Rapport PricewaterhouseCoopers 2005 sur les fusions et acquisitions dans l’industrie métallurgique internationale


Press Release
14 juillet 2006

En 2005, les fusions et acquisitions atteignent des niveaux record dans l’industrie métallurgique internationale. Les transactions se succèdent dans le secteur métallurgique et de nouvelles occasions sont à saisir en Chine.

L’année 2005 a été marquée par la poursuite de la tendance au regroupement dans l’industrie métallurgique. En effet, les principaux producteurs ont poursuivi leurs efforts de maîtrise des coûts de matières premières en constante augmentation par l’intermédiaire du rachat pur et simple de leurs fournisseurs. Voici ce qui ressort de l’édition 2005 du rapport « Forging Ahead: Mergers and Acquisitions Activity in the Global Metals Industry » publié par PricewaterhouseCoopers. Selon le rapport, les fusions et acquisitions vont vraisemblablement se poursuivre dans ce secteur et la Chine sera à l’origine de bon nombre de ces fusions et acquisitions au cours des années à venir. En effet, ce pays continue à produire et à consommer de l’acier à un rythme record.

« Nos prévisions de l’année dernière se sont réalisées, commente Olivier Mortelmans, Associé chez PricewaterhouseCoopers Luxembourg. Les entreprises de l’industrie métallurgique et celle de l’industrie sidérurgique en particulier ont continué à fusionner à un rythme effréné. Ce sont les marchés émergents qui ont joué le rôle le plus important dans ce mouvement et nous pensons qu’à l’avenir les pays d’Europe de l’est, d’Asie Pacifique et d’Amérique latine continueront à être le moteur des regroupements réalisés par le secteur. »
En 2005, 250 transactions ont été réalisées dans l’industrie métallurgique, contre à peine 166 en 2004. Néanmoins, la valeur totale des transactions est en baisse par rapport à l’année dernière (35 milliards de USD contre 37 milliards en 2004). En 2005, l’industrie sidérurgique s’est à nouveau montrée la plus active en matière de fusions et acquisitions : 165 transactions d’une valeur globale de 27,4 milliards de USD y ont été recensées.

Les transactions réalisées au sein d’un même pays étaient au nombre de 151 (contre 99 en 2004) et ont constitué la plupart des fusions et acquisitions dans la métallurgie. Néanmoins, la valeur totale de ces transactions n’a atteint que 17,6 milliards de USD, soit 32% de moins par rapport aux 25,7 milliards de USD atteints en 2004. En revanche, le volume des transactions transfrontalières et leur valeur totale ont connu une forte augmentation : on a recensé 99 d’une valeur totale de 17,2 milliards de USD, soit une hausse de 50% par rapport à l’année 2004.

Les sociétés établies dans les pays d’Europe centrale et orientale, d’Asie Pacifique et d’Amérique latine représentaient 17,7 milliards de USD ou 51% de la valeur totale des opérations dans le secteur au niveau mondial, soit une hausse de 32% par rapport à l’année précédente. Cette tendance semble avoir de beaux jours devant elle puisque la production industrielle de ces trois régions du monde connaît une progression beaucoup plus rapide que celle d’Amérique du nord ou d’Europe occidentale.

L’industrie sidérurgique

Dans ce secteur, l’augmentation importante du nombre d’opérations a contribué à compenser l’absence d’opérations ayant une ampleur comparable aux deux opérations qui avaient donné naissance à Mittal Steel en 2004. La transaction la plus importante – l’acquisition du producteur d’acier ukrainien Kryvorizhstal par Mittal Steel – a été estimée à environ 4,6 milliards de USD, soit à peine ¼ des 17,8 milliards de USD nécessaires à la création de Mittal Steel.

« L’intégration accrue du secteur au niveau international est loin d’être le seul facteur déterminant pour les opérations réalisées dans l’industrie sidérurgique, déclare encore Olivier Mortelmans. Parmi les opérations menées à bien au cours de l’année 2005, un grand nombre d’entre elles ont fait intervenir des producteurs désireux d’acheter des mines de fer et de réduire leurs coûts de matières premières. »

L’acquisition de Kryvorizhstal est une bonne illustration de ce phénomène : cette société produit 17,1 tonnes métriques par an d’acier et dispose d’une réserve de plus d’un milliard de tonnes de minerai de fer. De même, Uralsteel et Sitbon Investments ont racheté Mikhailovsky, le deuxième producteur russe d’acier pour un montant estimé à 1,7 milliards de USD.

Le secteur de l’aluminium et les autres métaux

Si les ténors de la production sidérurgique poursuivent leur lutte pour une plus grosse part du marché international, le secteur de l’aluminium a quant à lui déjà connu un mouvement d’intégration important et un calme relatif règne maintenant sur ce secteur. L’année 2005 a vu l’achèvement de 41 transactions d’une valeur totale déclarée de 4,2 milliards de USD, en baisse par rapport aux 5,2 milliards de USD atteints en 2004. Orkla, le leader norvégien de biens de consommation, a procédé à l’acquisition d’un compatriote, le producteur de métaux Elkem en 2005. Cette transaction, évaluée à 1,8 milliards de USD, était la plus importante de l’année dans le secteur. En janvier 2005, Orkla a augmenté sa participation dans Elkem au-delà de la limite des 40%, qui déclenche une offre obligatoire. Par la suite, Orkla a acheté le reste des titres de la société et mis fin à une bataille de longue haleine avec Alcoa pour le contrôle de la société.

A l’inverse, les sociétés de production d’autres métaux de base sont intervenues dans de nombreuses transactions, à savoir 45 en tout d’une valeur totale atteignant presque les 3,4 milliards de USD – soit 7 fois plus que les 447 millions de USD échangés en 2004.

La Chine reste toujours la clé de l’équilibre mondial

Désormais, la production chinoise d’acier brut se situe en première position et dépasse à elle seule la production conjointe de ses quatre plus proches concurrents. Le gouvernement chinois a fait part de son intention de rationaliser le secteur et souhaiterait que les 10 plus grands producteurs nationaux contrôlent 50% de la production nationale d’ici à la fin de la décennie. Sa nouvelle politique sidérurgique, lancée en 2005, a déjà abouti à huit opérations d’une valeur publique totale de 1,1 milliards de USD, soit 25% de la valeur totale des transactions réalisées dans le secteur métallurgie dans la zone Asie – Pacifique. La Chine est également sous le feu des projecteurs d’entreprises métallurgiques étrangères désireuses de profiter du potentiel de croissance du pays.

Parallèlement, la consommation d’acier en Chine a quadruplé depuis 1998, le secteur de la construction étant un des moteurs de la demande. En 2004, ce secteur représentait 53% de la consommation totale. Cette tendance va vraisemblablement se poursuivre au cours des années à venir, puisque la Chine a investi dans de grands projets d’infrastructures tels que le Barrage des trois gorges et se prépare à accueillir les Jeux Olympiques à Pékin en 2008 et l’Exposition universelle à Shanghai en 2010.

On prévoit une croissance de la consommation chinoise d’acier 4 à 5% par an au cours des prochaines années, contre 3% pour la croissance de la consommation prévue dans le reste du monde.

La Chine est fortement dépendante d’importations de minerai de fer de qualité et leur forte augmentation a donné lieu à une flambée des prix. Les coûts énergétiques et de transport ont également augmenté et l’industrie sidérurgique chinoise connaît une très grande fragmentation et souffre de surcapacité dans certains domaines de produits. L’ensemble de ces facteurs a eu pour effet d’éroder la rentabilité de ce secteur qui se voit dans l’obligation de regrouper ses activités s’il veut pouvoir faire face.

Et Olivier Mortelmans de conclure : « L’industrie sidérurgique chinoise sera sans aucun doute à l’origine de nombreuses transactions au cours des prochaines années. Le gouvernement central a déclaré sans ambiguïté que le secteur devait regrouper ses activités et qu’il souhaitait voir les quatre principaux producteurs d’acier du pays jouer un rôle important dans ce processus. De leur côté, les grands producteurs étrangers sont tout aussi désireux de saisir les occasions offertes par la Chine. Ils ne sont d’ailleurs pas sans savoir que dans un contexte de diminution des importations chinoises et d’augmentation de la capacité de production, ils devront améliorer leurs relations avec les producteurs nationaux afin de tirer parti de la croissance chinoise. »

Arcelor-Mittal : Le premier producteur d’acier véritablement international !

Dans le même temps, l’offre de Mittal Steel sur son rival, le géant Arcelor, a éveillé l’intérêt de tous.

Le nouveau groupe a un chiffre d’affaires estimé à 69 milliards de USD. Il emploie 320 000 personnes et sa part de marché est estimée à 10% au niveau international. Avec une production totale qui devrait s’élever à 118 millions de tonnes cette année, ce groupe est trois fois plus grand que Nippon Steel, JFE Steel et Posco, ses trois plus proches concurrents. En effet, ce groupe sera plus grand que ces trois producteurs réunis. Cette nouvelle société deviendra également l’un des plus grands producteurs de minerai de fer, tant et si bien qu’elle pourrait même subvenir à 50% de ses propres besoins en minerai de fer d’ici à 2010. Qui plus est, étant donné qu’elle dispose d’une capitalisation boursière d’approximativement 40 milliards de USD, elle serait certainement en mesure de réduire considérablement son coût du capital.

Cette opération est également une étape de plus vers un regroupement accru des sociétés au niveau international, une tendance qui, de l’avis de tous, est nécessaire afin de stabiliser le secteur. Une concentration accrue du secteur sidérirgique contribuerait à une régulation plus efficace de la production d’acier et à une stabilisation des prix. En théorie tout au moins, des bouleversements tels que ceux qui ont vu les prix de l’acier doubler entre 2002 et 2004 avant de chuter de 35% en 2005 deviendront nettement plus improbables.

Ceci explique sans doute pourquoi de nombreux analystes semblent croire à la logique qui sous-tend le rapprochement entre les deux sociétés. Comme le faisait remarquer la banque américaine d’investissement Morgan Stanley à la fin du mois de janvier 2006, « la naissance du premier producteur sidérurgique ayant une production de 100 millions de tonnes d’acier par an devrait avoir une influence positive sur la tarification de l’acier. La production devrait trouver son équilibre dans un contexte de durées de couverture souvent contrastées et les prix devraient alors être moins volatiles. »

Néanmoins, suite à l’accord entre Arcelor et Mittal, les cinq premiers producteurs sidérurgiques ne représentent toujours que 21% de la production mondiale – à peine la moitié de la production contrôlée par les principaux producteurs d’aluminium et de minerai de fer. Davantage de fusions et de regroupements s’imposent par conséquent dans le secteur. La création du premier groupe sidérurgique à dimension véritablement internationale exerce de lourdes pressions sur les autres entreprises du secteur qui seront amenées à se regrouper pour conserver leur avantage concurrentiel.

Le rapport « Forging Ahead » peut être téléchargé sur le site : www.pwc.com/metals.

Notes à l’éditeur :

  1. PricewaterhouseCoopers (www.pwc.com) est un prestataire de services de révision, d’assistance fiscale et de conseil privilégiant une approche sectorielle. PricewaterhouseCoopers établit des rapports de confiance et contribue à la création de valeur ajoutée pour ses clients et leurs partenaires. Plus de 130 000 personnes dans 771 bureaux répartis dans 148 pays travaillent ensemble à la mise au point d’options novatrices et de conseils pratiques dans un esprit Connected Thinking. Au Luxembourg, PricewaterhouseCoopers (www.pwc.com/lu) rassemble plus de 1200 spécialistes originaires d’une vingtaine de pays différents.
    (“PricewaterhouseCoopers” désigne le réseau des sociétés membres de PricewaterhouseCoopers International Limited, chacune d’elles constituant une entité juridique autonome et indépendante.)
  2. Le nom PricewaterhouseCoopers s’écrit en un seul mot, avec les lettres P et C en majuscules et les autres en minuscules.

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