Le 24 juin 2009 — Alors que le 1er janvier 2011, soit la date limite du passage des entreprises canadiennes aux Normes internationales d’information financière (normes IFRS), pointe à l’horizon, un récent rapport d’enquête de la Canadian Financial Executives Research Foundation (CFERF), institut de recherche de FEI Canada, commandité par PricewaterhouseCoopers (PwC), révèle qu’un bon nombre d’entreprises devront mettre les bouchées doubles.
Des 256 répondants, 147 sont des entreprises ayant une obligation publique de rendre des comptes, 51 sont des sociétés fermées et 28, des sociétés d’État. Les 30 autres répondants sont des organismes sans but lucratif, des organismes gouvernementaux ou d’autres types d’organismes. Les répondants ont tous indiqué qu’ils allaient adopter les normes IFRS, mais que leur date de basculement ne serait pas nécessairement le 1er janvier 2011. Malgré le fait que la date de mise en œuvre approche à grands pas, plus de 12 % des 147 sociétés ouvertes ayant participé au rapport d’enquête et le cinquième des sociétés fermées n’avaient toujours pas effectué leur première analyse diagnostique.
Plusieurs raisons expliquent ce retard, notamment d’autres priorités selon environ 41 % des sociétés ouvertes et 54 % des sociétés fermées. Environ 80 % des sociétés ouvertes n’en sont même pas à mi-chemin de leur processus global de conversion. Les sociétés fermées ayant participé au rapport d’enquête sont en retard par rapport aux sociétés ouvertes, 51 % n’ayant effectué qu’entre 0 % et 20 % de leur processus de conversion.
Selon Diane Kazarian, leader nationale des IFRS de PwC Canada : « Les résultats de notre rapport d’enquête indiquent que les sociétés sont plus susceptibles d’accorder la priorité au contrôle des coûts, plutôt qu’à la conversion aux IFRS. Ainsi, l’état d’avancement limité du projet de conversion de la plupart des entités visées ne nous surprend guère. Bien que plusieurs facteurs puissent expliquer cette situation, un fait demeure : pour être prêtes en 2011, date confirmée récemment par le Conseil des normes comptables, avec les données comparables de 2010, les sociétés auraient dû avoir entrepris leur processus depuis belle lurette, particulièrement celles comptant plusieurs gammes de produits et unités fonctionnelles et des environnements en technologies de l’information complexes. »
En outre, compte tenu de leur souci de limiter les coûts, bon nombre de sociétés ont décidé d’embaucher très peu de spécialistes pour leur venir en aide dans le processus de conversion, exerçant ainsi de plus en plus de pression sur les membres du personnel existant, qui doivent déjà composer avec leurs responsabilités quotidiennes. L’équipe affectée au projet doit non seulement comprendre les enjeux entourant le processus de conversion pour la fonction finance, mais également tenir compte des services des technologies de l’information, des ressources humaines, des relations avec les investisseurs, de l’exploitation, de la vérification interne, de l’aspect juridique, de la trésorerie et de la gestion des risques. Ces parties prenantes pourraient également être touchées par les décisions. Or, selon les réponses obtenues, l’équipe affectée au processus de conversion comptait le plus souvent seulement un ou deux membres du personnel à temps plein.
De multiples enjeux en comptabilité générale sont ressortis de ce rapport d’enquête, le principal étant l’incidence des normes IFRS sur la valeur des actifs : près de 60 % des sociétés ouvertes et un peu plus de 60 % des sociétés fermées ont indiqué que les normes IFRS auront une incidence importante sur l’évaluation de leurs actifs.
« Dans un contexte où les sociétés misent considérablement sur le financement par des prêts adossés à des actifs, toute incidence défavorable sur la valeur des actifs peut avoir des répercussions sur la disponibilité des capitaux pour bon nombre de ces sociétés, précise Ramona Dzinkowski, directrice générale du CFERF. Certaines normes, notamment l’évaluation des actifs à la valeur de marché, mettront davantage de pression sur les hauts dirigeants du service des finances afin de s’assurer qu’ils disposeront d’un fonds de roulement adéquat. »
Les préoccupations n’existent pas seulement sur le plan de la comptabilité : 55 % des sociétés ouvertes ont déclaré ne pas avoir encore évalué l’incidence de la conversion sur leurs systèmes. Or, 76 % des répondants ont affirmé qu’ils prévoient utiliser des systèmes d’information financière parallèles, soit selon les normes IFRS et les PCGR du Canada, en 2010. « La question est de savoir si les sociétés seront prêtes à utiliser des systèmes d’information financière parallèles, alors qu’elles n’ont pas encore entrepris l’évaluation de l’incidence globale qu’aura le changement de système », précise Mme Kazarian.
En ce qui concerne la compréhension des IFRS et la formation, la plupart des sociétés ont déclaré avoir entrepris la formation du personnel des finances (82 % des sociétés ouvertes). Quant à la formation des membres du conseil, elle n’était pas aussi avancée, puisque seulement 41 % des sociétés ouvertes en avaient entrepris la formation. Selon Mme Dzinkowski : « Ce résultat traduit peut-être le fait que de nombreuses entreprises canadiennes attendent de pouvoir fournir des estimations concrètes des répercussions financières du passage aux IFRS avant de mobiliser l’ensemble des membres du conseil d’administration, plutôt que seulement le président du comité de vérification. »
« Le passage aux IFRS ne touche pas seulement l’entreprise, ajoute Mme Kazarian. Les employés liés à des ententes de participation aux bénéfices ou encore ceux qui prévoient obtenir des primes ou des commissions selon le chiffre d’affaires porteront une attention particulière aux états financiers dressés selon les IFRS. Dans le cas des investisseurs et des analystes, les IFRS pourraient avoir une incidence réelle sur leur perception des sociétés et, du même coup, sur leurs décisions de placement. La conversion aux IFRS est un processus qui n’intéresse pas seulement les membres du conseil au sein de l’entreprise. Les parties prenantes doivent toutes être tenues informées. »
Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez visiter le site www.pwcifrs.ca ou le www.feicanada.org.
Pour en savoir plus, lisez : IFRS Readiness in Canada: 2009 — Survey Highlights.
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