, les plus grandes sociétés ont vu leur valeur de marché multipliée par 85. Mais ce modèle est aujourd’hui soumis à forte pression et s’il n’est pas encore dépassé, on prévoit que d’ici 2020 il ne fonctionnera plus."

"Dans la prochaine décennie, plus aucune société pharmaceutique ne gagnera de l’argent toute seule. Il sera essentiel pour elles de développer des médicaments efficaces et de rencontrer les attentes de la Sécurité Sociale et du SPF Santé Publique, qui seront de mieux en mieux armés pour mesurer la valeur de ce qu’ils reçoivent en contrepartie des remboursements. Une collaboration étendue demandera à beaucoup de sociétés pharmaceutiques de sortir des sentiers battus, mais ce sera la seule manière de faire des bénéfices en 2020."

"Si les sociétés leaders du secteur pharmaceutique ne parviennent pas à changer leurs modèles d’activités rapidement, d’autres firmes pourraient en fin de compte prendre leur place dans le paysage de la santé. Le glissement du marché et l’importance stratégique des données et des nouvelles technologies ouvrent la porte à des nouveaux arrivants pour prendre un rôle clé, comme des fournisseurs de données et des sociétés ayant une solide réputation commerciale, tel l’exemple de GE Healthcare."

Un nouveau modèle du secteur pharmaceutique est le modèle fédéré, où une société crée un réseau (une ‘fédération’) d’entités séparées avec une infrastructure de support commun. Un réseau qui peut inclure des universités, des hôpitaux, des cliniques, des fournisseurs de technologies, des firmes d’analyses de données et des fournisseurs de services de bien-être présents dans de nombreux pays. Ce serait par exemple une fédération qui se focalise sur les maladies cardio-vasculaires, qui inclurait des producteurs de médicaments, des cliniques et des sociétés spécialisées en diagnostics pour fournir non seulement des diagnostics et des traitements mais aussi des conseils en diététique et des services de gestion du stress pour la prévention. Tous les acteurs seraient rémunérés sur la base d’objectifs centrés sur le patient, telle une meilleure qualité de vie.

Le modèle complètement diversifié ne sera suivi que par les plus grandes sociétés pharmaceutiques. C’est celui dans lequel une société développe au départ de son métier de base la fourniture de produits et services qui y sont liés, tels des diagnostics et des appareils médicaux, des médicaments génériques, des nutraceutiques et de la gestion de soins de santé. Johnson & Johnson est le leader du secteur dans le développement de cette approche. Ce modèle permet aux sociétés de réduire leur dépendance aux médicaments phares et diversifie leur risque en le déplaçant vers d’autres pans du marché.

Et Steve Arlington, responsable Advisory au niveau mondial pour l’industrie pharmaceutique et sciences du vivant chez PricewaterhouseCoopers, de conclure :

"Les plus grandes sociétés pharmaceutiques ont recours à des entreprises extérieures pour étoffer leurs ressources internes, mais très peu de firmes ont franchi l'étape suivante. Beaucoup de sociétés n’ont plus guère de raisons d’attendre pour externaliser leur R&D, leur fabrication et leur marketing. Ce qui leur permettrait de se concentrer sur leurs principales fonctions à valeur ajoutée – gestion de projets, développement des produits, problèmes de réglementation, gestion de la propriété intellectuelle, analyse pharmaco-économique et entretien de bonnes relations avec les leaders d’opinion et les autorités remboursant les soins de santé. Le monde change vite et ceux qui font preuve de flexibilité et d’adaptation en récolteront les fruits."

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