Les pays émergents enregistrent des résultats prometteurs, tandis que les fabricants européens et canadiens subissent les contrecoups du marché
VANCOUVER, le 23 juillet 2008 — Les résultats financiers des 100 principales entreprises du secteur des produits forestiers, du papier et des produits d'emballage ont varié sensiblement d'une entreprise à l'autre en 2007, ce qui témoigne de contextes économique et commercial radicalement différents d'une région à une autre.
Selon la 11e étude annuelle de PricewaterhouseCoopers (PwC) sur le secteur des produits forestiers, du papier et des produits d'emballage, les trois régions qui ont offert le meilleur rendement du capital investi (RCI), un paramètre clé de mesure du rendement, ont été l'Amérique latine (7,8 %), les pays asiatiques émergents (7,3 %) et les États-Unis (5,5 %). Les producteurs canadiens quant à eux ont affiché le plus bas RCI moyen, soit -0,1 %, illustrant bien la crise financière que traverse le secteur canadien des produits forestiers. Le RCI moyen des entreprises étudiées, soit 4,8 %, était relativement bas comparativement à celui de l'exercice précédent, et fortement inférieur à l'objectif de 10 à 12 % pour ce secteur.
« Le secteur mondial des produits forestiers, du papier et des produits d'emballage continue d'être influencé par des facteurs commerciaux et environnementaux en mouvement, ce qui ouvre la porte à des possibilités dans certaines régions et engendre des problèmes dans d'autres », indique Craig Campbell, auteur de l'étude et leader du groupe mondial d'amélioration de la performance du secteur des produits forestiers et du papier de PwC.« Les usines affichant les structures de coûts de production les plus faibles sont les plus aptes à gérer les fluctuations des devises et les augmentations de coûts, ce qui leur permet de tirer profit de nouvelles occasions d'affaires et de nouveaux marchés. »
Pour ce qui est du RCI, l'entreprise qui s'est classée au premier rang en 2007 est Setra Group (Suède), avec 25,2 %, suivie de Kimberly-Clark, du Mexique, avec20,3 %, et de Kimberly-Clark, des États-Unis, avec 15,2 %.
Selon l'étude, le taux de réinvestissement des 100 principales sociétés étudiées par PwC était de 1,2, en hausse par rapport à un ratio inférieur à 1,0 pour les exercices précédents. Cette tendance favorable est grandement attribuable à la présence de plus en plus importante de fabricants chinois et latino-américains, dont les taux de réinvestissement ont atteint respectivement 3,08 et 2,84. À l'autre extrême, les fabricants canadiens ont affiché un taux de réinvestissement de 0,4 en 2007. Le taux de réinvestissement compare les nouvelles dépenses en immobilisations à l'amortissement; il mesure le degré de remplacement des actifs vieillissants par de nouvelles dépenses en immobilisations. Selon Craig Campbell, « nous nous attendons à une augmentation des regroupements d'entreprises et des fermetures d'installations dans des régions comme l'Amérique du Nord, où certaines vieilles usines de petite taille ne sont pas en mesure de concurrencer avec les fabricants d'Amérique latine qui utilisent une technologie de pointe et dont les frais d'exploitation sont peu élevés. »
En effet, les entreprises de produits forestiers des marchés émergents, principalement en Chine, en Amérique latine et en Russie, demeurent la force motrice de la croissance du secteur. En ce qui concerne l'offre, l'avantage concurrentiel se déplace toujours vers l'Amérique du Sud, tandis que la Chine conserve une grande influence sur la demande. Qui plus est, le nombre d'entreprises provenant des marchés émergents sur la liste des 100 principales sociétés étudiées par PwC est en croissance; par exemple, Sino Forest et Lee & Mann Paper, toutes deux de Chine, et Ballarpur Industries, de l'Inde, ont été ajoutées à la liste de 2007.
En ce qui concerne le chiffre d'affaires, le premier rang des 100 principales sociétés étudiées par PwC en 2007 est occupé par International Paper, des États-Unis, qui affiche des ventes de 21,9 milliards de dollars américains, une légère baisse comparativement à 22,0 milliards en 2006. Au deuxième rang figure Stora Enso, de Finlande, grâce à des ventes de 18,32 milliards de dollars américains, en hausse de 12 % par rapport à 16,27 milliards en 2006. Ces sociétés sont suivies de Kimberly-Clark, des États-Unis, qui a généré des ventes de 18,27 milliards de dollars américains comparativement à 16,75 milliards en 2006, une hausse de 9 %. Les 20 plus grandes entreprises figurant parmi les 100 principales sociétés étudiées en 2007 par PwC représentent près de 60 % des ventes totales.
« Parmi les nombreux facteurs économiques ayant eu une incidence sur le secteur des produits forestiers, ce sont la dépréciation constante du dollar américain par rapport aux autres devises et la hausse des coûts de transport, des matières premières (particulièrement de l'approvisionnement en fibre) et de l'énergie qui ont principalement plombé les résultats financiers », affirme Craig Campbell.
L'étude 2008 sur le secteur des produits forestiers, du papier et des produits d'emballage de PwC compare sommairement l'information financière de 2007 avec celle des exercices précédents des 100 principales sociétés spécialisées dans les produits forestiers selon les données publiques. Les entreprises sont classées selon l'importance de leurs produits annuels.
Résultats pour le Canada
L'exercice 2007 a été difficile pour les entreprises canadiennes du secteur des produits forestiers, du papier et des produits d'emballage. Le total des ventes des 13 entreprises canadiennes inscrites sur la liste des 100 principales sociétés a modérément augmenté de 25,6 à 28,5 milliards de dollars américains de 2006 à 2007, soit une hausse de 12 %. Cette hausse résulte d'acquisitions, notamment de l'opération entre Domtar et Weyerhaeuser. Les pertes nettes se sont hissées à 1,1 milliard de dollars, comparativement à 166 millions en 2006.
Dix des 13 entreprises ont affiché des pertes, dont les plus importantes, totalisant 827 millions de dollars, ont été déclarées par AbitibiBowater et Canfor. Les pertes d'AbitibiBowater ont été largement causées par des fermetures d'installations, tandis que celles de Canfor sont la conséquence de dépréciations de l'actif lié aux activités touchant le bois d'œuvre et les panneaux.
En revanche, les fabricants de pâte NBSK ont dégagé de solides bénéfices grâce au resserrement de l'offre découlant de la fermeture d'usines et de l'augmentation croissante de la demande en Asie.
Résultats pour les États-Unis
Vingt-quatre entreprises des États-Unis figurent parmi les 100 principales sociétés étudiées par PwC, soit une de moins qu'en 2006. Leurs ventes combinées se sont chiffrées à 106,7 milliards de dollars américains. Sans les activités de regroupement, les ventes de 2007 auraient été en baisse par rapport à l'exercice précédent. Le bénéfice net total est passé de 4,2 à 5,5 milliards de dollars, une hausse de 31 %. Pour ce qui est du bénéfice, Tempe Inland s'est hissée au premier rang des entreprises américaines. En effet, la société a enregistré un gain de 2 milliards de dollars grâce à la cession de 1,55 million d'acres de territoires forestiers à Campbell Group. Le gain net de 700 millions de dollars que Weyerhaeuser a obtenu en vendant à Domtar ses activités de papier fin vaut également la peine d'être souligné.
Les pertes totales ont augmenté, huit entreprises ayant enregistré des pertes en 2007 totalisant 500 millions de dollars; en 2006 cinq entreprises avaient affiché des pertes totalisant 205 millions de dollars.
Résultats pour l'Europe de l'Ouest
Vingt-huit entreprises européennes figurent parmi les 100 principales sociétés, dont quatre nouvelles venues : Setra Group, de Suède (produits du bois), Heinzel Holding, d'Autriche (pâte), Corticierra Amorin, du Portugal (liège), et Otor, de France (produits d'emballage). Les ventes totales des entreprises européennes ont augmenté de 13 %, passant de 109 à 123 milliards de dollars. Pour la première fois depuis que PwC réalise cette étude, les ventes globales des entreprises européennes étaient supérieures à celles des entreprises américaines, principalement grâce à l'appréciation de l'euro (10 %) par rapport au dollar américain.
Le bénéfice total des entreprises européennes s'est chiffré à 3,2 milliards de dollars, soit une baisse de 18 % par rapport à l'exercice précédent. Svenska Cellulosa (SCA) a généré le bénéfice le plus élevé avec 1,1 milliard de dollars en 2007, comparativement à 739 millions de dollars en 2006.
Le RCI moyen des entreprises européennes a été de 4,9 %, soit une modeste augmentation par rapport à 4,6 % en 2006. Setra Group s'est démarquée en affichant le RCI le plus élevé en 2007, soit 25,2 %, comparativement à 12,3 % en 2006, hausse fortement attribuable au prix élevé du bois d'œuvre pendant la majeure partie de 2007. Setra Group a été suivie de Portucel, dont le RCI est passé de 7,4 % en 2006 à 10,2 % en 2007.
Résultats pour l'Amérique latine
Les ventes totales des neuf fabricants latino-américains figurant parmi les 100 principales sociétés du secteur ont augmenté de 18 %, pour atteindre 17,1 milliards de dollars en 2007, comparativement à 14,4 milliards en 2006. Cette augmentation est attribuable à la croissance des ventes et à l'appréciation des devises locales par rapport au dollar américain. Leur bénéfice total a également affiché une hausse considérable de 58 %, atteignant 3,8 milliards de dollars en 2007, comparativement à 2,4 milliards de dollars en 2006. Votorantim Cellulose e Papel (VCP) a enregistré le bénéfice le plus élevé, soit 1,2 milliard de dollars, grâce aux gains nets de 955 millions de dollars découlant de l'échange d'actifs avec International Paper.
Bien que le RCI des entreprises d'Amérique latine soit en baisse de 1,5 %, ayant passé de 9,3 % à 7,8 % de 2006 à 2007, l'Amérique latine a conservé le titre de la région affichant le meilleur RCI par rapport à l'exercice précédent. Kimberly-Clark, du Mexique a enregistré le RCI le plus élevé en 2007, soit 20,3 %, une hausse comparativement à 17,7 % en 2006. Arauco s'est classée au deuxième rang grâce à un RCI de 11,9 % en 2007, contre 11,3 % en 2006.
L'amélioration la plus marquée est celle de CMPC, du Chili, dont les ventes ont augmenté de 40 % et dont le bénéfice a plus que doublé. Son RCI a également presque doublé en 2007 par rapport à l'exercice précédent.
L'appréciation du real brésilien a diminué l'avantage concurrentiel du Brésil en matière de coûts et a réduit les marges d'exploitation des fabricants brésiliens puisqu'ils exportent la majeure partie de leur production. Néanmoins, comme le Brésil compte sur de vastes territoires forestiers accessibles et jouit d'un climat favorable, il devrait demeurer un important fournisseur de fibres. « Comme le prix moyen de la pâte a atteint des sommets et que la demande en provenance de l'Asie et de l'Europe augmente, les pays d'Amérique latine devraient continuer à dominer le marché de la pâte », explique Craig Campbell.
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Une version PDF de l'étude (en anglais) est accessible sur le site Web mondial de PwC à l'adresse www.pwc.com/fppsurvey08.
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