11% des entreprises belges victimes d’atteintes aux droits de propriété intellectuelle
L’ardoise de la fraude économique: 4,2 milliards de dollars au plan mondial
L’enquête bisannuelle de PricewaterhouseCoopers sur les infractions économiques ‘Economic Crime: People, Culture and Controls’ révèle un nombre de victimes quasi identique à celui des enquêtes précédentes. Mais l’ardoise, elle, continue de s’alourdir. En moyenne, l’entreprise dupée subit un dommage direct de quelque 2,4 millions de dollars. Au niveau mondial, cela donne un total qui frise les 4,2 milliards de dollars. Pas moins de 89% des entreprises sondées pensent qu’elles seront confrontées à la fraude au cours des deux prochaines années. Pour la Belgique, cela concerne une petite moitié des entreprises. Aucun secteur n’est épargné. Il est intéressant de relever que pas moins de 11% des entreprises belges interrogées ont été victimes d’atteintes à leurs droits de propriété intellectuelle.
Cette étude bisannuelle auprès de 5.400 entreprises dans 40 pays est une des plus complètes en son genre. 75 entreprises belges y ont participé. Ensemble elles ont constaté 400 cas de fraude économique sur les deux dernières années. Plus de 10% furent confrontées à une demande de pots-de-vin. Plus de la moitié sont persuadées qu’elles ne seront pas confrontées à la fraude dans les deux prochaines années. Et 35% n’ont aucune idée de la manière de l’affronter le cas échéant…
L’ardoise
Pour ces deux dernières années, le coût moyen de la fraude économique a crû de 40% par rapport aux deux années précédentes. En Belgique, les entreprises qui furent victimes de falsification ou de détournement d’actifs ont perdu en moyenne 1,4 million d’euros au cours des deux années écoulées. Pour les victimes de fraudes comptables, on monte à 1,9 million d’euros. La corruption et la subornation ont coûté par entreprise quelque 1,7 million d’euros. Tout comme les atteintes aux droits de propriété intellectuelle. Et on nous a rapporté en outre des dommages significatifs à la marque et à la réputation, à la motivation des travailleurs et aux relations avec la clientèle. Même des cours boursiers ont souffert de la criminalité économique. Enfin, on doit aussi tenir compte d’un coût moyen de 180.000 EUR en perte de temps pour le management et en procès.
Le type de fraudes
Intéressante également est la différence entre la perception et la réalité auprès des entreprises belges. Quelque 22% voient la fraude comptable comme la plus grande menace sur le plan de la criminalité économique. Or, dans la pratique, seules 8,8% en ont été victimes. 16,4% craignent la corruption et la subornation, alors qu’il n’y en a que 5% qui y ont été confrontées ces deux dernières années. 21% voient le détournement d’actif comme le risque majeur; 24% rapportent un incident sur ce plan. Seules les atteintes aux droits de propriété intellectuelle sont correctement estimées (11%).
Les victimes
Les entreprises qui ont connu au moins un changement structurel – une fusion, une reprise, une réorganisation ou une réduction de personnel – rapportent une forte augmentation de faits de fraude. Des situations comme une reprise, une nouvelle entité opérationnelle, la réunion de différents processus et environnements IT, des changements dans le personnel, la confrontation à de nouvelles cultures et d’autres pays, ou encore le contact avec de nouveaux clients ou fournisseurs, créent clairement un terrain fertile à la fraude.
Plus l’entreprise est grande, plus il y a des activités frauduleuses. Sur le plan mondial, on pointe parmi les victimes pour ces deux dernières années 62% de grandes entreprises (plus de 5.000 travailleurs), contre 36% de plus petites (moins de 200 travailleurs).
Les mesures
Environ deux tiers des entreprises testent leurs collaborateurs. Moins de la moitié sont cependant convaincues de l’efficacité de ces tests. 86% font procéder à des audits internes et externes; ceux-ci sont par contre jugés efficaces. Les contrôles internes aussi sont considérés comme un bon mécanisme de détection ; plus de 90% des entreprises y ont recours. Dans 77% des cas, des codes de conduite internes existent. Seule une bonne moitié des entreprises qui les ont mis en place pensent qu’ils découragent aussi effectivement la fraude. Plus de 35% de toutes les entreprises belges sondées n’ont cependant encore aucune idée de la manière de s’y prendre avec une éventuelle criminalité économique…
“Les organisations doivent essayer d’instaurer une culture où les contrôles et les ‘sonnettes d’alarme’ sont confortés par des directives éthiques claires. Cela peut se faire entre autres par le recours à des formations, des sessions de prise de conscience et des mesures anti-fraude et corruption”, précise Robert Peirce, Assurance Partner chez PricewaterhouseCoopers en Belgique. “Les entreprises doivent susciter la loyauté chez leurs collaborateurs, et une confiance en soi suffisante pour agir correctement. Il convient en outre de fixer des sanctions claires pour ceux qui ne respectent pas les règles, quelle que soit leur position au sein de l’entreprise.”
Le E7
Dans 78,3% des cas de fraude rapportés, une partie extérieure à l’entreprise était impliquée. Un cas sur trois concernait cette partie extérieure. On relève aussi bien de la fraude dans les nouveaux marchés émergents (le ‘E7’ : Brésil, Chine, Inde, Indonésie, Mexique, Russie et Turquie) que dans le G7. Les entreprises qui ont une activité dans le ‘E7’ ont perdu en moyenne 5,1 millions de dollars à cause de la criminalité économique. C’est plus du double que ce qu’ont perdu les entreprises qui n’y sont pas présentes. 25% à 50% des entreprises actives dans le ‘E7’ avouent qu’elles ont été tentées de payer des pots-de-vin. Corruption et subornation, ainsi que les atteintes aux droits de propriété intellectuelle, sont les principaux soucis des organisations qui ont des activités dans les nouveaux marchés émergents.
“Des chiffres préoccupants, d’autant plus que le nombre de fusions et acquisitions croît dans les pays du ‘E7’. Les entreprises doivent réfléchir à la manière de combattre la fraude et la corruption avant d’investir dans ces pays”, prévient Rudy Hoskens, Director responsable de la division Dispute Analysis & Investigations chez PwC Belgique. “Des mécanismes de contrôle qui fonctionnent bien dans les économies développées ne sont pas nécessairement aussi efficaces dans des marchés en développement. Les entreprises qui veulent assurer leur avenir, doivent dès lors trouver la manière de travailler au-delà des frontières, et comment s’y prendre avec ces risques de fraude”, conclut Hoskens.
PricewaterhouseCoopers ( www.pwc.com ) fournit des services orientés vers les secteurs en matière de certification de comptes, de fiscalité et de consultance afin de renforcer la confiance du public et d’apporter une valeur ajoutée pour ses clients et les autres personnes concernées. Plus de 146 000 personnes réparties dans 150 pays où leur réseau se déploie, échangent leurs idées, leur expérience et leurs solutions pour présenter une perspective nouvelle et donner des conseils pratiques.
La division Dispute Analysis & Investigations (DA&I) de PricewaterhouseCoopers est active dans 63 pays, compte plus de 1.500 collaborateurs et confronte des équipes multidisciplinaires expérimentées pour rechercher la fraude et autres infractions économiques. En outre, elle donne des conseils en rapport avec la gestion du risque de fraude et traite des conflits de diverses natures. En recourant entre autres au ‘forensic accountancy’ et en menant des recherches bien orientées, elle peut préserver les entreprises contre des pertes économiques récurrentes, les aider dans le calcul et la récupération de dommages subis et veiller à assurer la continuité de l’entreprise. La division DA&I occupe des personnes de différents domaines d’expertise: auditeurs forensic, juristes, spécialistes en IT forensic et chercheurs expérimentés tant du secteur privé que du secteur public.
‘PricewaterhouseCoopers’ désigne le réseau des sociétés membres de PricewaterhouseCoopers International Limited. Chaque firme forme une entité distincte et indépendante sur le plan juridique.
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