Anne Murrath, Associée et Laurent Probst, Associé
Tageblatt, 22 septembre 2006
Au cours des 15 dernières années, la logistique s’est fortement modifiée suite à la mondialisation et le concept de l’Europe élargie.
Elle intègre les dernières innovations des technologies de l’information et de la communication. Elle combine transport maritime, fluvial, ferroviaire, routier, aérien et de nombreux autres services à valeur ajoutée. En Europe et au Luxembourg, son importance ne cesse de s’accroître.1
On peut associer la logistique à la planification, la conception et le contrôle des flux de marchandises et des informations échangées entre une entreprise, ses fournisseurs et ses clients.
La partie planification comprend tout le processus décisionnel réalisé dans la chaîne de valeur, à savoir quelles marchandises transporter, quelles quantités, quand et comment, alors que la dimension physique de la logistique est la gestion du transport, du stockage et de la gestion des flux physiques des matières premières jusqu’aux produits finaux. Enfin, la dimension administrative concerne toute la gestion des flux d’informations et de documents associés, par exemple la gestion commandes, la facturation et le dédouanement
La logistique est ainsi une activité de gestion d’informations associée à des prestations de service souvent à valeur ajoutée, permettant d’assurer l’approvisionnement, la production et la distribution des marchandises jusqu’aux clients finaux. Une organisation inverse pour le retour des produits défectueux vers le producteur est aussi implémenté sous le terme de « reverse logistic ».
Une spécialisation des activités logistiques a fait émerger deux grands types de métiers.
D’abord, le « third-party logistics provider » ou 3PL, fournit des prestations logistiques à des clients qui souhaitent externaliser la gestion d’une partie ou de la totalité de leur chaîne d’approvisionnement.
Le 3PL est généralement spécialisé dans l’entreposage, le transport et les services à valeur ajoutée adaptés aux besoins de ses clients.
Ensuite, le « fourth-party logistics provider »,ou 4PL, ne gère ni le transport, ni la distribution de marchandises mais fournit des prestations logistiques plus larges que le 3PL.
Il conçoit à la fois l'architecture du réseau logistique et du système d'informations mis en place et exerce une activité de planification, de coordination et de gestion des flux d'informations pour le compte de ses clients. En revanche, il n'exécute pas de prestations liées aux flux physiques qui sont confiées à des prestataires extérieurs.
Le 4PL a pour fonction de gérer et d’optimiser la totalité de la chaîne logistique dont il a la charge pour le compte de ses clients.
Un secteur créateur d’emplois
L’objectif des chaînes logistiques est, malgré leurs dimensions internationales, de minimiser les niveaux de stock, de réduire les délais de livraison, de diminuer les coûts de transport, de sécuriser les chaînes d’approvisionnement et de distribution et de créer de la valeur. Ainsi, l'utilisation et l’adaptation des chaînes logistiques permettrait aux entreprises utilisatrices de réduire globalement leur coût logistique.
Les services logistiques à valeur ajoutée sont naturellement créateurs d’emplois comme nous avons pu le constater au Luxembourg.
Le secteur logistique luxembourgeois a créé prés de 1 000 emplois de 2001 à 2004 et compte à l’heure actuelle un peu moins de 10 000 salariés pour environ 700 sociétés comme Cargolux, Kühne & Nagel, Panalpina, Schenker, DHL pour ne citer que les principales.
Le Grand-Duché dispose aussi du 5ème aéroport européen de fret aérien qui assure des liaisons aériennes directs vers plus de 90 destinations dont les Etats-Unis, la Chine et le Moyen-Orient. Il est une porte d’entrée en Europe mais aussi un pilier dans le développement futur du secteur logistique luxembourgeois.
- Bruxelles 28/6/2006 COM (2006)336 final
ndlr : Cet article est le premier d’une série qui abordera plus en détails, mensuellement, les tendances du marché de la logistique, les enjeux et les intérêts que représente ce secteur pour le développement de l’économie luxembourgeoise.