Le 15 juillet 2009 — Deux mille huit a été l’année des extrêmes, les producteurs de pétrole et de gaz ayant connu de très fortes fluctuations à la hausse et à la baisse. Un grand nombre d’entre eux ont réagi en effectuant des compressions de 25 % à 35 % dans les programmes d’investissement de 2009. Ils continuent cependant de planifier les projets à venir selon le sondage sur le secteur de l’énergie au Canada publié aujourd’hui par PricewaterhouseCoopers (PwC) et JuneWarren-Nickle’s Energy Group.
John Williamson, associé et leader canadien des Services au secteur de l’énergie de PwC, commente : « Les fortes fluctuations des prix de l’énergie – depuis les sommets historiques de l’été 2008 jusqu’aux creux de décembre, les plus importants en quatre ans – nous rappellent efficacement que les augmentations du prix des marchandises sont parfois bien éphémères. À la fin du deuxième trimestre de 2009, alors que le prix du gaz demeure chancelant, un grand nombre de répondants croient que les indicateurs fondamentaux du gaz naturel laissent présager une reprise en 2010, ce qui se traduira par un accroissement des activités de forage. Les prix du pétrole brut ont déjà rebondi par rapport aux niveaux enregistrés à la fin de 2008. »
Les sociétés pétrolières et gazières adoptent actuellement différentes mesures pour demeurer rentables, notamment des réductions du budget d’immobilisations, le déménagement de leurs activités dans des pays où les redevances sont moins élevées, ainsi que des gels ou des diminutions de salaire et des licenciements.
Bien que la tendance dans le secteur soit aux compressions d’effectif, un grand nombre de sociétés d’énergie préfèrent éviter les licenciements en raison du temps consacré à la formation des employés. Selon le sondage, 68 % des répondants considèrent qu’attirer et retenir les meilleurs éléments est crucial pour leur croissance à long terme. Les répondants ont indiqué qu’il s’agissait du facteur le plus déterminant pour leur croissance future.
Financement
La crise financière ayant réduit l’accès au crédit et aux capitaux, 39 % des répondants prévoient s’appuyer sur les flux de trésorerie pour financer leur activité l’an prochain, tandis que 26 % indiquent les emprunts et 14 %, les capitaux propres, comme leur principale source de financement.
Les deux tiers des répondants ont mentionné que l’accès aux capitaux et au crédit était essentiel pour soutenir leur croissance à long terme. Les répondants sont cependant aussi d’avis que le recours à l’emprunt sera la plus difficile source de financement à obtenir à court terme (au cours des trois prochaines années : 63 % ont indiqué que le financement par emprunt sera relativement difficile et 26 %, qu’il sera très difficile. Près de 54 % des répondants croient aussi qu’il sera relativement difficile d’obtenir du financement par capitaux propres au cours des trois prochaines années et 33 % estiment que cela sera très difficile.
Frais d’exploitation
Les répondants ont indiqué, dans une proportion de 57 %, qu’ils prévoient une diminution de leurs frais d’exploitation globaux l’an prochain du fait de la réduction des charges de main-d’œuvre et des coûts des matières premières. Certains producteurs de pétrole estiment que les coûts de main-d’œuvre et de matières premières ont tellement diminué que des projets pourraient être rentables à des prix plus bas.
De plus, 76 % des répondants ont déclaré que leurs coûts d’acquisition de terrains demeureront inchangés, voire diminueront, au cours de l’année à venir. Au premier semestre de 2009, les producteurs ont versé au gouvernement de l’Alberta un montant moyen de 137 $ par hectare au titre des redevances liées au pétrole et au gaz naturel, contre un montant moyen de 307 $ au premier semestre de 2008.
Changements climatiques
Le plan du Canada pour contrer les changements climatiques a pour but de réduire, d’ici 2020, le total des émissions de gaz à effet de serre à 20 % par rapport à 2006, et de 60 % à 70 % d’ici 2050. Les répondants au sondage ont indiqué qu’ils prennent différentes mesures relativement à la question des changements climatiques. Au cours des 12 prochains mois, 40 % d’entre eux feront des investissements stratégiques en vue de réduire les émissions de GES, 35 % adopteront des processus de gestion des risques plus rigoureux, 34 % prévoient optimiser leur chaîne logistique et 32 % comptent adopter de nouvelles technologies.
Stephen Marsters, directeur de la rédaction, JuneWarren-Nickle’s Energy Group, observe : « Tous les producteurs canadiens de pétrole et de gaz – depuis les petites entités jusqu’aux grandes sociétés intégrées en passant par les fiducies – sont touchées par des problèmes qui revêtent une importance accrue du fait de la récession : volatilité et faiblesse des prix des marchandises, coûts des intrants déphasés par rapport aux prix courants, évolution de la situation concernant les redevances et effondrement des marchés financiers. Les répondants au sondage sur le secteur de l’énergie au Canada ont donné des renseignements sur l’état du secteur, sur les défis qu’ils avaient à relever et sur les facteurs qui influent principalement sur la croissance. Il nous a donc semblé important de fournir les perspectives pour le secteur. »
Méthodologie et données démographiques
Le sondage 2009 sur le secteur canadien de l’énergie a été réalisé en ligne par PricewaterhouseCoopers et JuneWarren-Nickle’s Energy Group pendant la période de 22 jours écoulée entre le 25 mai et le 15 juin 2009 dans le but de mieux comprendre les enjeux du secteur. Près de 85 % des 140 répondants occupent des fonctions de direction au sein du secteur de l’énergie (49 % occupent des postes de direction et 35 %, des postes de gestion), le reste est composé d’employés et de consultants.
La majorité des répondants travaillent pour des entreprises d’exploration et de production qui produisent du gaz naturel et du pétrole brut. Selon un peu plus de 50 % des répondants, le chiffre d’affaires annuel de la société pour laquelle ils travaillent est de plus de 500 millions de dollars, tandis que 17 % d’entre eux ont situé ce chiffre d’affaires dans la fourchette 100-500 millions de dollars par année et près de 16 %, dans la fourchette 10-100 millions de dollars. Environ 15 % des répondants ont mentionné un chiffre d’affaires annuel de 5 millions de dollars ou moins.
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