Le 14 mai 2009 — Le secteur forestier, papetier et de l’emballage a enregistré les pertes les plus lourdes de son existence en 2008. Le résultat net a en effet plongé de 157 % et est passé, en dollars réels, d’un bénéfice de 14 G$ US en 2007 à une perte de (8 G$ US) en 2008. Ce sont là certains des indicateurs financiers publiés aujourd’hui par PricewaterhouseCoopers LLP (PwC) à la Conférence mondiale de PwC sur le secteur forestier, papetier et de l’emballage.
Le rendement des capitaux engagés (RCE) est une mesure importante de la santé financière du secteur. Voici ce que révèlent les chiffres préliminaires publiés concernant le RCE des 100 premières sociétés dans le monde :
Craig Campbell, leader, Amélioration de la performance, au sein du groupe mondial de services au secteur forestier, papetier et de l’emballage de PwC, explique : « Pourquoi est-il si difficile en ce moment de faire de l’argent dans ce secteur? Parce que les influenceurs économiques du secteur forestier et papetier n’ont pas changé au fil des années et que les dépenses requises pour construire les usines et les faire tourner sont énormes. De plus, l’offre est excédentaire depuis de nombreuses années et la conjoncture économique n’aide en rien. Si on ajoute des produits non différenciés, tout concourt à faire obstacle à un rendement honnête. »
« Le taux de change mérite une mention spéciale, ajoute M. Campbell. Il a en effet une influence déterminante sur les résultats, en particulier sur ceux des producteurs canadiens. Le dollar canadien a été à peu près à parité avec le dollar américain pendant la plus grande partie de 2008 pour dégringoler en septembre et en octobre 2008, lorsque le tsunami économique a déferlé. Ce recul de la valeur du dollar canadien a été la seule lueur d’espoir au terme d’une année épouvantable pour le secteur forestier canadien. Comme le dollar canadien valait en moyenne 0,98 $ US au cours des neuf premiers mois de 2008, le recul qu’il a enregistré pour s’établir à 0,83 $ US en moyenne au quatrième trimestre a été un changement bienvenu. Au premier trimestre de 2009, le dollar a encore glissé de 2,5 %, et il faut savoir que toute baisse de un cent du dollar canadien se traduit par une augmentation des ventes de 450 M$ CA au sein du secteur canadien. »
L’an dernier, le prix du bois d’œuvre était à son plus bas niveau depuis 25 ans. Toutefois, au quatrième trimestre de 2008, ce plancher a été défoncé et le prix n’atteignait plus que 181 $ US par mille pieds mesure de planche (Mpmp), comparativement à 225 $ US par Mpmp au trimestre correspondant de 2007. Le prix est actuellement de 150 $ US par Mpmp.
Afin de gérer l’offre excédentaire de bois d’œuvre sur le marché, tous les producteurs se sont imposé des périodes d’inactivité en 2008 et ils continuent de le faire. La production totale de sciage résineux au Canada a ainsi diminué de 21 % en 2008 par rapport à 2007 en réaction aux conditions du marché. En Colombie-Britannique, où plus de 45 % du bois d’œuvre canadien est produit, la baisse a été de 31 %.
« La réduction de la production n’a cependant pas suivi le même rythme que la baisse des mises en chantier, indique M. Campbell. Même si la plupart des économistes estiment que les mises en chantier ont atteint un creux, ils ne s’attendent pas à un rétablissement aux niveaux d’avant le tsunami dans un avenir prévisible. Toutes les prédictions des analystes pour 2010 s’accordent sur environ 750 000 mises en chantier, soit un bond important par rapport aux 500 000 actuelles, mais très loin des 2 000 000 de mises en chantier enregistrées il y a quelques années ou même des 1 500 000 de mises en chantier enregistrées dans la période qui a précédé la crise. »
« Le nombre important de maisons invendues sur le marché aux États-Unis est un facteur déterminant. Le stock de maisons en vente actuellement correspond à un stock de 12 mois, soit le double du stock habituel, qui est de six mois. Ce stock ne baisse pas en raison du flot soutenu de saisies en réalisation de garanties qui inonde le marché. »
Le RCE total des 100 premières sociétés ouvertes du secteur s’est replié, passant de 5 % en 2007 à 2 % en 2008. Quatre-vingts sociétés ont affiché un RCE inférieur à 7 %, tandis que cinq seulement ont enregistré un RCE d’au moins 10 %. Ce recul par rapport à 2007 s’est fait sentir dans toutes les régions, le Canada et l’Amérique du Sud enregistrant les baisses les plus importantes. La Colombie-Britannique et le reste du Canada traînent en fin de peloton (avec un RCE de -5 %) et sont les seules régions affichant un rendement de l’investissement négatif, car les usines ferment et la production se déplace vers l’hémisphère sud. D’expliquer M. Campbell : « Nous sommes moins diversifiés que dans d’autres régions, tant sur le plan de la géographie que sur celui de la production. Il y a un déplacement massif de la production depuis les pays de l’hémisphère nord vers les pays des marchés émergents, principalement dans l’hémisphère sud. »
Au Canada, les pertes nettes des plus importantes sociétés du secteur forestier, papetier et de l’emballage ont augmenté, passant de (900 M$ US) en 2007 à (4 G$ US) en 2008, en raison de l’effondrement du marché des pâtes et papiers qui avait pourtant eu le vent en poupe pendant toute l’année 2007. La chute du géant du papier journal AbitibiBowater a mis à la une les difficultés du secteur nord-américain du papier journal. En Amérique du Nord, la consommation de papier journal a chuté de 50 % depuis 19 ans, passant de 16 millions de tonnes en 1990 à quelque 9 millions de tonnes en 2009.
En ce qui a trait aux prix de la pâte, ils ont atteint leurs niveaux les plus élevés en dollars américains depuis 1995. Le prix de la pâte NSBK a atteint 880 $ US la tonne aux premier et deuxième trimestres de 2008, mais l’éprouvant quatrième trimestre de 2008 a eu des conséquences néfastes qui ont été aggravées ces derniers mois par la réglementation fiscale sur la liqueur noire, ce qui explique les prix actuels de 690 $ US la tonne.
« Le tsunami économique qui a frappé l’automne dernier a emporté tout espoir de redressement du secteur, conclut M. Campbell. Nous sommes confrontés à une nouvelle définition de la normalité où les prix sont bas, les bénéfices faibles et les prévisions pessimistes. Le secteur apprend à utiliser tous les outils dont il dispose pour se protéger de cette vague déferlante et assurer sa survie. »
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