Le 2 juin 2009 — Même si les 40 plus grandes sociétés minières du monde ont enregistré en 2008 des revenus 3,7 fois plus élevés qu'en 2002, le solide profit net de 57 milliards de dollars qu'elles ont déclaré pour 2008 marque la première baisse dans l'industrie depuis le lancement du sondage annuel de PricewaterhouseCoopers (PwC), intitulé Mine: review of global trends in the mining industry. À la suite de ce recul de 28 %, le profit net retourne aux niveaux de 2005-2006, mais reste bien supérieur à la moyenne des années 2002 à 2007, laquelle s'élève à 42 milliards de dollars.
En 2008, la capitalisation boursière des 40 plus grandes sociétés minières a chuté de 62 % par rapport à 2007, principalement en raison de l'effondrement du prix des produits de base et des effets de la crise économique mondiale sur la confiance des actionnaires. Il s'agit d'une baisse rapide et spectaculaire pour l'industrie, mais que l'on observe dans de nombreux secteurs. Pour pouvoir faire partie des 40 plus grandes sociétés minières en 2007, il fallait présenter une capitalisation boursière de plus de 9 milliards de dollars. En 2008, ce seuil est passé à 2,3 milliards de dollars.
« L'industrie traverse de toute évidence des moments difficiles. Pour surmonter ce ralentissement, les chefs de file des 40 plus grandes sociétés minières devront prendre des décisions difficiles », indique Paul Murphy, leader du Groupe des services au secteur minier de PwC Canada. La chute rapide de la capitalisation boursière et l'accroissement des seuils d'endettement pour certaines des 40 plus grandes sociétés minières ont contribué à la formation de deux groupes distincts : les riches et les pauvres. Dans le contexte actuel, les liquidités sont les éléments d'actif les plus précieux. Les entreprises riches en liquidités peuvent profiter d'occasions découlant de la diminution de la valeur des éléments d'actif. Ce groupe de sociétés a donc toujours la possibilité de choisir entre une croissance par acquisition ou une croissance interne.
Les sociétés d'exploitation aurifère sont les moins pénalisées : la diminution de 20 % de leur capitalisation boursière repose sur l'idée que l'or est une valeur refuge en période de crise économique et contribue à protéger la richesse. En 2008, 14 sociétés d'exploitation aurifère faisaient partie des 40 plus grandes sociétés minières, alors qu'elles étaient 10 en 2007. Les sociétés d'exploitation aurifère représentent à présent 26 % de la capitalisation boursière totale, soit plus du double qu'en 2007 : elles ont pris la place des sociétés d'exploitation de métal commun, de platine et de charbon.
D'après le sondage, les coûts d'exploitation ne cessent de grimper plus rapidement que les revenus, ce qui amoindrit encore davantage les marges. Les coûts poursuivent la tendance à la hausse des six dernières années : l'augmentation actuelle concorde avec la moyenne annuelle de 19 %. Le BAIIA (bénéfice avant intérêts, impôts et amortissements) ajusté a augmenté pour parvenir à un niveau record de 141 milliards de dollars, ce qui représente sept fois le montant enregistré en 2002. La hausse des coûts a affaibli la croissance du BAIIA en pourcentage, laquelle enregistre ses plus faibles résultats.
En 2008, les flux de trésorerie provenant des activités d'exploitation ont franchi la barre des 100 milliards de dollars pour atteindre un niveau presque cinq fois supérieur à celui de 2002. L'industrie continue néanmoins à dépenser : les opérations d'investissement correspondant aux flux de trésorerie provenant des activités d'exploitation pendant la période visée de sept ans. Au total, les 40 plus grandes sociétés minières ont consacré 380 milliards de dollars à des opérations d'investissement depuis 2002.
Même si les immobilisations de production affichent leur plus haut niveau, l'augmentation annuelle de 8 % est la plus faible depuis 2002 (la moyenne annuelle est de 23 %). Une grande part de cette baisse s'explique par la perte de valeur et les nombreux regroupements d'entreprises qui ont eu lieu au cours des six années précédant 2007.
Stimulé par les acquisitions et le capital-développement investi pendant les périodes de forte croissance, le total de l'actif est plus de 3,5 fois supérieur à celui de 2002. Le total du passif, lequel a servi à financer la croissance, est de 3,3 fois supérieur à celui de 2002 tandis que les capitaux propres n'enregistrent qu'une faible augmentation en 2008 — une croissance de 3 %, comparativement à une hausse moyenne de 30 % pour les autres années. L'émission d'actions et les bénéfices non répartis positifs subissent le contrecoup de l'importante juste valeur négative et d'autres mouvements de réserve qui sont surtout liés aux conversions des monnaies fonctionnelles en monnaies de présentation. Les capitaux propres en 2008 sont de 3,8 fois supérieurs à ceux de 2002, ce qui met en évidence la tendance à l'investissement de l'industrie minière, surtout au vu du nombre de programmes de rachat d'actions.
« Les investisseurs dans les sociétés minières se sont laissé porter par le boom des cinq dernières années : ils ont enregistré des rendements élevés grâce à la croissance du capital, aux dividendes et aux programmes de rachat d'actions, précise M. Murphy. L'an dernier, 14 des 40 plus grandes sociétés minières ont affiché un rendement total pour l'actionnaire de plus de 100 % et seules cinq sociétés ont enregistré un rendement négatif. Quatre sociétés ont déclaré un rendement de plus de 400 %. Le contraste avec cette année ne pouvait être plus net. Seules trois sociétés ont enregistré un rendement positif et les quatre sociétés les plus faibles affichent une baisse de leur rendement pour l'actionnaire de 75 %, voire plus. »
Le sondage de cette année examine également les éléments suivants :
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